CHAPITRE XVI
LMNTÉRÊT SOCIAL
Impuissance des prisons. — Leur nécessité, — Réforme du code pénal. — La prison moins souvent appliquée. — Peines pécuniaires. — Travail pénal. — Lardégation pour les jeunes. — Emprisonnement rigoureux. — Intimida» lion. — Réparation. — Moralisation. — La cellule. — La lib erté conditionnelle. — Les grâces. — Assisunce et patronage. — L'action religieuse. — Le rôle de la justice.
lecteur, s'il a eu la patience de me suivre jusqu'à ces dernières pages, aura parcouru au moins dans son ensemble le cycle complet des prisons parisiennes, où chaque année on voit défiler plus de 40,000 individus ; il aura rencontré partout, au sommet comme enbas, un personnel animé du zèle le plus louable, désireux de faire le bien, cherchant à tirer le meilleur parti possible des lois trop imparfaites dont l'application lui est confiée et des instruments trop défectueux remis entre ses mains.
Mais en même temps que de spectacles affligeants se seront déroulés sous ses yeux ; au Dépôt, dans une prison qui cache ses plaies sous les décors d'une architecture solennelle, un foyer permanent de corruption où l'enfant lui-même est jeté ; à l'infirmerie, des aliénés enfermés dans des conditions contraires à toutes les lois de rhygiène ; à la Conciergerie, les petites filles des diff^érentes catégories en contact les unes avec les autres ; à Mazas, à Saint-
l.i:S PRISONS DE PARIS
Lazare, les prévenus, des innocents présumés, soumis au roèrae régime que les pires scélérats et emprisonnés à la Souricière dans d'horribles cabanons ; la petite Roquette cessant d'être une maison d'éducation pour devenir une véritable prison ; à Sainte-Pélagie une abominable promiscuité ; à la Santé, une application si restreinte de l'isolement qu'il s'y forme chaque jour, des associations de malfaiteurs ; à Nanterre, la pauvreté et le vice réunis sous le même toit; un souci excessif du bien-être matériel et l'oubli, absolu des besoins moraux.
Faut-il dès lors s'étonner que les condamnations prononcées par la justice portent si peu de fruit ; les hommes qui aiment à se faire des illusions prétendent pour se soustraire il tout effort qu'autrefois les choses n'allaient ni mieux, ni plus mal, et qu'il faut en prendre son parti ; ils négligent les avertissements des statistiques, ou bien, s'ils les consultent, le plus petit chiffre devient un argument à l'appui de leur optimisme; je lisais dans un discours récent, tout à l'éloge des lois nouvelles, que déjà le nombre des délits de vagabondage avait considérablement diminué ; et cela tout simplement parce qu'en 1887 il y avait eu 731 condamnations pour vagabondage en moins, ce qui, soit dit en passant, ne prouve pas absolument que le nombre des vagabonds ait diminué d'autant; mais en même temps, le tableau qui donnait ces chiffres constatait qu'en 1886 il y avait eu 8263 vagabonds de plus que dans la période de 1871 à 1875, et que pour compenser le nombre des vagabonds arrêtés en moins en 1887, le nombre des voleurs s'était augmenté d'un millier.
Ce n'est pas sur des petits chiffres qu'il convient de discuter ainsi ; il faut considérer la situation de plus haut et dans son ensemble, et quand le gouvernement lui-même, malgré son très
légitime désir de voir la situation s'améliorer est le premier à proclamer « que rineflBcacité de la peine au point de vue moralisateur ressort des listes des récidivistes », il faudrait être bien sceptique pour ne pas croire qu*il est plus près de la vérité que ceux qui prétendent que la moralité progresse sous l'influence du régime pénitentiaire.
Vainement voudrait-on encore attribuer l'élévation des chiflfres constatés dans les statistiques du ministère de la justice, à une application plus énergique de la loi pénale ; il est permis de penser au contraire que, par des causes diverses, la répression s'est affaiblie ; à côté de quelques succès retentissants, avec lesquels s'entretient la confiance du public, que de crimes restent inconnus et impunis; un S3miptôme bien inquiétant pour qui connaît un peu les rouages de la police judiciaire, c'est le chiffre de plus en plus important des affaires laissées sans poursuite par le ministère public ; il ne s'élève pas à moins de 227,276 affaires, sur lesquelles il y en a 70,068 dont les auteurs n'ont pas été découverts et 22,282 où la preuve n*a pu être établie, sans compter bien entendu les ordonnances de non-lieu rendues par les juges d'instruction.
