ÉGLISE ÉVANGÉLIQUE MÉTHODISTE
§ 1er. Notes sur l'histoire du méthodisme en France (1).
L'œuvre évangélique méthodiste en France date de 1790. M. Jean Angel, de Gkiernesey, se trouvant alors pour ses affaires à Courceuil, village sur la côte de Normandie, se rendit un dimanche matiti à l'asseinblée protestante de la localité. Un ancien y lut la Bible et un sermon. . A cette époque, ces petits troupeaux ne recevaient la visite des pastejirs que deux ou trois fois par an. M. Angei assista de nouveau au culte de l'aprèsmidi, et la réunion se composant exclusivement de feinmeé, oii l'ihvita à faire une lecture. Tl s'&fcd'abord, mais sut dë nouvelles instances, il lut l'entretien du Seigneur avec la Samaritaine qu'il fit suivre du récit de sa propre Conversion.
(1) «te dois ces notes historiques à i'obligefehcé dé M. le pasteur Hocart, de Paris.
Ses paroles furent comme un trait de lumière pour ces âmes simples, qui acceptèrent avec empressement la proposition qu'il leur fit de leur envoyer un guide spirituel pour résider dans la contrée. En 1791, après une visite de M. le pasteur de Quetteville, des Iles de la Manche, M. William Mahy, de Giteffiesey, y fut envoyé, le docteur Thomas Coke l'ayant préalabïëment consacré au ministèré par rimpositioû des mains. M. Mahy débuta par Courceuil, Cresson, Beuville et térieip, mais ses travaux s'étendirent biôntôt à Condé-sur-Noirôau, Sainte-Honorine, Àthis, Montilly, Fresnes, etc. Pendant une vingtaine d'annéeâ, son ministère y fut fort apprécié et Dieu lui accorda des succès spirituels marqués. À partir de 1804, il fût Secondé pendant quelques années par M. du l?ontavice-Vaugarny, né dans le catholicisme, d'une noble famille dë la Bretagne. M. du Pontavice dut s'exiler en 1793. Pendant le séjour qu'il fît aux îles de la Manche et en Angleterre, par suite de ses rapports avec quëlqUes pasteurs méthodistes^ il embrassa la foi évangélique et devint utt chrétien humble et dévoué. Après avoir faît un essai dômme prédicateur à Jersey, etc., il rentra en France et devint le collègue de M. Mahy dans la Basse-Normandie. Il crut ensuite faire la volonté dë DiëU en se faisant consacrer dans l'Église réformée au sein de laquelle, à Bolbec, il efcerça soti ministère avec fidélité jusqu'à sa mort (1810). Il voulut aller mourir au milieu dë ses anciens amis dë fieUviïle, où il s'endormit dans la parfaite joië dô la foi.
De 1810 à 1815, la guerre fit subir un temps d'arrêt à l'œuvre évangélique méthodiste en France. Mais, précisément à la même époque, les prisonniers de guerre français en Angleterre offrirent un nouveau champ d'évangélisation à l'Église méthodiste. Sur la rivière Medway, à Portsmouth, à Plymouth et dans plusieurs autres endroits, M, V. Toase d'abord seul, puis avec lui MM. Varren, Lesueur, Etchells, À. Ollivier et de Kerpezdren annoncèrent la bonne nouvelle sur tes ponton^? On fondadenombreusesécoles. «Nous sommes les enfants de la Révolution, disaient beaucoup de ces jeunes soldats, nous ne savons pas lire. * Plusieurs centaines apprirent à lire les Écritures; on créa des bibliothèques, et lorsque la paix fut rétablie, et que les prisonniers purent rentrer dans leur patrie, au moment du départ, on distribua à chacun d'eux une Bible, un Nouveau Testament et un traité religieux. « Nous recevons cette Bible avec joie, disaient les prisonniers libérés, nous l'emporterons dans nos familles ; elle y restera toujours. » Vers 1815, l'évangélisation de la France fut reprise par M. Toase et ses collègues, et dès lors on travailla à son extension. M. Toase visita Mer près d'Orléans, où il y avait quinze cents protestants, sans pasteur. M. de Kerpezdren y fut placé. Comme M. du Pontavice, il était d'origine noble et, comme lui, il avait été gagné, à l'Évangile, dans les Iles de la Manche, pendant son exil. Au bout de quelques années de séjour à Mer„ M. de Kerpezdren crut devoir devenir pasteur de l'Église réformée, et c'est dans
cette Église qu'il termina sa carrière, après y avoir travaillé avec succès au développement de l'instruction primaire et au réveil de la piété.
