CHAPITRE II
ŒUVRES DE BIENFAISANCE ET D'ÊVANGÉLlSATIOtt
§ 1er. (Entre protestante des prisons de femmes à Paris.
Cette œuvre a été fondée, en 1839, & la suite du voyage en France de la célèbre Elisabeth Fry, l'apôtre des prisonniers. Son but est de visiter et d'évangéliser les femmes protestantes dans la prison de Saint-Lazare, rue du Faubourg-Saint- Denis, laquelle contient près de onze cents femmes, de payer le voyage des femmes renvoyées dans leurs familles, et la pension des jeunes filles vicieuses qui consentent à être placées dans les Refuges de Paris ou de Nîmes*
Présidente de V œuvre : Mme la baronne de Staël. Secrétaire : MUe Dumas, 89, rue Hautevilie. Budget de 3 à 4,000 francs.
§ 2. Œuvre des mariages.
Fondée en 1858, elle a pour but la recherche et l'obtention gratuite des pièces nécessaires pour le mariage civil et religieux. Elle est commune aux deux Consistoires réformé et luthérien, mais les comptes sont séparés. Depuis son origine jusqu'à la fin de 1875, elle a patronné 2,268 mariages, par lesquels 14 à 1,500 enfants ont été légitimés. La dépense moyenne par ma* riage est de 14 fr. 28 c.
M. Blind, agent de l'Œuvre des mariages, reçoit chez lui, 26, rue du Caire, tous les mercredis, jeudis, vendredii et samedis, de une heure à six.
§3. Société de patronage pour les prisonniers libérés protestants.
Cette Société a été fondée au mois de juin 1869, sur l'initiative de M. le pasteur Robin, dans le but t d'encourager les libéré» qui manifestent le désir de bien faire et de les aider à se procufer des moyens d'existence par leur travail. » (Art. 2 des statuts.) •
Elle a préludé pendant les six premiers mois à ses travaux par la visite des prisons. L'œuvre a été interrompue par la guerre êt n'a pu être reprise que quinze mQis après, en novembre 187L
La Société n'a jusqu'ici exercé directement son action qu'à Paris.
Les moyens employés «ont : dos visites dans les
prisons, destinées à exercer, par des conseils et de bons livres , une influence morale et religieuse sur les détenus.
Ces visites, faites par les membres du Comité et par l'agent de la Société, sont ainsi organisées :
Les membres visiteurs répartissent entre eux les prisons à visiter. Après chaque visite, ils adressent à l'agence un bulletin signalant les hommes qu'ils recommandent. C'est à l'aide de ce bulletin qu'est formé le dossier de chaque détenu. Enfin, au moment de sa libération, le prisonnier reçoit du visiteur une carte avec laquelle il se présente à l'agent. Celui-ci attend les libérés au bureau de l'agence tous les matins, de neuf heures à dix heures. En général, il a vu toimême les prisonniers pendant leur détention. Si le prisonnier qui se présente a de bonnes notes et s'il accepte les conditions qui lui sont faites pour son placement, il est inscrit sur les registres de la Société.
Si la Société lui trouve elle-même du travail, elle fait connaître son passé au patron qui consent à l'employer.
Le patronage consiste dans une double assistance matérielle et morale.-
L'appui moral a pour objet de recommander le libéré.
Les secours en nature permettent au libéré d'attendre qu'il ait du travail- Ils consistent en bons de nourriture et de logement dans des maisons de confiance. Ces bons ne sont que pour un ou deux jours. Ils sont renouvelai si cela est nécessaire.
Des vêtements sont donnés à ceux des libérés qui n'én ont pas de convenables pour se présenter dans un atelier ou dans une place. Ce secours de vêtements est aussi indispensable que celui de logement et de nourriture. La misère, le plus souvent fruit de l'inconduite, est la cause principale des délits. En sortant de la prison, les libé-* rés revêtent les haillons avec lesquels ils sont entrés, et ne peuvent se présenter nulle part. Le dénûment de quelques-uns est tel que nous renonçons à le décrire; il faut tout renouveler : linge, chaussures, habits. Le plus grand bienfait qu'on puisse leur accorder, c'est un vêtement convenable. '
Quand ces malheureux se voient ainsi décemment vêtus, ils se sentent comme renaître dans leur propre estime et ils reprennent courage : pour eux le relèvement commence.
