‹ Paris protestant. Ses églises, ses pasteurs, ses corps constitués, ses lieux de culte, ses diaconats, ses écoles, ses institutions de charité, ses sociétés religieuses, ses journaux. Renseignements historiques et statistiques completsChapitre 3 sur 120 · NOTICE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

NOTICE HISTORIQUE

SUR l'ÉGLISB REFORMEE DE PARIS W

Ce n'est pas à Paris, c'est à Meaux qu'a été fondée la première communauté protestante de notre pays. Mais c'est à Paris qu'eurent lieu les premières tentatives et les premières prédications de la Réformé. Dès Tan 1512, avant que Luther n'eût affiché ses thèses à Wittemberg (1517), un professeur de philosophie et de mathématiques au collège du cardinal Le Moine^ à Paris, Lefèvre

(1) Jô me suis servi j pour la rédaction de cette notice, du Précis de V Histoire de VÊglise réformée de Paris> par M. Ath. Coquerel fils; du Manuel de la Charité, par M. de Triqueti; de ^Histoire des Synodes nationaux* par M. de Félice.

d'Étaples, avait fait paraître des commentaires sur les épîtres de saint Paul, dans lesquels il relevait le dogme de la justification par la foi, qui est le fondement du protestantisme. Briçonnet, abbé de Saint-Germain-des-Prés, partageait et propageait les idées de Lefèvre, qui étaient alors très-nouvelles. Aussi, quand il fut devenu évêque de Meaux, il appela Lefèvre auprès de lui en qualité de grand vicaire, en même temps qu'il accueillit dans son diocèse les prêtres et les moines tels que Gérard Roussel et Michel d' Arande, qui soupiraient après une réforme dans TÉglise. Aussi l'Église de Meaux fit-elle des progrès rapides, et les premiers protestants français reçurent le nom d'Hérétiques de Meaux.

1521. — Le livre de Luther, la Captivité de Babylone, fut condamné par la Sorbonne, qui déclara que Luther et ses adeptes devaient être exterminés par le feu.

1523. — Jean Calvin vient faire ses études à Paris, aux collèges de la Marche et de Montaigu. Quatre ans après, il se rend à Orléans pour y étudier le droit, ayant déjà, nous dit-il, c quelque goût de la vraye piété. *

1524. — Mort, à Paris, du premier martyr protestant français, Jacques Pavannes ou Pauvert, I étudiant, disciple de Lefèvre, qui avait attaqué dans ses thèses le culte de la Vierge, le purgatoire et l'usage de l'eau bénite.

A la même époque, on brûla au parvis de Notre- Dame un protestant qui avait été ermite à Livry, pendant que le bourdon de la cathédrale sonnait

à toutes volées pour t émouvoir le peuple de toute la ville. *

1529. — Supplice du gentilhomme Louis de Berquin. Il fut étranglé sur la place de Grève, puis brûlé, pour avoir soutenu dans ses écrits les idées nouvelles.

1555. Premier establissement des Églises françaises. — Sous ce titre, Crespin et Théodore de Bèze racontent comment fut établie à Paris la première communauté protestante. Un sieur de la Ferrière, dont la maison, située au Pré-aux- Clercs, servait de lieu de réunion aux protestants, ayant un enfant à faire baptiser, l'assemblée élut pasteur un jeune homme de vingt-deux ans, Jean le Maçon, dit la Rivière, - qui avait étudié le droit à Paris et avait donné de grandes preuves de foi et de zèle. Jean le Maçon fut donc le premier pasteur protestant de Paris. Il y établit un Consistoire composé d'anciens et de diacres et y exerça son ministère jusqu'en 1562, époque à laquelle il alla s'établir comme pasteur à Angers, où il mourut dix ans après, à la Saint-Barthélemy.