L'insuffisance des crédits dont dispose la justice et la police purement judiciaire, est l'une des causes de ces trop nombreux échecs ; par des raisons d'économie certaines plaintes ne sont pas suivies parce que le plaignant ne veut pas se porter partie civile, et prendre ainsi l'engagement de payer les frais en cas d'insuccès, ou bien encore, des enquêtes sommaires de police remplacent les instructions approfondies pour éviter le plus possible les dépenses occasionnées par l'audition des témoins; une circulaire de la direction des affaires criminelles, du 23 février 1887, inspirée par les nécessités budgétaires, a vivement recommandé aux magistrats
d'employer les procédés les moins coûteux, bien qu'au point de vue du succès ils ne soient pas toujours les meilleurs ; et cette année le compte général de la justice se félicitait qu'une grandie amélioration ait été obtenue dans les frais de justice, grâce i la diminution des affaires communiquées à l'instruction; la proportion des affaires mises à l'instruction qui était de 17 p. loo de 1871 i 1875, est descendue en effet à 11 p. 100 ; il est permis de se demander si ce succès d'un ordre p;irticulier, n'a pas été obtenu aux dépens de la sécurité publique, et au dernier congrès international de médecine légale le professeur Lacassagne, si compétent dans ces questions, regrettait que ces économies, toutes justifiées qu'elles soient, aient été nuisibles dans bien des casa la bonne organisation des expertises judiciaires et par suite à la découverte de la vérité.
On a donc le droit de s'inquiéter du nombre des condamnations et plus encore de celui des méfaits restés impunis; le mal n'est pas en décroissance et s'il est vrai qu'en 1887 il y ait eu 3,164 accusations criminelles au lieu de 3,855 de 1871 à 1875, ÎI faut avant de s'en réjouir, ne pas oublier que tous les jours, pour éviter des acquittements dont le jury semble avoir pris l'habitude, le ministère public, abandonnant les circonstances aggravantes, préfère s'adresser à la juridiction correctionnelle; aussi le nombre des affaires qu'elle juge après avoir été de 1871 à iii75 de i55»545, s'est élevé à 187,720011 l88é et à 191,108 en 1887,
Le parti pris de tout voir en beau pourrait seul en présence de tels chiffres soutenir que la criminalité tend à diminuer; il serait déjà fort triste qu'elle fût restée stationnaire dans un siècle qui se prétend supérieur aux autres, parce qu'il a asservi la matière, mais il est bien plus affligeant encore de voir qu'elle a marcbc eu avant.
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Le chiffre total des crimes et des délits iugés en 1887 est de 194,272, en 1827 il était de 65,226, en 1838 de 88,940, avec une population de près de trente-quatre millions d'habitants, ce qui n'est pas bien loin du chiffre actuel, et déji, en 1840, M. deTocqueville jetait un cri d'alarme et disait .\ la Chambre des députés saisie d'un
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L'hospitalité de nuit, rue de TocqusvJie.
projet de réforme du régime des prisons : « Le nombre des délinquants s'accroit cinq fois plus vire que celui des citoyens, » et il attribuait une des causes de ce ficau au système pénitentiaire. « Les prisons, disait-il, ont cessé d'être intimidantes, sans devenir réformatrices. » Plus que jamais ce langage se trouve Justifié. ' L'homme que ses crimes amènent devant la justice est déjà perdu par son éducation première et l'influence du milieu, les tribunaux le condamnent, et ils ont raison, l'administration le reçoit de leurs mains déj.i mauvais et quelque temps après le Icm- rend
LES FRISONS DH PARIS
détestable ; il se fait ainsi un perpétuel échange entre la justice et les prisons, jusqu'au jour où le criminel arrive au sommet de sa route^ c'est-à-dire à l'échafaud ou au bagne.
Tout en cherchant le progrès, gardons- nous des illusions; la prison pourra être plus ou moins bien organisée, mais on ne doit pas compter sur elle pour réformer les mœurs; elle sera toujours un mal nécessaire, un de ces remèdes parfois mortels, dont il faut user le moins possible et avec un extrême discernement. Sans doute il ne peut venir à l'esprit d'aucune personne sensée de fermer demain toutes les prisons, sous le prétexte qu'elles sont impuissantes à corriger les malfaiteurs ; on assisterait au plus effroyable désordre, et il faudrait que chaque citoyen organisât, les armes à la main, sa défense personnelle dans sa maison fortement barricadée.