Cette partie du service exige^ un vestiaire bien approvisionné et des dépenses considérables.
Les autres secours en nature sont des outils ou des billets de chemin dé fer pour ceux qui doivent quitter Paris.
A titre tout à fait exceptionnel, de légers secours de route sont accordés aux libérés qui n'ont qu'un petit trajet à faire ou à ceux qui sont munis d'un passe-port d'indigent.
Extrait du Règlement.
§ 1. Des moyens d'action de la Société.
Art. 5. La Société adopte pour règle rigoureuse de ne point donner de secours d'argent à ses protégés, ni pendant, ni après la captivité.
Art. 6. La Société s'efforcera, par l'influence de ses membres visiteurs dans les prisons, de préparer l'œuvre du patronage au dehors.
Art. 7. Elle n'acceptera que le patronage des prisonniers repentants et désireux de se relever parle travail.
Art. 8. Toute personne qui aura consenti à employer un libéré, recevra la confidence de la vie du libéré.
§ S. De» libéré* et de leurs obligations
Art. 9. Tout patronné de la Société devra se présenter, après sa libération, à l'agence de la Société.
Art. 10. Il devra se soumettre aux conditions fixées pour son patronage et accepter le logement qu'on lui aura procuré.
Art. 11. Lorsqu'il aura été placé, il devra faire connaître, à l'un des secrétaires ou à l'agent de la Société, son changement d'adresse ou d'emploi. •
Composition du Comité.
M. le baron de Ghabaud-la-Tour (G. G. général de
division, président M. le baron Léon de Bussière (0. vice-président. M. Félix Vernes banquier, vice-président. M. Alfred André banquier, vice-président. M. Boissonnas, banquier, trésorier.
M, Alfred Monod (#), avocat à la cour de cassation et au
conseil d'État, secrétaire.
M. E. Robin, pasteur, secrétaire.
M. Renckhoff, diacre de l'Église de la Confession d'Augsbourg, secrétaire.
Assesseurs :
MM. Chatoney (*), inspecteur gén. des ponts et chaussées. Fuchs (*), ingénieur des mines.
Gallay, adjoint au maire du VIIIe arrondissement. Goguel, président du Consistoire de la Confession
d'Augsbourg. ' Lutz, diacre de la Confession d'Augsbourg. F. Monnier (O. #).
MM. Morin (*), docteur en médecine.
Lp baron de Prez-Grassier.
Rouville, pasteur-aumônier des prisons.
Louis Sautter (*), ingénieur.
Jules de Seynes, professeur agrégé à la faculté de médecine de Paris.
M. D. Morize, agent.
Agence : Square National, 17 bis, rue Julien-Lacroix, 60-62. Tous les jours, excepté le dimanche et le jeudi, de neuf à dix heures du matin.
Depuis son origine, la Société a patronné plus de trois cents libérés; En 1875, elle en a suivi 78. 0 Mais outre ceux 'qu'elle a patronnés, elle en a aussi secouru 55 qui, au sortir de prison, avaient besoin d'une assistance temporaire, ce qui fait un total de 133 prisonniers qui ont été l'objet des soins de la Société.
État des recettes et des dépenses en 1874.
Becettes.
En caisse, chez le trésorier, au 1èr janvier , . 150 80
Intérêts des fonds en caisse 5 95
Montant des souscriptions de 1874 ..... 5,017 *> Moitié du produit de la collecte à l'assemblée
générale 55 70
Évaluation du vestiaire 362 60
Pour le vestiaire, par M. le pasteur Robin . . 60 »
Total 5,642 05 .