La petite Église compta aussi parmi ses premiers pasteurs Antoine de Chandieu, qui a laissé de nombreux ouvrages de théologie et d'apologétique, Gaspard Cormel, François de Morel de Collonges. Elle ne cessait de croître, malgré les périls dont elle était entourée. On peut citer parmi ses membres : le poëte Clément Marot, valet de chambre de François Ier ; Antoine de Bourbon et son frère le prince de Condé, Coligny et son

frère d'Andelot, ainsi qu'un grand nombre de

familles nobles.

1557 (4 sept»). — Une assemblée de trois à quatre cents protestants est surprise à minuit, rue Saint-Jacques, par une troupe de gens armés que dirigent les prêtres du collège du Plessis. On assiégea la maison pendant six heures. Un grand nombre de protestants furent massacrés, quelquesuns s'échappèrent, la plupart furent jetés dans les plus affreux cachots.

1558 (26 au 28 mai). — Premier Synode gênéralde ï Église réformée de France. Il se réunit secrètement à Paris, dans une maison garnie de la rue des Marais, au faubourg Saint-Germain, appartenant au sieur le Visconte, dans laquelle se tenaient souvent les assemblées de culte. Il fut présidé par Morel de Collonges, un des pasteurs de Paris. Le Synode rédigea une discipline ecclésiastique et la fameuse confession de foi qui fut plus tard connue sous le nom de confession de foi de la Rochelle, parce qu'elle ne reçut sa forme définitive qu'au 18e synode national tenu à la Rochelle en 1607.

1560. — Les persécutions redoublent. Un grand nombre de protestants périrent sur les bûchers, entre autres Anne du Bourg, conseiller au parlement, qui, après avoir signé une sorte de rétractation, se repentit et demeura ferme jusqu'à la fin. Son supplice eut lieu le 21 décembre : Ses dernières paroles furent : « Mon Dieu, ne m'abandonne pas, de peur que je ne t'abandonne. »

1561. — Les États provinciaux de l'Ile-de- France se réunissent à Paris à la Maison de Ville, pour nommer leurs députés aux États généraux qui allaient être convoqués à Orléans, et leur remettre les cahiers exprimant leurs vœux. Le Consistoire de Paris envoie un député à cette assemblée pour demander que les remontrances des huguenots et leur confession de foi fussent jointes aux cahiers de la province. Ce fut le jeune Louis Cappel, plus tard pasteur et professeur de théologie, qui eut le courage de se charger de cette dangereuse mission. Son discours fut écouté, mais ses demandes furent rejetées, et il dut se cacher pour échapper aux poursuites qu'on dirigea contre lui.

En mars de la même année, un nouvel arrêt du parlement défendit, toute assemblée protestante. Mais TÉglise de Paris n'en grandissait pas moins. Elle se réunissait souvent alors chez Michel Gaillard, sieur de Lonjumeau, dans sa maison du Pré-aux-Clercs. Le 27 avril, cette maison fut attaquée et pillée par la populace, malgré une vive résistance. Le lendemain, elle fut réparée sous la protection de douze gentilshommes en armes, mais Michel Gaillard reçut Tordre d'évacuer sa maison.

Le 5 septembre eut lieu le Colloque de Poissy^ entre les catholiques et les réformés. Douze ministres et vingt-deux députés laïques, debout à la barre, en face du roi, y représentèrent notre Église. On remarquait parmi eux Th. de Bèze, Pierre Martyr Vermigli, Morel de Collonges, Au-

gustin Marlorat. L'Église de Paris y était représentée par ses pasteurs le Maçon dit la Rivière et Jean Malot. Le parti catholique était représenté par six cardinaux, trente-six évêques ou archevêques et une foule d'ecclésiastiques. On sait que le Colloque n'aboutit à rien de sérieux. C'est à l'ouverture de ce Colloque que Th. de Bèze prononça pour la première fois l'admirable confession des péchés qui fait partie de notre culte public.

Bèze fut retenu à Paris par la reine de Navarre, et y remplit pendant quelque temps les fonctions pastorales.