Tel homme qui fera étalage de philanthropie, qui trouvera de bon goût d'être pour le criminel contre la société, qui sera ravi de prendre en défaut le juge d'instruction, le président des assises ou l'avocat général, tendra les bras vers cette même justice, s'il est lui-mCme menace dans sa personne ou dans ses biens, ressemblant en cela aux gens qui ne sont libéraux que tant qu'ils sont dans l'opposition et il ne trouvera dans nos codes aucune loi assez rigoureuse pour le protéger; l'opinion tombe quelquefois à cet égard dans de bien amusantes contradictions; tous les jours elle fait comme ce journal où je voyais, à la première page, un article demandant l'adoucissement des peines, la suppression de la détention préventive, la diminution des pouvoirs du juge; puis, k la seconde page, on pouvait lire les réflexions suivantes, à propos d'un assassinat que de jeunes scélér.its venaient de commettre.
« II ne se passe pas de jour que nous n'ayons à enregistrer quelaues-uns de ces crimes cffroiables dont s'épouvante À bon droit
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l'opinion. Paris est devenu cent fois plus dangereux que ne Térait jadis la forêt de Bondy de sinistre mémoire, et l'on ne sait où^ s'arrêtera Taudace des assassins; à la lecture quotidienne de ces monstrueux attentats, l'inquiétude se répand dans les familles qui ne se sentent pas prot^ées par la force publique et qui ne savent pas comment se protéger elles-mêmes. »
Les plus grands humanitaires seraient les premiers désolés si on supprimait les prisons; ce qu'il faut éviter, c'est l'abus; étant admis, et je crois que la démonstration n'est plus à faire, que tes prisons rendent les coupables plus mauvais, il faut les y mettre le moins souvent possible et chercher pour certaines fautes un autre mode de pénalité.
Dans son traité de l'amélioration de la loi criminelle, un éminent magistrat, M. de Bonneville de Marsangy, a exprimé, il y a déjà bien longtemps, cette idée juste « que la peine privative de la liberté ne devrait jamais être prononcée lorsque la peine pécuniaire suffit à la répression ».
La prison est nécessaire toutes les fois que, par la liberté des coupables, la sécurité des personnes est compromise. Ainsi, il est bien entendu q.i'elle s'impose lorsqu'il s'agit de crimes, d'attentats contre les personnes, de violences contre les propriétés, mais dans d'autres circonstances, pour une foule de délits, elle cesse d'être nécessaire, car alors elle n'oflfre plus que l'inconvénient de faire entrer dans le monde corrompu des prisons un homme dont la £aute était légère et peut-être réparable.
Ne peut-on pas, par exemple, imaginer d'autres peines que la prison pour punir, lorsqu'ils ne présentent pas de gravité, un premier délit de vagabondage ou de mendicité, les délits de rébellion, d'outrages, de bris de scellés, de dégradation de monu-
ments publics, de port illégal de décorations, de blessure, dliomîcide, d'incendie involontaire, d'adultère, de dénonciation calomnieuse, de révélation de secret professionnel, de détournement d'objets saisis, de banqueroute simple, de faux témoignage en matière civile, de tenue de maisons de jeux, de tromperie sur la marchandise, d'ivresse, de délits ayant dégénéré en contraventions de simple police, et bien d'autres encore.
Est-il bien nécessaire, par exemple, d*entretenîr à Sainte- Pélagie un quartier pour les délits de presse, et de nourrir aux frais de l'Etat, pendant un temps plus ou moins long, quelque pau\Te diable de gérant à peine capable de lire l'article qu'on lui a fait signer; quant aux écrivains, depuis le plus grand des penseurs jusqu'au dernier des pornographes modernes, peut-on €n cher un seul qui se soit vu diminué ou converti par une condamnation; elle ne sert en général qu'à le rendre plus célèbre ou plus violent et à mieux faire vendre son livre; Sainte-Pélagie n*a été le plus souvent ainsi que le chemin du pouvoir, et n'a empêché aucun gouvernement de périr lorsque, par ses fautes ou ses faiblesses, il avait lui-même préparé sa chute; quant aux particuliers victimes de diffamation, n'est-ce pas plutôt dans la constatation du mensonge, dans le retour en leur faveur de l'opinion publique mieux éclairée, dans la large réparation du préjudice causé qu'ils trouveront un véritable dédommagement?
Est-ce à dire qu'il faille laisser impunis tous les délits du genre de ceux que je viens d'indiquer à titre d'exemple? Pas le moins du monde. Il ne s'agit point d'affaiblir la répression, mais au contraire de la rendre plus pratique et plus eilîcace; il y a mille manières de frapper durement, dans leurs intérêts, les auteurs de ces délits ; nuis c'est une pénalité mauvaise que celle qui
expose un condamné, avant qu*il"s6it devenu un malfaiteur dangereux, à laisser dans la prison ce qu^il peut avoir de bon, et la société à voir se perdre, dans l'oisiveté des geôles, des forces qui ailleurs pourraient être utilisées.