En 1818, M. le pasteur Charles Cook fut désigné pour la Normandie. En 1819, cet ardent évangéliste fut appelé à faire une première tournée missionnaire dans le midi de la France, accompagné de M. le pasteur Rollin, de Caen, qui l'avait fortement engagé à visiter son pays natal. M. Cook fit une seconde tournée en Suisse et dans le Dauphiné en 1820, et enfin il se fixa à Caveirac, près de Nîmes, en 1822, rayonnant dans toute la contrée adjacente. Vers 1832, M. Cook et ses collègues étendirent leurs travaux dans les Cévennea, à Ganges, Saint-Hippolyte-du-Fort, Anduze et Saint-Jean-du-Gard. En 1833, ils furent appelés à succéder à Félix Neff dans les Hautes-Alpes ; en 1837, la persécution ayant chassé de Bordeaux le pieux évangéliste Masson, ce digne frère ainsi que le troupeau formé par ses soins invitèrent M. Cook à faire occuper ce champ, où,, comme dans d'autres parties du département de la Drôme, les travaux de l'Église évangélique méthodiste ont été abondamment bénis. C'est en 1840, qu'à la demande de plusieurs chrétiens de Lausanne, l'Église méthodiste fonda une œuvre en Suisse.
Cette Église a longtemps travaillé dans plusieurs villes où le gouvernement a fini par créer des postes de l'Église réformée. Citons seulement Cherbourg où les méthodistes ont évangélisé de 1819 à 1830 ou 1832 ; Roubaix (Nord) , qu'ils ont occupé de 1832 à 1845, et Bar-le-Duc de 1850 à 1856.
S 2. Notice historique sur l'Église métbeàiste de Parie.
L'œuvre méthodiste de Paris date de 1820. Déjà, en 1791, le docteuï Coke accompagné de M. de Quetteville avait visité la c&pitale, et acheté une ancienne église abandonnéé. En attendant qu'on pût l'occuper, MM. Coke et dé Quetteville louèrent une chambre où chacun d'ôux donna uiie Jtfédicft* tion. Cet essai ne réussit pas ; l'agitation politique et la philosophie incrédule absorbaient alors mi trop grand nombre d'esprits, et l'oii jugea que le moment propice à l'ëvangélisatiori de la capitàle n'était pas encolle venu. En 1820, M. Hawtfey fut envoyé à Pârié, probablement pour prêcher en anglais aussi bien qu'en français. En 1823, on demanda au comité dës missions méthodistes de Londres un paéteur pouf les ouvriers anglais d'Une fonderie à Charenton, où MM. Croggon etÀdams se succédèrent jusqu'à la fermeture de l'établissement. En 1824, M. P. Tourgis fut nommé à Paris et à Charenton comme pasteur de langue française. 1 ouvrit des salles de culte, rue du Faubourg- Saint-Denis et rue du Faubourg-Montmartre. Le ministère dé M. Tourgis, accompagné d'une gîràtide puissance, fut en bénédiction à un nombre considérable de personnes qui, bien que noti l'attachées à l'Église méthodiste, ont cependant pris une grande part au réveil qui date de cette époque et aux diverses sociétés rèligieuses qui en ont' été
léë fruits. M. C. Cook succéda à M. Tourgis et fut chargé pendant quelque temps de la prédication dans les deux langues. Les différents quartiers de Paris où l'Église évangélique méthodiste a travaillé à répandre Ja parole de Dieu depuis 1833, sont la rue du Faubourg-SaintrDenis, rue du Bouloi, rue Méhilmontailt, rue Chariot, rue Montholon, rue Royâle, rue Roquépine, rue Chateaubriand et rue Deinôurs. Cette Église a également évaîigélisé à Vincennes éti 1844, à Saint-Denis de 1850 à 1860. Le culte se célèbre actuellement à la chapelle Malesherbes, rue Roquépine, à la rué Demours, 16; à Levallois-Perret, à Asnières, à Saint-Ouen et à Chantilly. Les dédicaces des chapelles de la rue Demours et de Levallois datent de 1867. L'Église évangélique méthodiste a fondé et entretenu des écoles primaires à Paris depuis 1840, sauf une interruption occasionnée par la révolution de 1848. Elle possède aujourd'hui quatre écoles et une salle d'asile, savoir: une école pour garçons et une école pour filles àlarueDemours; uneécolepour garçons et une école pour filles à Levallois-Perret; une salle d'asile à la rue Roquépine, Elle dirige quatre écoles du dimanche, deux bibliothèques et une librairie évangélique située 4, rue Roquépine. Elle a aujourd'hui trois pasteurs de langue française, deux évangélistes, cinq instituteurs ou institutrices et une dame chargée de fairç des visites. Le nombre des membres de l'Église est dë 60; celui des auditeurs de 200 à 300 ; le chiffre des élèves dans les écoles dépasse 200. Le budget annuel de l'œuvre française est de 28,000 fr&ûëB, y compris
les lovers et intérêts sur les dettes des imraeubles.