A la suite du Colloque, les protestants jouirent d'un peu plus de liberté. La reine mère, Catherine de Médicis, leur permit de s'assembler dans des maisons particulières, pourvu que les réunions ne fussent pas de plus de vingt-cinq personnes. Mais l'affluence des fidèles fut si grande qu'on se décida à célébrer le culte hors de la ville et à rentrer ensuite à Paris par petits groupes et par différentes portes. Les deux lieux de culte les plus fréquentés étaient dans la banlieue de Popincourt (ou Paincourt), hors la porte Saint- Antoine, et la maison dite des Patriarches, hors la porte Saint- Marceau. Le Maçon et TEstang prêchaient à Popincourt ; Malot et Viret au Patriarche. Les assemblées étaient fort nombreuses.

Ce fut à cette époque de liberté relative que le Consistoire créa un bureau pour l'administration de la charité, et publia un règlement sous ce titre : Police et ordre gardez en la distribution des

deniers aumosnez aux pauvres de l'Église réformée en la ville de Paris : Accordez au Consistoire estably en la dite ville, par les ministres, diacres et députez de l'Eglise : Publiez et prononcez en pleines assemblées des fidelles, le dixiesme jour de décembre MDLXI au lieu de Popincourt, et Tonziesme consécutif, au lieu nommé le Patriarche, faulxbourg Saint-Marcel, àParisMDLXII (1).

Le clergé était furieux de la tolérance accordée aux protestants. Il réussit à ameuter la populace contre eux, et les deux lieux de culte du Patriarche et de Popincourt furent successivement envahis et dévastés, — ce dernier par une troupe que conduisait le connétable Anne de Montmorency. Les protestants se réunirent alors dans un temple, connu sous le nom de Jérusalem, construit sur les fossés du faubourg Saint- Jacques.

1562. — Le 17 janvier, un édit de tolérance et de pacification, connu sous le nom d'Édit de janvier, fut donné à Saint-Germain par la reine mère. En vertu de cet édit, les assemblées étaient tolérées pourvu qu'elles fussent tenues le jour et hors des villes. Les pasteurs de Paris se rendirent au Châtelet pour prêter le serment exigé par l'édit.

C'est à cette époque que parut à Lyon la première édition des Psaumes de Marot. Ils obtinrent une vogue immense à la cour et à la ville. Les

(1) Voir ce document, le plus ancien et le plus vénérable de l'Église de Paris, dans le Bulletin de la Société de VHistoire du Protestantisme français f tome I«% page 254.

étudiants se réunissaient le soir au Prévaux-Clercs pour les chanter, et les seigneurs de la cour s'y rendaient souvent pour entendre ces beaux chants ou même pour y prendre part. Mais comme le protestantisme profitait de cet engouement, on fit interdire au nom du roi (Charles IX) le chant des Psaumes de Marot.

La même année, le massacre des protestants de Vassy fut le signal de nouvelles guerres civiles, et à Paris, où le duc de Guise venait d'arriver, le commencement de nouvelles persécutions contre les protestants.

Le 4 avril, le temple de Jérusalem et celui de Popincourt, qui avait été restauré, furent de nouveau, et au mépris de la loi, saccagés par le connétable Anne de Montmorency. Huit jours après, un édit du roi défendit aux protestants la célébration de leur culte et enjoignit à leurs pasteurs Tordre de quitter la ville. Les maisons des protestants furent saccagées et nombre d'exécutions eurent lieu.

1564 (25 décembre). — Cinquième Synode national tenu à Paris, sous la présidence de Nicolas des Gallards, pasteur à Orléans. Secrétaires : Louis Cappel, pasteur à Meaux, et Pierre le Clerc, membre du Consistoire de Paris.

L'Église de Paris comptait alors quarante mille membres. (Histoire des Synodes nationaux, par de Félice, page 75.)