On peut chercher l'équivalent de la prison dans des pénalités atteignant le coupable dans sa considération ou sa fortune; par exemple, l'admonition de l'ancien droit que l'Italie vient d'introduire dans son Code pénal; une déclaration de flétrissure ; l'afHchage du jugement; l'interdiction de séjour; la fermeture d'un établisse ment; la confiscation du matériel; la défense d'exercer certaines professions; la privation du droit électoral^ de certains droits civils? du permis de chasse; une augmentation de l'impôt, la prolongation du service militaire ; et des amendes, non pas de celles, tellement légères que le condamné les passe simplement au compte des profits et pertes, sans que le gain de sa coupable industrie soit le moins du monde amoindri; je veux parler d'amendes sérieuses, portant aux intérêts matériels une atteinte assez sensible pour qu'il faille, avant de la réparer, un long temps de travail et d'économie, et de fortes réparations civiles prenant la place de ces mesquines indemnités qui font si beau jeu aux condamnés, surtout en matière de diffamation.
Enfin, pourquoi ne pas songer à remplacer la prison par un certain nombre dé jours de travail personnel, par l'accomplissement d'une tâche déterminée , de même que le contribuable peut payer par des prestations en nature sa dette d'impôt. Le travail n'est-il pas le châtiment le plus utile aux autres et le plus moralisateur pour le coupable ? Bien souvent, dans les anciens règlements sur les mendiants, on trouve ces mots : « Us seront contraints à labourer, à besogner. — Tous les gens valides devront besogner
pour gagner leur vie. » Que de quartiers dans nos faubourgs seraient mieux tenus, si les bras qui restent inactifs dans les prisons étaient employés à des corvées' dans un intérêt général! On ne saurait dire que ces idées, que je me borne à formuler, soient des utopies. A Berlin, on se sert des prisonniers pour nettoyer les égouts, et, à Angoulême, on emploie, pour le balayage et l'arrosage des rues, les vagabonds et les mendiants qui viennent à la mairie demander un secours en nature ou une indemnité de route.
Il est aussi une importante catégorie, les mineurs de seize ans, pour lesquels la prison devrait complètement disparaître et être remplacée par la colonie, le travail en plein air, comme je Tai déjà dit en parlant de la petite Roquette.
Ne conviendrait-il pas d'aller plus loin encore ? Un des grands vices Je nos habitudes judiciaires, c'est la condamnation à une série de petites peines prononcées contre les malfaiteurs, avant de prendre à leur égard des mesures radicales, qui ne sont inutiles que parce qu'elles arrivent trop tard. On attend que les gens soient devenus incorrigibles pouressayer de les corriger; c'est par suite de ces hésitations, de ces atermoiements, que la reléj^ation est impuissante à arrêter les progrès du crime; il faudrait la féconder par les jeunes, on la stérilise par les vieux.
Lorsque dans une famille honorable un jeune homme se laisse entraîner dans une vie mauvaise, où il risque de perdre son avenir et l'honneur de son nom, on cherche à tourner son activité vers le bien, par l'aitraic des entreprises lointaines ou du service militaire; et plus d'une fois le mauvais sujet devient un homme utile et se conduit en brave.
On espérait que les relégués seraient les pionniers de la civili-
sation» surtout dans les colonies de peuplement; pour un peu oo aurait dit avec le sentimental Delille :
Enlevez ces brigands, rendez leur peine utile, Et qu'arrachant aux fers le remords vertueux, Le pardon change en bien des maux infructueux.
Le rapport qui vient d'être adressé au président de la République ne caciie pas les déceptions éprouvées; les colonies ont répondu par une 6n de non-recevoir et quelques chantiers établis à grands frais par l'Etat végètent misérablement, f Pour expliquer cet échec, facile à prévoir, il suffit de jeter les yeux sur le tableau concernant l'âge des relégués; du i8 novembre 1886 au 6 décembre 1887, trois convois, formant un total de 586 condamnés, sont partis pour la Guyane et la Nouvelle-Calédonie ; or, dans ce nombre, 20 seulement étaient âgés de moins de 25 ans,
■ on en comptait 218 de 41 à 50, et 119 de 51 à 60 ans. Non seulement ces individus étaient véritablement hors d'âge, mais le vice et le séjour prolongé de la prison les avaient complètement usés, et dans le tableau concernant le nombre de leurs condamnations antérieures, on voit que 5 9 seulement avaient moins de cinq H condamnations, que 207 en comptaient de II à 20, 107 de 21 à 30, 39 de 31 à 40, 12 de 41 à 50. En outre, 61 étaient estropiés et 241 avaient une santé faible ou mauvaise.
