DE L'ÉGLISE RÉFORMÉE DE PARIS
§ 1er. Notice historique.
En 1861, dix-huit membres laïques libéraux de l'Église de Paris fondèrent Y Union protestante libérale, dont le siège était rue des Beaux-Arts, 5, et l'agent M. Carenou, ancien pasteur. Le but de cette Union était surtout d'obtenir une représentation laïque du parti libéral au sein du Conseil presbytéral et du Consistoire, et, par suite, un plus grand nombre de pasteurs appartenant à ce parti. Les élections triennales de 1865, 1868 et 1871 montrèrent l'Eglise partagée en deux fractions presque égales, mais furent contraires aux désirs et aux espérances du parti libéral.
En 1864, le Conseil presbytéral refusa de re- ' nouveler les fonctions de M. Athanase Coquerel
fils comme suffragant de M. le pasteur Martin- Paschoud. Il ne put également agréer les trois suffragants successivement présentés par M. Coquerel père, parce que ces pasteurs s'étaient refusés à déclarer qu'ils admettaient le Symbole des apôtres, qui était alors la seule expression officielle de la foi de l'Église.
Le nombre des pasteurs libéraux se trouvant, par suite de cea circonstances! réduit h son minimum, et leur activité diminuant forcément, par suite de l'âge ou de la maladie, le parti libéral fonda en 1868 l'Œuvre des prédications protestantes libérales, et obtint, non sans quelque peine, du gouvernement l'autorisation d'ouvrir à Paris des salles de prédication, autorisation qui fut accordée nominativement à MM. les pasteurs Athanase Coqùereî fils, Dide et Grawitz. Dès lors des prédications régulières eurent lieu dans deux salles, celle de la Société d'horticulture^ rue de Grenelle, 84, et une seconde située boulevard Richard-Lenoir, 1, Plus tard (décembre 1869), la salle Saint- André, cité d'Antin, 29, remplaça celle de la Société d'horticulture, et les prédications du boulevard Richard-Lenoir furent transportées rue RicWd-Lenoir, 17, lors de l'ouverture de l'orphelinat de garçons.
Il est h remarquer que les protestants libéraux, tout en cherchant dans la fondation de V Œuvre des prédications la satisfaction de leurs besoins de culte', qui ne pouvait leur être accordée par le Conseil presbytéral, n'entendaient pas se constituer en Église distincte et renoncer à ce qu'ils
considèrent comme un droit : leur place dans l'Église nationale. Aussi ont41s continué à fitire uôage des temples officiels pour tous les actes qu'ils ont $tt y célébrer (baptêmes, mariages, etc-), et jamais dans les salles de prédication les sacrements n'ont été administrés,
L'Œuvre des prédications libérales était placée v sous la direction d'un comité émané de l'Union protestante iièérale, au nom duquel siégeaient les pasteurs chargés de ces prédications*
Les événements de 1870 et 1871, et surtout la réunion du Synode, modifièrent cet état de choses. Le Conseil presbytéral de Paris ayant résolu d'appliquer strictement les nouvelles conditions électorales édictées par le Synode, les électeurs* libéraux estimèrent qu'y souscrire serait reconnaître l'autorité doctrinale du Synode, et répondirent par un refus» Le registre paroissial de Paris se trouva réduit ainsi de près de moitié.
D'autre part, les protestants libéraux estimèrent qu'il était indispensable de donner une organisation plus forte à l'Œuvre des prédications* Un registre paroissial, non synodal, fut ouvert (1874) et reçut les noms de 863 électeurs. Ceux-ci furent appelés à élire un Comité libéral de l'Église réformée de Paris. 614 électeurs prirent part au scrutin.
Depuis cette époque , l'Union protestante libérale a cessé d'exister, et ce Comité, où siégeaient MM. les pasteurs Ath. Coquerel fils, Dide et Orawitz, a continué à diriger l'Œuvre et à éoutenir la cause des protestants libéraux de Paria, M. Care-
nou, ancien pasteur, remplit les fonctions d'agent général et de trésorier.
Le Comité n'a (point organisé de diaconat. Le soin des pauvres est confié à la Réunion protestante de charité, et le produit des quêtes faites, à la sortie du service, pour les pauvres, est versé dans sa caisse.
C'est également la Réunion qui, par ses divers comités, administre les écoles et orphelinats de Belleville et de Richard-Lenoir.
S 2. Noms et adresses des membres du Comité protestant libéral.
MM. /T. Bidermann, 15, boulevard Mazas.
H. Bordier, 182, rue de Rivoli.
Ed. Borel, 20, rue de l'Arcade.
A. Garenou, 9, rue Clapeyron.
J.-J. Glamageran, 57, avenue Joséphine.
^ O. de Clermont, 108, rue du Bac.
Denfert-Rochereau, 33, rue du Cherche-Midi. A. Dide, 22, rue de Turin.
Dieïz-Monkin, 7, rue du Château-d'Eau.