‹ Paris protestant. Ses églises, ses pasteurs, ses corps constitués, ses lieux de culte, ses diaconats, ses écoles, ses institutions de charité, ses sociétés religieuses, ses journaux. Renseignements historiques et statistiques completsChapitre 81 sur 120 · ÉCOLES INDUSTRIELLES · texte numérisé non relu

ÉCOLES INDUSTRIELLES

§ i". Internat professionnel de composition typographique de jeunes filles protestantes

(A Puteaux, Seine).

M. Émile Martinet, déjà propriétaire d'une importante imprimerie à Paris, a fondé, il y a quelques années, un atelier de composition pour les jeunes filles protestantes, basé sur le système de l'internat. Il a fait construire à Puteaux un immense établissement dans lequel il loge, nourrit et instruit les enfants qui lui ont été confiées pendant six ans. A côté de l'atelier de composition se trouve un corps de bâtiment où sont réunis les services de l'organisation domestique : les dortoirs, surveillés par une sœur diaconesse; la salle de bain; le réfectoire; la salle d'étude; la lingerie, où les enfants font elles-mêmes leur trousseau à leur entrée; la cuisine où chacune s'initie à son tour aux détails du ménage.

Règlement.

Art. L'internat professionnel de composition typographique de jeunes filles, établi par M. Émile Martinet, à Puteaux, est placé sous la direction morale et religieuse d'un Comité de patronage et de placement composé de :

MM. Wurtz, doyen de la Faculté de médecine de Paris,

président honoraire; Monod (Gustave), chirurgien honoraire des hôpitaux

de Paris, président; André (Alfred), vice-président; De Bill y, conseiller référendaire à la Cour des

comptes ;

Monod (Alfred), avocat au Conseil d'État et à la Cour

de cassation, secrétaire; Dhombres, pasteur ; Dumas, pasteur;

Fallot-Legrand, ancien manufacturier; Friedel, conservateur à l'École des mines ; Fuchs, ingénieur des mines;

Gaudard, directeur de l'École normale de Courbevoie; Gout, pasteur;

Kœchlin (Émile), ancien manufacturier; Morin, docteur en médecine ; Paumier, pasteur; Robin, pasteur; Sautter, ingénieur; Soulié, ingénieur;

De Seynes, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Paris.

Art. II. Le personnel de l'internat est composé d'une directrice, d'une sous-diréctrice et d'une servante, nommées par le Comité de patronage et de placement.

Art. III. La directrice surveille l'emploi du temps des "élèves, fait observer le règlement, gouverne le ménage, tient les comptes et rend compte de sa gestion à M. Martinet.

La Bous-directrice remplit les fonction» d'institutrice, seconde et remplace, au besoin, la directrice.

Art, IV. Pour postuler leur entrée à l'internat professionnel, les enfants doivent être présentées par le Comité de patronage et de placement.

Elles doivent avoir treize ans au moins, quinze ans au plus, savoir lire et écrire couramment et jouir d'une trèsbonne santé.

Art. V. Les papiers à remettre au Comité, à l'appui de chaque demande d'admission, sont :

1° L'acte de naissance; 2° L'extrait de baptême; 3° Un certificat de vaccine ;

4° Un certificat de médecin constatant le tempérament et l'état de santé de l'enfant.

Art. VI. Le Comité fait subir un examen aux candidats, après avoir obtenu l'adh'ésion des parents au des protecteurs au contrât d'admission et leur promesse de verser un droit d'entrée de 50 fr.

Art. VII. Les' parents ou protecteurs des enfants s'engagent, par le contrat d'admission, à maintenir l'enfant dans l'internat pendant six années consécutives.

Art. VIII. M. Martinet s'engage à pourvoir, pendant six années, à l'entretien et à la nourriture de l'enfant et à verser, entre les mains du Comité, au crédit du compte de chaque enfant, 50 fr. à l'expiration de chacune des deux premières années, 100 fr. à l'expiration de chacune des quatre dernières, soit en tout 500 fr.