Les femmes, au nombre de 32, ne valaient pas mieux que les hommes, et le rapport déclare avec franchise : a II n'y a dans cette population féminine aucun élément de colonisation pour l'avenir; usées par la débauche, vieillies avant l'âge, elles seraient pour la plupart classées aux impotents. »
Tandis que les relégués profondément anémiés sont impropres
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à In vie coloniale, les forçais transportés au contraire sont bien plus aptes au travail parce que ce sont presque tous des jeunes gens robustes, dont la prison n'a pas altéré la santé et détruit Ténergie.
Ainsi d'un côté la colonisation par les relégués n'est possible qu'avec de jeunes condamnés, et d'autre part, la relégniion appliquée à temps peut empêcher un homme jeune de devenir un habitué de prison et un criminel; l'intérêt, bien entendu, de l'individu et celui de la société sont ici d'accord.
Pourquoi dès lors ne pas donner aux tribunaux la faculté, dans des cas à déterminer, de mettre à la disposition du gouvernement, soit pour être employés dans les colonies, soit pour être incorporés dans l'armée, les hommes de i6 à 25 ans. Duguesclin tie déd>it^na pas le concours des malandrins pour combattre les An* glais ; en enrégimentant les natures violentes et sanguinaires dans des corps spéciaux, on pourrait donner une dérivation naturelle â leurs mauvais instincts ; mieux vaudrait voir sur les frontières de Chine et dans les cHmats mortels ces jeunes clients de la prison que les honnêtes enfants dont les bras manquent à l'agriculture.
Les prisons ainsi dégarnies par une plus rare application de la peine d'emprisonnement et par l'utilisation aux travaux publics ou au service militaire d'un grand nombre de condamnés, âgés de moins de vingt-cinq ans, ne serviraient plus guère qu'aux condamnés pour crimes ou délits graves et aux individus n'étant plus utilisables, à raison de leur âge ou de leur santé ; les prisons seraient encore suffisamment pleines.
Leur organisation actuelle répondrait-t-elleaux légitimes exigences de la répression ? Trois éléments doivent se rencontrer dans la péna* lité : l'intimidation, la réparation, la moralisation.
L'emprisonnement ne peut intimider que s'il esc long et rigou-
reux. Aucune de ces conditions ne se rencontre dans nos prisons', c'est une trop grande indulgence qui entretient cette population flottante qui passe quinze jours, un mois dans les prisons, les encombrant d'êtres inutiles, sur lesquels on ne peut exercer la moindre action; les circonstances atténuantes ont cessé d'être une faveur accordée aux prévenus dignes d'un réel intérêt; elles sont devenues comme une clause de style qui se rencontre dans tous les jugements et, s'il fallait les motiver, le juge serait souvent fort embarrassé ; devant l'impuissance de ces petites peines, n'est-il pas permis de souhaiter qu'une atténuation ne puisse être accordée qu'à la première faute et que le maximum de la peine soit toujours appliqué dès la seconde.
Des lois nouvelles, espérant arrêter le progrès de la récidive par des mesures généreuses, sont venues diminuer encore la durée déjà si courte de l'emprisonnement.
En premier lieu la loi du 5 juin 1875, à laquelle d'éminents çriminalistes, M. le viconte d'Haussonville, M. Bérenger, M. Félix Voisin, M. Albert Desjardins, ont attaché leur nom, après avoir déclaré en principe que toutes les peines inférieures à un an et un jour seraient subies en cellule et que les condamnés à une peiné supérieure pourraient demander le même régime, a décidé que les peines de plus de trois mois, subies en cellule seraient de plein droit réduites d'un quart.
La pensée des auteurs de cette loi a été de protester contre la détestable promiscuité des prisons ; à cet égard elle fût une des belles œuvres de l'Assemblée nationale; mais en même temps il faut reconnaître qu'elle a fait à certains condamnés une situation bien favorable et que loin d'avoir ajouté aux sévérités du Code, elle les a plutôt adoucies; par un fait indépendant delà volonté du juge.
le condamné peut s'affranchir d'une partie de sa peine; si s'étani vu infliger plus d'un an et un jour, il demande la cellule, considérée comme une faveur, c'est assurément qu'il la trouve moins dure que le régime en commun; de telle sorte qu'elle a pour lui le double agrément de le soustraire à une vie qui lai aurait été pénible et d'abréger son temps de détention.
En second lieu, en mai 1885, une loi est venue accorder i tout condamné, même récidiviste, même relégué, ayant subi trois mois de prison, si la peine est inférieure à six mois, et la moitié si elle est supérieure, le bénéfice de la liberté conditionnelle, pendant le reste de sa peine. On a pensé que l'espérance de cette liberté l'exciterait à s'amender en même temps que la menace de réintégration le maintiendrait dans ses bonnes résolutions.
