‹ Paris qui consommeChapitre 111 sur 114 · LA CONSOMMATION VA REPRENDRE · texte numérisé non relu

LA CONSOMMATION VA REPRENDRE

au milieu du recueillement des convives. Le prêtre, en l’embrassant, a l’air de prononcer un funèbre bénédicité.

Bientôt il est servi.

Ce verbe servir, dans l’argot des assassins, signifie tuer. On leur rend la pareille, en les servant à leur tour.

Le silence religieux, terrifié, qui pendant quelques secondes s’était fait dans l’assemblée, — ce silence qui au moment du potage, s’il faut en croire les loustics, annonce la faim du monde, — se change instantanément en brouhaha, quand tout est consommé.

Vers des horizons lointains un fourgon de boucherie remporte les restes.

Le jour point : le fiacre suprême, la dernière voiture de cercle ramène au logis le joueur décavé ou l’amoureux attardé; les ouvriers, maçons, charpentiers, débardeurs, forgerons, zingueurs, tourneurs, serruriers, tous les innombrables corps d’état descendent vers leurs labeurs; les cochers vont sortir; le « ver », de nouveau, va être tué : les mastroquets s’ouvrent...

Page 1