1572 (24 août). — Massacre de laSaint-Barthélemy. Depuis longtemps les prédications violentes du clergé et ses excitations & la haine

et au massacre des protestants préparaient oette épouvantable boucherie* Catherine de Médicis, Henri, frère du roi, et le duc de Guise, furent les principaux instigateurs de cet horrible attentat* Le faible Charles IX fut leur instrument. Le signal partit du Louvre dans la nuit du 24 au 25. La ville avait été partagée en quartiers ; le meurtre et le pillage furent organisés et accomplis métho* diquement par des bandes d'assassins qui portaient une croix blanche à leur chapeau et au bras, une serviette nouée. On commença par Coligny que deux jours auparavant Maurevel, payé par les Guises, avait tenté d'assassiner. Pendant trois jours, les protestants furent traqués et massacrés comme des bêtes fauves. Voici comment l'historien de Thou, témoin oculaire, décrit ces scènes épouvantables : <r La ville n'était plus qu'un spectacle d'horreur et de carnage; toutes les places, toutes les rues retentissaient du bruit que faisaient ces furieux encourant de tous côtés pour tuer et piller ; on n'entendait de toutes parts que hurlements de gens ou déjà poignardés ou prêts à l'être. On ne voyait que corps morts, jetés par les fenêtres ; les chambres et les cours des mai* sons étaient pleines de cadavres; on les traînait inhumainement dans les carrefours et dans les boues ; les rues regorgeaient tellement de sang qu'il s'en formait des torrents ; enfin, il y eut une multitude innombrable de personnes massacrées ; hommes, femmes, enfants, et beaucoup de femmes grosses. >

Pendant plus de quatre semaines, les assassi-

nats se continuèrent d'une manière secrète et nocturne, après les trois jours du grand massacre. On évalue à six mille le nombre des victimes, parmi lesquelles trois pasteurs : Desgorris, le Morre et Thomas Buyrette ; à six cents le nombre des maisons pillées. Le roi eut à lui seul, pour sa part du butin, trois millions d'or. Il avait fait massacrer sous ses yeux environ deux cents seigneurs de haute noblesse qui étaient ses hôtes, au Louvre.

Le clergé fit célébrer une messe d'actions de grâces et une procession à laquelle le roi assista, pour remercier Dieu de « l'extermination heureusement commencée * — et le pape Grégoire XIII fit frapper une médaille commémorative de « ces exécutions très-chrétiennes et héroïques, * en même temps qu'il envoyait la Rose d'or à Charles IX.

L'Église de Paris, presque anéantie, ne perdit cependant pas courage. Dès le 2 décembre de la même année, un de ses pasteurs, de Lestre, réfugié à Londres, se préoccupait de relever les études Se théologie et il requérait, au nom des autres ministres réfugiés comme lui, l'Église française de Londres, « d'aviser à l'établissement de certaines leçons de théologie. » Le pasteur Loiseleur fut chargé des cours.

1573. — Édit de Juillet qui n'autorise le culte protestant que dans trois villes : la Rochelle, Nîmes et Montauban. Ailleurs, les protestants ne pouvaient se réunir qu'au nombre de dix; à Paris, à deux lieues seulement de la ville. L'Église de

Paris en profita pour tenir ses assemblées à Noisyle Sec. Une rue de cette petite ville porte encore aujourd'hui le nom de rue du Temple.

1576. — Les assemblées de Noisy sont attaquées par les habitants de l'endroit, et douze protestants massacrés. Les assemblées se continuèrent, mais en» secret.

1581 (Pâques). — Une de ces assemblées est surprise et quatorze personnes tuées. Ces persécutions continuèrent les années suivantes.

1585 (16 octobre). — Édit du roi Henri III, par lequel il enjoint aux huguenots de se faire catholiques ou de sortir du royaume dans un délai de quinze jours. Il y eut un grand nombre d'abjurations, entre autres celle de la veuve du chancelier de l'Hospital. Le fameux architecte du Cerceau quitta la France, voulant, disait-il, être c aussi fidèle à Dieu qu'il l'avait été à Sa Majesté. »

Les années suivantes furent signalées par de nouveaux supplices : en 1588, celui de Guittel et des sœurs Radegonde et Claude Foucault; en 1589, celui d'une pauvre femme huguenote, t laquelle ne se voulut jamais dédire * et qui fut brûlée vive sur la place de Grève. C'est également alors que l'illustre Bernard Palissy, âgé de quatrevingts ans, fut enfermé h la Bastille et y mourut de misère et de vieillesse.