À partir de 1833, il y a toujours eu un pasteur, spécialement désigné pour l'œuvre anglaise. La réorganisation de cette œuvre fut confiée à M. Newstead. M. Toase lui* succéda en 1837. Après avoir occupé diverses salles incommodes, M. Toase, à force de zèle et de persévérance,. et au prix de grands" sacrifices d'argent, réussit vers 1840, à louer et à faire approprier au culte la chapelle de la rue Royale, n° 23. Elle servit à la prédication dans les deux langues jusqu'en 1862, époque de la dédicace de la chapelle Malesherbes, rue Roquépine, n° 4. Celle-ci est également affectée aux deux cultes.
§ 3. Doctrines de l'Église évangélique méthodiste.
L'Église évangélique méthodiste est en communion de vues avec toutes les Églises évangéliques sur toutes les doctrines capitales du christianisme, savoir :
Lïnspiration des Écritures ;
La Trinité;
La divinité de Jésus-Christ;
La personnalité et la divinité du Saint-Esprit;
Le péché originel;
L'expiation par la mort du Christ ;
L'entière gratuité du salut;
La repen tance ;'
La justification par la foi ;
La régénération et la sanctification par le Saint-Esprit ; Le jugement universel ; La résurrection du corps ;
L'éternité des peines des méchants et de la félicité des justes.
L'Église évangélique méthodiste :
N'admet point la prédestination au sens calviniste, ni par conséquent la persévérance inconditionnelle et nécessaire des saints ;
Elle repousse l'universalisme;
Elle reçoit les deux sacrements du Baptême et de la sainte Gène ;
Elle admet et pratique le baptême des petits enfants ; Elle croit à l'obligation perpétuelle d'observer le jour du repos ;
Elle accentue plus que quelques autres Églises :
La propitiation faite par Ohrist pour tous les hommes ,
et par conséquent, elle croit possible le salut de tout
pécheur;
L'assurance de l'adoption par le témoignage direct du Saint-Esprit, le Consolateur.
Le devoir et le privilège de l'entière sanctification sur la terre, en d'autres termes la possibilité de progrès illimités dans la sainteté pendant cette vie.
§ 4/ Constitution de l'Église évangélique méthodiste.
Membres. — Sont reçues comme candidats à l'admission et restent candidats pendant trois mois, toutes les personnes qui en font la demande en témoignant le désir sincère d'être sauvées de leurs péchés, par Jésus-Christ.
On juge de la sincérité de ce désir chez les candidats et chez les membres par la conformité de leur vie à un règlement qui comprend l'ensemble des préceptes moraux de l'Évangile. Il peut se résumer par cet enseignement biblique : Cesser de mal faire et apprendre à bien faire.
On n'exige point des simples membres l'adhésion à une confession de foi quelconque ; le désir du salut impliquant qu'ils admettent les vérités capitales de l'Evangile.
Chaque Église est partagée en groupés, appelés à se réunir une fois par semaine pour l'édification mutuelléi Chaque groupe a son directeur qui ëfetj en général, un laïque.
Etvssèntblêè tHmèiïîtellë ou tôtiMl sé coin*
pose des pasteurs de l'Église de la localité où dé là circonscription, et, dans les Églises nombreuses, d'un nombre de laïques qui est Souvent dans la proportion de dix laïques pour un pasteur. L'assemblée trimestrielle administre lés fonds destinés à l'entrétiéh du pastorat. ËUe adresse vocation au nom de l'Église aux pasteurs qu'elle désire appeler. Elle invite à demeurer dans l'Église qu'elle représente les pasteurs qu'elle croit devoir feonserver. Elle s'abstient de faite cette invitation dans le cas où elle juge utile le changement de l'un bu de plusieurs de ses pasteurs. L'assemblée trimestrielle admet ou repousse lés candidats au saint ministère ; elle discute tout projet de règlement nouveau, etc.