Excédant des dépenses sur les recettes ... 458 75
Balance égale au 31 décembre 1874 5,810 80
Dépenses. 4
Nourriture des libérés 770 70
Logement des libérés 340 50^
Vêtements et chaussures 6&9 25
Outils et matières premières 146 65
Secours de route et billets de chemin de fer. . , 2i l »
Achats de livres pour plusieurs détenus . , . 24 50
Secours divers 198 »
Achats de livres et de publications religieuses
pour les prisons 20 »
Frais de matériel 39 65
Imprimés (rapport et convocations). .... 165 40
Affranchissements de rapports et d'imprimés. . 47 10
Frais de correspondance . 59 70
Frais de déplacement de l'agent et du concierge. ' 210 70
Traitement de l'agent 2,500 »
Traitement du concierge 200 »
Frais de bureau * 5 70
Frais de collecte, commissions 211 95
Total 5,810 80
§ A. Ouvroirs chrétiens de Boulogne-sur-Seine
(Rue des Fossés-Saint-Denis, 10).
Cette œuvre fut fondée én 1871, immédiatement après la conclusion de la paix, par Madame Dalencourt, la sœijr du lieutenant Bellof, mort si malheureusement dans les mers polaires où il était allé chercher les traces de l'amiral sir John Franklin. Soutenue par la Société des Amis ou Quakers, Madame Daîencourt fonda à Boalognesur-Seinç des réunions d'évangélisàtion et de couture. Ces réunions, fréquentées par cent cinquante pauvres femmes, âgées pour la plupart, se tiennent deux fois par semaine, le lundi et le vendredi, de midi à trois heures. Pour ces trois heures xle travail, chaque femme reçoit 50 centimes. Elles
ont la faculté d'acheter, au prix coûtant de l'étoffe, les vêtements confectionnés par elles-mêmes ou par leurs compagnes. Une caisse d'épargne reçoit les plus modestes économies. Pendant que les femmes travaillent, on leur lit un traité et on chante des cantiques. La dernière demi-heure de la réunion est consacrée à la lecture et à l'explication familière de la Bible et à la prière.
A côté de ces réunions de couture, l'œuvre comprend :
L'école du jeudi, de huit heures du matin à quatre heures du soir pour les jeunes filles de cinq à douze ans, que le congé de ce jour laisserait dans la rue, leurs mères étant pour la plupart occupées dans les blanchisseries. On leur fait apprendre la couture, le chant des cantiques et des versets de la Bible. Cette école est fréquentée par une moyenne de cinquante enfants.
L'école des vacances, tenue pendant les mois d'été où les enfants ne vont pas à l'école. Les après-midi sont consacrées à des promenades dans le bois de Boulogne.
L atelier d'apprentissage pour les jeunes filles, où les unes apprennent l'état de couturières pour robes, les autres l'état de lingères. Cette branche de l'Œuvre est confiée à deux maîtresses spéciales. Les apprenties, de douze à seize ans, sont au nombre d'environ dix-huit; elles viennent totfs les jours, de sept heures du matin à six heures du soir. Chaque journée commence par un petit culte, et une heure d'instruction élémentaire. Le jeudi, elles reçoivent une instruction religieuse. L'apprentissage doit durer dix-huit mois. Au bout de six mois, les apprenties gagnent 20 centimes par jour ; au bout d'un an 40 centimes. Quand il est terminé, elles gagnent de 75 centimes à i fr. 50 c. Quelques-unes vont en ville à la journée. Depuis la fondation de cette branche de l'Œuvre, quatre-vingt-seize apprenties ont -été formées — dont vingt-deux ont été placées en Angleterre comme bonnes d'enfants.
JJévangèlisation à domicile au moyen de visites aux ouvrières absentes ou malades, pour lesquelles une troisième aide a été nécessaire à Mme Dalencourt.
La charité par le travail est une branche de l'œuvre, qui consiste à prendre de l'ouvrage dans quelques magasins, et à le faire faire aux femmeé de l'ouvroir, — en augmentant le salaire qu'on leur aurait donné dans les magasins. On n'achète des étoffes en pièces pour les faire confectionner que lorsque ce tra^iil-là manque et que les ouvrières ne peuvent attendre sans souffrir.