Avec Palissy, l'Église de Paris semble éteinte pour plusieurs années.

1598. — L'Édit de Nantes, promulgué par HenrilV, renditaux protestants le droit decitoyens, mais ils ne purent obtenir la liberté de célébrer

leur culte dan» Paris. Toutefois, en 1606, ils obtinrent, à force de sollicitations, l'autorisation de bâtir un temple à Charenton.

1617. *— L'Église de Paris est de nouveau florissante. Elle possède quatre pasteurs pleins de piété et de talent : Dumoulin, Durand, Mestrezat et Montigny. •

1621. — Une populace furieuse attaque les protestants assemblés à Charenton, et brûle leur temple. Le gouvernement protégea cette fois les persécutés et leur permit de reconstruire leur temple.

1631. — Vingt-sixième Synode national tenu h Charenton, sous la présidence de Jean Mestrezat.

1644. — Vingt-huitième Synode national tenu à Charenton, sous la présidence d'Antoine Garissoles, professeur à Montauban.

1685. — Révocation deVÉdit de Nantes. Le ministre Claude, l'éloquent prédicateur, l'une des lumières de l'Église réformée, était alors pasteur à Paris. Il n'eut, ainsi que cinq de ses collègue», que vingt-quatre heures pour quitter la ville. Tous reçurent l'ordre de sortir du royaume sans s'arrêter.

Trois pasteurs tentèrent successivement, les années suivantes, de relever l'Église de Paris : Malzac, dit Bastide, Giraud ou Geraut et Givry, dit du Chesne. Tous trois furent emprisonnés en 1692 et transportés aux îles Sainte-Marguerite.

L'Église de Paris fut alors privée de tout culte et n'eut, pour bénir les mariages et baptiser les

enfants, que l'assistance des chapelains attaché» aux ambassadeurs des États réformés, La chapelle hollandaise lui fut surtout d'un grand secours.

Le pasteur Marron, qu un certain nombre des membres actuels de notre Église ont connu, avait été attaché comme chapelain depuis 1762, à l'ambassade de Hollande. Au mois de novembre 1787, Louis XVI, grâce aux progrès de l'esprit public, promulgua un ÉMt$ de tolérance qui restituait aux protestants leurs droits naturels et civils, et leur permettait de célébrer un culte privé. C'est cette même année que M. Marron fut nommé pasteur à Paris.

Enfin, l'Assemblée eonstituante de 1789 proclama la liberté de conscience ; — mais bientôt après tous les cultes furent supprimés, et notre Église fut enveloppée dans la tourmente révolutionnaire qui passa sur la France et la couvrit de sang et de ruines.

Le premier consul s'appliqua à rétablir l'ordre dans le domaine religieux comme dans les affaires civiles. Il fit rédiger et adopter la loi de germinal an X , par laquelle l'existence régulière et les droits de notre Église furent reconnus et ses pasteurs salariés par l'État.

Le goiiTOrnement désigna trois temples pour servi? à l'exercice de notre culte; ce furent :

1° L'église Saint-Louis, rue Saint*Thomas-du- Louvre, la même où> environ deux siècles auparavant, le prédicateur Panigarola célébrait le massacre de la Saint -Barthélémy, en présence de

Catherine de Médicis, de Charles IX et de son frère Henri, roi de Pologne.

Cette église ayant dû être démolie par suite des projets de continuation du Louvre, celle de l'Oratoire, rue Saint-Honoré, fut donnée en échange.