Chaque Église ou circonscription (circuit), renfermant un chef-lieu et des annexes, à aussi une assemblée trimestrielle composée d'évangélistés làïqueè. Cette assemblée juge dé la piété et des aptitudes pour la prédication des chrétiens qui, tout en gagnant leur vie par leur état ou profession * président des cultes le dimanche) surtout dans les villages. Les services des prédicateurs laïques sont gratuits. C'est parmi les membres jeunes les mieux doués de ce corps que se recrutent les pasteurs. Cette assemblée soumet, chaque trimestre, tous ses membres, les an&fens cttmme les nouveau*, à un éxamen relatif à leur piété, à leur inoralité» à leurs dons, ainsi qu'aux doctrines qu'ils croient et enseignent.
îittssebtblêe dè ditfffot {synùdé Hgionaî) se réunit chaque année. Elle se compose de tous les pasteurs de son ressort et de deux délégués laïques de chaque Église ott circonscription Comprise dans le district. Les délégués laïques sont nommés par rassemblée trimestrielle (eon* seil d'Église).
Le synode régional examine le éàractèfè moral et religieux des pasteurs, juge de leur fidélité à la doctriiié et à
la discipline de l'Église ; reçoit Bt discuté leâ propositions des assemblées trimestrielles, surtout celles qui se rapportent aux candidats au saint ministère. îl sVceujré des questions dè législation nouvelle et en général de tout cè qui a rapport aux intérêts spirituels des Églises.
La conférence (synode général annuel) se compose exclusivement, de pasteurs. Elle résout définitivement les • questions qui lui sont transmises, avec préavis favorable par les conseils d'Église et les synodes régionaux, et que chacune de ces assemblées préliminaires a le pôiivotf dé trancher dans un sens négatif. La conférence admôt ou rejette les candidats au saint ministère, prononce là pleine réception des proposants, ainsi que l'expulsion de tout pasteur infidèle. Tout en tenant compte, datis la mesure du possible, des besoins et des vœux de l'ensemble des Églises, elle décide les mutations deé pasteurs, etc.
Le candidat au ministère est reçu d'abord à l'essai. Son noviciat dure quatré ans. C'est au bout de ce terme qu'il est 'définitivement admis et qu'il reçoit l'imposition des mains, s'il a été recommandé par le synode régional dont il relève et approuvé par le synode général.
Par des motifs de prudence chrétienne, faciles à comprendre, un règlement interdit aux proposants de se marier avant leur complète admission dans le pastorat.
Les Églises évangéliques méthodistes des États-Unis, du Canada et de l'Australie, ont admis des délégués laïques dans le sein du synode général. La question de leur admis» «ion est aussi officiellement à l'étude dans toutes les Églises d'Europe, par conséquent dans celles de France et de Suisse.
§ S. Adresses de MM. les tfasteurs et prédicateurs.
MM. les pasteurs :
J. Hoc art, 16, rue Demburs, bernes (reçoit lé vendredi*
de deux heures à quatre heures).
S. Dûgàkd, 4, rue Roquépine (reçoit le mardi, de deux heures à quatre heures).
MM. les prédicateurs laïques :
A. Chastel, prédicateur local , 4, rue Roquépine.
Ferdinand, suppléant.
Visiteur -évangéliste : M. Walt y, 49, rue Chevallier, Le-
vallois.
§ 6. Adresses des différents lieux de culte.
Chapelle Malesherbes 4, rue Roquépine.
Chapelle des Ternes 16, rue Demours.
Chapelle de Levallois-Perret. 35, rue Lannois. Chapelle de Saint-Ouen. ... 97, avenue Saint-Ouen.
Chapelle d A snieres rue Saint- Denis (route de
Gourbevoie).
Chapelle de Chantilly .... à Chantilly (Oise).
§ 7. Tableau des heures des services
religieux.
Chap. Malesherbes. .
2 h. et demie.
Réunion ^édifica-
tion mutuelle. . .
4 h. soir.
8 h. soir.
10 heures.
Chapelle des Ternes.
Midi.
8 h. soir.
École du dimanche.
10 heures.
10 h. 1/2 matin.
École du dimanche.
10 heures.
Levai lois
3 h. soir.
École du dimanche.
10 heures.