L'œuvre des mariages, qui a pour but de faciliter l'obtention des pièces nécessaires à la régularisation d'unions illicites. Cette branche de l'œuvre, depuis sa fondation, a fait régulariser vingt-cinq unions de ce genre,
La distribution de traités et de portions de l'Évangile, En quatre ans, cette distribution a atteint le chiffre de * 22,000 pour les portions d'évangiles, et de 175,000 pour les traités. Elle se fait à Boulogne et dans toutes les petites villes avoisinantes : Buresnes, Saint-Cloud, Sèvres, Meudon, Viroflay, Auteuil.
La bibliothèque, à laquelle puisent cent quarante-quatre personnes, hommes, femmes et enfants*
C'est Madame Alsop, de la Société des Amis, gui a fourni les premiers fonds, nécessaires à la création de l'œuvre, et depuis, la Société des Amis s'est; généreusement chargée des frais du local, du salaire des femmes et de celui des personnes qui dirigent leur travail. Le reste doit être fourni par les souscriptions volontaires des personnes qui s'intéressent à cette œuvre,
§ 5. Œuvre de la Chaussée du Maine
(Rue des Fourneaux, 74).
Cette œuvre, fondée en 1871, à la suite des événements de la Commune, par Madame E, de Pressensé, renferme :
1. Une école du dimanche qui compte plus de cent soixante enfants, dont la plus grande partie suivent aussi l'école de la semaine*
2. Une école de gaxçons , dirigée par M. Humbert. Une école de filles, dirigée par Mmo Humbert. Une école enfantine, dirigée par MUo Levray.
3. Un ouvroir pour les fémnies sans travail, dirigé par MUe Gbalon. 11 a pu fournir du travail à un nombre considérable de veuves et de pauvres mères de famille. La somme pa^ée aux ouvrières s'élève déjà de 8 à 9,000 fr. par an.
4. Une réunion religieuse, qui se tient le mercredi et qui est- suivie par une cinquantaine de mères de famille. On leur fait des lectures instructives et intéressantes, on leur adresse quelques exhortations familières et on leur apprend des cantiques.
Comité.
MM. Gruner, 'président et trésorier, Duvernoy.
MM. Sayous.
Varigny (de).
M1,e Ghalon, directrice, Mmes Blech.
Gailliatte.
' Fallot.
Gruner.
Kœchlin (Émile).
Pierf et.
Fallot.
Gallois.
Hollard.
Kœchlin (Émilç).
Lichtenberger.
Pressensé (de).
M"** Bcherer (Eugène), Schuré.
Thierry (Henry).
Mmes Varigny (de).
Watteville (de), Mn« Roger.
Recettes et dépenses (du 1er mars 1874 au 1er mars 1875). Recettes : 34,640 fr. lô c. Dépenses : 22,702 fr. 15 c.
Il y a une vente annuelle des objets confectionnés à l'ouvroir, mais dans le courant de l'année on peut se les procurer chez Mme Keller, 4, rue de Chevreuse, ou cheas *MUe Chalon, rue des Fourneaux, 74.
S 6. Œuvre de Mademoiselle de Broen
(Rue Piat, 21, villa Ottoz, Belleville).
Mademoiselle de Broen a comçaencé à Belleville, à la suite des événements de la Commune, une œuvre importante de mission intérieure, soutenue en partie par des chrétiens d'Angleterre et en partie par des chrétiens français.
Cette œuvre se compose des différentes branches qui suivent :
1. Un ouvroir pour les femmes âgées ou sans travail. Il se réunit trois fois par semaine, sauf dans les mois d'été. On commence et on termine par la prière, le chant de cantiques et une explication familière de la Bible. »
2. Un dispensaire dirigé par Mme veuve Baron, ancienne directrice de l'ambulance de Sainte-Marie. Un médecin y est attaché. On y donne gratuitement des consultations médicales et des médicaments ; — le nom des malades est inscrit sur un registre, et on en profite pour aller les visiter ensuite et leur annoncer l'Évangile.
3. Une classe biblique qui se tient tous les dimanches à trois heures « 21, rue Hat, dans la salle du dispensaire.
Des amis chrétiens sont invités à y assister et à y prendre la parole.