N'est-il pointa craindre qu'on ne se soit fait de gr.-indes illusions; d'abord tout ce qui atténue le jugement en dehors du droit de grâce qui, venant du sommet du pouvoir, s'impose par son origine même; tout ce qui réduit sans le concours du pouvoir judiciaire et souvent contre son opinion, la peine qu*il a prononcée, affaiblit son autorité; sur 515 libérations conditionnelles accordées de février ï juin 1888, 150 l'ont été contrairement à l'avis des parquets; les condamnés qui en ont bénéficié ont su nécessairement que la justice s'y était opposée et il ont eu la satisfaction d'avoir raison contre elle; le public dès lors peut se demander qui a tort de la magistrature ou de l'administration, et peut être serait-il plus rassuré si les jugements ne pouvaient être modifiés, surtout si rapidement, qu'avec l'assentiment de ceux qui les ont rendus.
Sans doute l'administration met à instruire les demandes des condamnés un soin minutieux ; mais n'est-il pas à craindre qu'elle ne se laisse dominer par des préoccupations d'un ordre trop spécial ;
on arrivera à ne considérer la liberté conditionnelle que comme un moyen de maintenir la discipline dans les prisons; il suffira qu'un condamné se soit bien conduit pendant trois mois pour que la liberté lui soit rendue, sans même que personne réponde de lui et le patrone; mais est-il possible de savoir si pendant une si courte épreuve il s'est véritablement amendé; n'est-ce pas avec raison que les législations étrangères, qui ont admis la libération conditionnelle, ne l'accordent qu'après que le condamné a subi un plus long emprisonnement, et qu'il a passé par une série d'épreuves, de stages, le rapprochant de plus en plus de la liberté ; le congrès de Stockholm en admettant en principe la liberté conditionnelle, la subordonnait à ces prudentes épreuves; « sous tout autre régime, disait-on, l'administration peut abuser du pouvoir dont elle dispose, et les condamnés agiront de manière à quitter la prison aussitôt que possible, en simulant un amendement qui n'est pas réel ». Ce sont souvent les plus mauvais, parce qu'ils sont les plus rusés, les plus hypocrites, qui ont la tenue la plus correcte, qui se font le mieux voir des sur* veillants; ce ne sont pas eux qui oublieront de les saluer, de se lever au commandement de : « Fixe ! » quand le directeur entre dans Tatelier, d'obéir aux moindres minuties du règlement; le détenu dont je citais ce mémoire où il disait que rien n'est plus facile que d'éviter les punitions, avait été condamné cinq fois ; rien ne ressemble moins au repentir que cette soumission rampante; au fond les sentiments restent les mêmes, et, comme le reptile, ne se replient que pour mieux se redresser.
Craintes chimériques, dit-on, puisque sur 1,361 libérations conditionnelles prononcées depuis la fin de 1885, début de l'application de la loi jusqu'au i" janvier 1888, la révocation n'a été prononcée que contre un seul ; est-ce que cela prouve le moins du monde que
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tous ces libérés se soient vraiment amendés et aient fait bon usage de leur liberté; comment pourrait-on le savoir, puisque la loi même qui leur accorde cette liberté a supprimé la surveillance de la police; tout ce qu'on peut dire, c'est qu'ils ont su ne pas se taire arrêter pour une nouvelle infraction à la loi pénale, pendant le temps où ils étaient sous le coup de la réintégration ; si cette menace est salutaire, même dans cette mesure restreinte, pourquoi la faire cesser quand le temps de la peine expire; pourquoi, par exemple, tout individu, ayant obtenu sa libération conditionnelle qui serait repris à une époque quelconque, ne devrail-U pas, cette fois sans espoir, subir en outre de sa peine nouvelle celle dont il avait été aâ'rancht par une faveur imméritée.
