‹ Paris qui consommeChapitre 19 sur 114 · DÉGUSTATIONS · texte numérisé non relu

DÉGUSTATIONS

teinte argentée, et s’enjolivait de détails ornementaux. Une seconde salle y était annexée, où des tables de marbre et des banquettes de velours (ô défroque des anciens cafés blancs réchampis d’or!) invitaient certains consommateurs à d’interminables parties de piquet, et d’autres à la lecture des journaux à un sou; que dis-je? môme on vit là le Figaro ou le Gil Blas.

Mais le vrai buveur qui ne veut ni lire ni jouer va aux « dégustations » qui, n’ayant que des frais de personnel et d’exploitation relativement restreints, peuvent donner à bas prix de tout, de tout, de tout.

Et voici que l’ancienne turne , le bistro équivoque qui mettait sur sa devanture rouge-bourreau une grille pareille à un masque de fer, voici que le mastrog s’éclaire brillamment, s’assimile tous les progrès électriques, les gaz verdâtres, les lampes bleues, les hautes glaces, les dorures, toute une ferronnerie en zinc, et s’élève de la sordide condition de « chandevin » à l’importance d’un « établissement », corsant à l’infini son programme de consommation.

Lisez cette liste, prise sur le boulevard à la devanture d’une dégustation éclairée à la lumière électrique, ornée de glaces, avec un comptoir circulaire de marbre, des panneaux rehaussés d’ornements de cuivre, et dallée de petites pierres noires et blanches en losange. Au dehors, en tentation permanente pour les amateurs de liqueurs,

un marbre noir porte en lettres dorées ce programme alléchant :

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