L'église de l'Oratoire, dont la première pierre fut posée le 22 septembre 1621, appartenait autrefois à la congrégation des Oratoriens, fondée par M. de Bérulle, en 1611, et autorisée par le pape, en 1613, sous le titre de c Congrégation de l'Oratoire de notre Seigneur Jésus-Christ. » Cette congrégation a produit un grand nombre d'hommes célèbres, parmi lesquels nous devons citer Dumarsais, le président Hénault, Malebranche, Mascaron et Massillon. Elle fut supprimée en 1792; son église servit, pendant la Révolution, aux assemblées du district et de la section du quartier. C'est en 1811 que, par une décision impériale, elle fut affectée provisoirement au culte protestant.

2° L'église de Sainte-Marie, rue Saint-Antoine. C'était autrefois l'église du couvent de la Visitation des Filles Sainte-Marie, communauté religieuse fondée par saint François de Sales, évêque de Genève.

C'est en 1632 que fut bâtie cette église sur le modèle de Notre-Dame de la Rotonde à Rome, et sur les dessins du célèbre François Mansart. Achevée en 1634, on lui donna le nom de Notre-Dame des Anges. Dans la nef, on voyait le tombeau de l'intendant Nicolas Fouquet, mort en 1680, dans la citadelle de Pignerol, où il avait été enfermé par Louis XIV, pour avoir abusé des finances de l'État.

Le couvent de la Visitation fut supprimé en 1790, et l'église devint propriété nationale. L'arrêté du 12 frimaire an XI l'affecta au culte protestant. L'église de Sainte-Marie, chef-d'œuvre d'architecture, fut grandement endommagée pendant l'insurrection de la Commune. Sa façade fut presque détruite. Elle vient d être réparée par l'administration de la ville, d'après le plan de l'architecte Mansart. Une flèche dorée surmontée d'une croix a été ajoutée au dôme, et deux statues symboliques, représentant la Foi et la Charité, ont été placées au-dessus de la porte.

3° L'église de Pentemont. — En 1671, le couvent des Augustines du Verbe incarné et du Saint- Sacrement, située à Paris, rue de Grenelle, au faubourg Saint-Germain, avait été supprimé, et tous les biens de cette congrégation avaient été donnés à l'Hôpital général. A la même époque, les religieuses de l'abbaye de Pentemont , instituée en 1217 dans le diocèse de Beauvais, chassées de leur demeure par les inondations de la rivière d'Avallon, obtinrent l'autorisation d'acheter aux administrateurs de l'Hôpital général l'ancien couvent des Filles du Verbe incarné, qui prit le nom de Notre-Dame de Pentemont (1672). L'église de l'abbaye fut rebâtie en 1749 sur les dessins de Contant, et achevée par son élève l'architecte Franque.

En 1790 , l'abbaye de Pentemont ayant été supprimée, ses bâtiments furent changés en propriétés particulières et en caserne. De l'église on fit d'abord un magasin de fournitures militaires,

et ce ne fut qu'après la révolution de Juillet que le Consistoire obtint d'en prendre possession.

L'arrêté du 12 frimaire an XI établit à Paris une Église consistoriale dont M. Marron fut confirmé pasteur. Un peu plus tard, MM. Rabaut-Pomier et Mestrezat lui furent adjoints. M. Mestrezat fut, à sa mort, remplacé par M. Jean Monod père ; M. Rabaut par M. Juillerat-Chasseur ; M. Coquerel père devint suffragant de M. Marron, et M. Frédéric Monod fut nommé quatrième pasteur.

Voici la suite des autres pasteurs de l'Église réformée, dans l'ordre de leur entrée en fonctions à Paris : *

Liste de MM. les pasteurs de la Consistoriale de Paris, par ordre d'ancienneté.

MM. LES PASTEURS

Montandon

Jaeglé

Juventin

Martin- Paschoud

Vermeil

Gastel

GrandPierre

Peyrat

Monod (Adolphe)

Rouville.

Vernes (Louis)

Coquerel (Ath.) fils. . . .

Paumier

Roberty

Monod (Guillaume). . . .

Coquerel (Ét.), aumônier.

Rognon

Gastel (Élie), aumônier. .

Bastide

Abric

Passa '

Bauer (allemand)

Goulard .

Lohmann (allemand) . . .

Dhombres

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