Enfin, la grâce vient encore abréger dans une proportion énorme la durée de la détention; elle a un peu perdu son caractère, elle est devenue un des rouages du régime pénitentiaire; elle n'est, dans la plupart des cas, que la récompense de l'obéissance à la discipline, et Tannée dernière, dans deux discours de rentrée approuvés par la chancellerie, des avocats généraux pouvaient dire : « Il n'est pas un membre du Parquet qui, au cours de sa carrière, n'ait eu à déplorer cette tendance malheureuse quipousse aujourd'hui tout condamné à ne considérer comme définitive la peine encourue, qu'après l'avoir soumise, en dernier ressort, àl'appréciation du chef de l'Etat » î sans elle, il est vrai, les prisons seraient trop pleines, il faut donner de la place aux nouveaux arrivants; « si on ne dégorgeait pas de temps en temps les prisons, on arriverait bientôt h avoir cent mille détenus, » a dit justement un magistrat ; il semble même que la grâce, bien qu'elle procure une libération délinitive, soit plus facile à obtenir que la liberté coudittoauelle, car elle est bien plus souvent accordée*
Tout condamné sait donc aujourd'hui qu'il a de grandes chances, sinon la certitude absolue de ne subir qu'une partie de sa peine, et, quand il s'entend condamner à un an, il peut se dire : « j'en ai pour six mois au plus. »
I L'emprisonnement a donc cessé d'être intimidant par sa durée; l*est-il encore par sa rigueur, pas davantage; les prévenus seuls ont le droit de récriminer, mais les réclamations des condamnés montrent bien que loin d'avoir à se plaindre, il leur est trop facile, notamment par la cantine, d'obtenir de grands adoucissements et de se faire une existence souvent meilleure que celle qu'ils auraient chez eux. Il ne faut donc pas s'étonner que bien des gens qui veulent avoir un abri contre les intempéries des saisons, cherchent les occasions daller en prison au lieu de les fuir; on a cité cet exemple d'un employé au babyage d'une prison qui, lorsqu'on le mettait en liberté, cachait son balai pour le retrouver au retour, et cet autre répondant aux reproches du président de se faire si souvent arrêter : « Que voulezvous, il faut bien se nettoyer de temps en temps. »
Le régime cellulaire prolongé est le seul moyen de rendre le châtiment redoutable; j'ai montré, en invoquant le témoignage des détenus eux-mêmes, que presque tous préfèrent la vie commune.
Le second élément de la peine, c'est la réparation ; la faute ne doit être considérée comme expiée qu'autant qu'on a satisfait à celui qui en a souffert; le crime porte atteinte à la société et à l'individu ; le préjudice causé à la société est réparé par la peine elle-même et par le paiement des frais, dans lesquels il serait juste de comprendre, hors le cas d'indigence constatée, les frais de nouiriture et d'entretien du condamné au lieu d'en faire peser la clur^c sur les honnêtes contribuables-
Le préjudice individuel est réparé par le paiement des dommages-
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intérêts; pendant longtemps, les Roniainsontvécusous une législation qui ne punissait pas autrement le coupable de vol que par l'obligation de la restitution du double, du triple ou du quadruple, selon les circonstances; aujourd'hui pour obtenir une réparation pécuniaire il faut se porter partie civile, prendre un avocat, s'exposer à supporter tous les frais du procès si le prévenu est acquitté; pour obtenir vingt-cinq fnincs de dommages intérêts, ce qui, dans certains tribunaux est déji un grand effort de sévérité, il faut dépenser au moins cent francs; toute condamnation devrait être accompagnée d'une satisfaction à la victime ; les dommages-intérêts, comme Tamende au profit de l'Etat, seraient alloués d'office, sur les réquisitions du ministère public et la justification du préjudice.
N'y a-t-il pas aussi quelque chose de choquant à voir le condamné obtenir une réduction de peine, avant qu'il ait réparé, au moins dans une certaine mesure, le dommage causé; par une disposition très morale du Code pénal nul ne peut obtenir sa réhabilitation s'il n'a désintéressé la partie lésée et n'en a obtenu quittance ; ce qu'on fait pour retrouver l'honneur ne pourrait-on le faire aussi bien pour retrouver la liberté?
Voici, par exemple, ce qui arrive tous les jours : Un financier quelconque a par des escroqueries fait un grand nombre de dupes, il est condamné à six mois de prison, il met ses ressources de côté, se fait séparer de biens et se moque bientôt de ses créanciers; comme tous les condamnés de ce genre, ii se conduit admirablement bien en prison; il est doux, obséquieux, il rend des petits services .\ la comptabilité, à la bibliothèque, à la pharmacie ; au bout de trois mois il obtient la liberté conditionnelle. On dit que les populations voient sans inquiétude les détenus jugés méritants s'établir au milieu d'elles avant l'époque de leur libération défini-
tive; je veux bien le croire; mais j'admets moins facilement que ! les pauvres plaignants trouvent bon de voir se promener en liberté avant la fin de sa peine celui qui les a dépouillés. La faveur, en bonne justice, doit suivre la réparation et non la précéder.
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Hospitalité de nuit, ^^oitoir Saîiit-Josepa.)
Enfin, le dernier élément de la peine, c*est la moraîîsatîon Les prisons n'intimident plus, elles n'imposent aucune réparation ont-elles au moins l'avantage de mor.iliser ?