Art. IX. Chaque enfant reçoit un livret constatant les versements effectués à son compte.

L'enfant ne devient possesseur des sommes versées à son crédit qu'à l'expiration de son engagement.

Art. X. Comme récompense, des gratifications mensuelles sont allouées aux élèves méritantes; ces gratifications sont prélevées sur les droits d'entrée et sur l'intérêt des sommes versées par M. Martinet^

En cas de sortie ou de décès de l'enfant, le droit

d'entrée accroît la niasse et reste à la disposition du Comité.

Art. XI. Toute enfant qui quitte l'internat, dé son plein gré ou par la volonté de ses parents, avant l'expiration des six années de son engagement, perd son droit aux sommes versées à son crédit.

Dang ce cas, les parents ou les tuteurs de l'enfant sont redevables, envers M. Martinet, d'une indemnité fixée à 50 centimes par jour de présence de l'enfant à l'internat.

Art. XII. Le contrat d'admission ne devient définitif qu'après un stage de trois mois dans l'internat, stage pendant la durée duquel M. Martinet conserve le droit de refuser l'enfant.

Passé ce délai, l'enfant peut être renvoyée sur un rapport de la directrice, approuvé par le Comité ou son délégué et par M. Martinet.

Art. XIII. Les soins particuliers que pourrait réclamer la santé de l'enfant lui sont donnés régulièrement, et les indispositions dont elle pourrait être atteinte sont traitées à l'infirmerie de l'internat.

En cas de maladie grave, l'enfant est retirée provisoirement de l'établissement par le Comité ou son délégué et remise par ses soins à la maison des Diaconesses, rue de Reuilly, 95.

Les frais de maladie seront à la charge de M. Martinet pendant un délai de trois mois.

Art. XIV. Chaque enfant reçoit un trousseau, que M. Martinet lui abandonne si elle quitte l'établissement après y avoir bien rempli tous ses devoirs. Ce trousseau sera composé de :

Six chemises ; Trois robes ; Quatre tabliers ; Un jupon de molleton; Deux jupons de cotonnade ; Six bonnets de nuit; Un filet;

Six paires de bas de coton ;

Deux paires de souliers ; Six mouchoirs de poche ; Six pointes ; Un chapeau.

Art. XV. Le travail industriel effectif est de huit heures jusqu'à seize ans révolus; à partir de la seizième année, il est de dix heures.

Art. XVI. Pour développer l'instruction qu'elles auront reçue précédemment à leur entrée dans l'établissement, les jeunes filles au-dessous de quinze ans suivent tous les jours, pendant deux heures, la classe faite par la sousdirectrice.

Art. XVII. Toutes les jeunes filles doivent, à tour de rôle, et dans un ordre combiné avec leurs autres occupations, s'adonner aux soins de la tenue de l'internat, du ménage, du blanchissage et des travaux à l'aiguille que nécessitent la confection et l'entretien de leurs vêtements et du linge de la maison.

Art. XVIII. Les enfants ne sont employées à aucun travail les dimanches, le jour de l'an, le jour de Noël, le Vendredi-Saint, l'Ascension, le 15 août et le 1er novembre.

Art. XIX. Les jeunes filles sortent aux trois époques suivantes :

1er janvier, Pâques et 15 août, sous la condition expresse que les parents ou protecteurs viendront eux-mêmes les prendre et les ramener.

Elles peuvent sortir la veille du jour de congé, à six heures du soir.

Le Comité se réserve le droit de suspendre les sorties de chaque enfant individuellement.

Art. XX. Les parents peuvent visiter les jeunes filles les premier et troisième dimanches de chaque mois, du 1er novembre au 1er avril, et tous les dimanches pendant les autres mois de l'année, de deux heures à cinq heures en hiver, et de deux heures à quatre heures en été.

Art. XXI. L'emploi du temps des élèves est ainsi réglé :

Lever : à cinq heure» en été, et six heures en hiver.

Coucher : à neuf heures et demie.

De cinq heures à huit heures : toilette, culte, ménage, déjeuner.

De huit heures à midi : atelier.

De midi à une heure : dîner, .

De une heure à quatre heures : atelier.

De quatre heures à six heures : classe (pour les enfants au-dessous de quinze ans).

De quatre heures à six heures : atelier (pour les enfants au-dessus de quinze ans).

De six heures à sept heures : souper.

De sept heures à neuf heures et demie : récréation, couture, culte.

Le dimanche : culte, promenade, parloir.

Art, XXII. Le Comité veille spécialement à l'instruction religieuse quotidienne des jeunes filles, à leur participation au culte public et à leur préparation à la première communion.

Art. XXIIT. Les parents ou protecteurs sont prévenus qu'ils ne pourront faire aucune réclamation au sujet de Tordre intérieur établi dans la maison, tant pour le mode d'éducation, les occupations typographiques ou autres, que pour le régime et les soins de santé adoptés uniformément pour toutes les jeunes filles.

Si dans un cas extrême, ils avaient quelques réclama* tions à présenter, ils devraient les adresser à la directrice, qui les transmettrait au Comité.

Art. XXIV. Les parents ou protecteurs doivent inspirer à leurs enfants la plus grande déférence pour la directrice, qui représente le Comité et fait exécuter tout ce qu'il décide dans l'intérêt des élèves et de la maison.

Le seul but du Comité est de travailler avec sollicitude au perfectionnement moral et religieux des jeunes filles qui lui sont confiées, en leur inspirant l'amour et la crainte de Dieu, et en leur donnant des habitudes d'ordre et de travail qui leur assureront dans l'avenir des ressources précieuses pour leur existence, ,

i 2. École professionnelle de couture pour les jeunes filles protestantes (1)

(Rue des Trembles, 6, au Grand-Montrouge).

Cette école est placée sous le patronage du Diaconat de l'Église réformée de Paris.

Préoccupé de la pensée que les enfants du peuple ne sauraient trop tôt s'initier aux travaux manuels ni poursuivre trop longtemps les études élémentaires, M. du Trembley vient' de fonder, aux portes de Paris, une école professionnelle pour la couture, la lingerie, le blanchissage et le repassage.

Les élèves, admises dès l'âge de dix ans, s'engagent à rester dans rétablissement jusqu'à l'âge de dix-huit ans, de manière à pouvoir mener de front les études,-l'apprentissage et les soins du ménage.

Le prix de la pension est fixé à 25 francs par mois pour les enfants au-dessous de quatorze ans.

L'élève fournit sa literie et son trousseau, mais ces dépenses d'installation peuvent être remplacées par un droit d'entrée fixé à 80 francs.

Dans ces conditions, l'élève est entretenue par la maison, et, à la fin de son apprentissage, elle sort convenablement vêtue.

Pour plus amples renseignements, s'adresser soit à MM. les pasteurs de Paris, soit au siège même de l'établissement,, tous les jours, de dix heures à quatre heures.

(1) Une école du même genre est en voie de formation chez M. Forest, pour la pose des plumes et des fleurs, — 123, boulevard de Sébastopol, In face le square des Arts-et-Mé tiers.

S 3. Écoles industrielles destinées à recevoir les enfants insoumis ou abandonnés.

Les enfants insoumis ou abandonnés sont reçus : 1° Les garçons chez M. le pasteur Serfass, 105, rue de Flandre, au prix de 35 francs par mois pour la pension et 2 francs pour le blanchissage. 2° Les filles, chez Madame Heyvang, rue Fontarabie, n° 4. Le prix de la pension est de 35 fr. par mois. Les jeunes filles se blanchissent elles-mêmes.

On offre à ces enfants des deux catégories la vie de famille. Ils vont à l'école, ou apprennent un métier. Us sont reçus de dix à quatorze ans.

S'adresser à M. le pasteur Robin, 21, rue Piat.

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