L'accroissement de la récidive répond à cette question et le problème de la réforme pénitentiaire se pose toujours devant les hommes de bonne volonté.
On a pu voir par les exemples de Sainte-Pclagie, de la Santé et de Saint-Lazare, l'immense danger de la communauté. «Il faut avoir vécu pendant quelques années dans une maison d'emprisonnement
en commun à Paris, au milieu de la population vicieuse de cette maison, me disait un vieux gardien-chef, pour se rendre compte du degré d'ignominie oîi elle est tombée ; je crois et je suis convaincu ajoutait-il, avec son expérience éclairée par le bon sens, que la cellule est appelée h devenir le mode ordinaire et pratique de répression, que c'est le seul moyen de sauvegarder le condamné non récidiviste. * Alors même que par des sélections très bien faites, on parviendrait à établir comme le prescrit le règlement de 1883, des catégories Je détenus ne pouvant se nuire les uns aux autres, il y aura toujours cette camaraderie de prison qui vous poursuit jusqu'en liberté et rend si difficile une rupture complète avec le passé; d'un autre côté, la cellule, il faut bien le reconnaître, engourdit l'activité et prépare mal à la vie sociale dans laquelle le condamné est appelé à rentrer.
Malgré tout c'est elle encore qui paraît offrir le plus de chances à l'œuvre de moralisation ; la Belgique où elle est appliquée dans toute sa rigueur s'en trouve bien ; le nombre des récidivistes a diminué de 20 p. 100 et M. Sievens, inspecteur général des prisons de ce pays, a pu dire : « La prison qui avait reçu des coupables, a rendu à la société des hommes corrigés et instruits, capables de gagner leur pain, connaissant leurs devoirs, aimant Dieu et h patrie. »
Mais le régime cellulaire peut être pratiqué de bien des façons différentes ; si par exemple on enfermait un homme pendant de longues années dans les tristes cellules de Mazas, où il n y a ni air, ni soleil, ni espace suffisants, il en sortirait probablement avec l'intelligence perdue et la santé détruite. II ne faut pas que la cellule soit triste, étouffée et sombre au point de ressembler à un tombeau en condamnant l'esprit à un marasme mortel ; )e ne saurais faire de comparaison eenire Is condamnés et les hommes qui par un acte
volontaire cherchent risolement pour se rapprocher de Dieu; mais le moine ne croit pas inutile de choisir pour y élever son cloître les plus admirables sites de la nature ; sainte Thérèse, la carmélite qui ne reculait devant aucune austérité, n'admettait qu'un seul luxe, le luxe d'une belle vue. « Il lui semblait secondaire, disait-elle, de couper une sardine en quatre, si l'on mangeait sa moitié de queue en regardant un joli paysage. »
Je n'en demanderai pas autant pour les détenus, mais dans une cellule sans air, sans le plus petit horizon, on arrive à ne plus penser, à mener une vie absolument végétative, en même temps les chairs s'amollissent, l'anémie envahit l'organisme, le cerveau devient rebelle aux efiorts de la pensée; je voudrais que, sauf pour les prévenus, il n'y eût pas une seule prison dans Paris; il faut dans les cellules, au lieu de ces petites ouvertures garnies de verres dépolis, des fenêtres laissant apercevoir un coin du ciel et entrei les rayons du soleil comme des messagers d'espérance et de consolation; dans les petits cabanons de Mazas on devine facilement quelles pensées malsaines peuvent suggérer ce jour gris et louche, cette atmosphère alourdie, à ces pauvres âmes déjà si courbées vers la matière par les habitudes de leur vie coupable, et à des corps qui sont condamnés à la mortification sans être soutenus par l'esprit de pénitence.
Mais si on se contentait d'améliorer les conditions matérielles de la cellule, de donner aux détenus des promenoirs où ils se sentiraient moins accablés par un pernicieux ennui, on n'aurait encore rien fait; ce qu'il faut avant tout c'est ouvrir la porte aux bonnes influences et y faire passer un souffle de vie; « la sociabilité, dit avec raison M. Ch. Lucas, est dans la nature de l'homme innocent ou coupable » ; il faut, même dans la cellule, donner une certaine
satisfaction à cet instinct; la solitude, dont les grandes infortune* et les esprits bien trempés peuvent seuls apprécier les bienfaits, est insupportable à la plupart des détenus; sous l'austère impression du silence, les grandes âmes s'élèvent et se purifient, les autres s'aigrissent et se dégradent; « la solitude, a-t-K)n dit, est la patrie des forts» ; « elle n'est habitable, disait aussi Balzac, que par l'homme de génie qui la remplit de ses idées, filles du monde spirituel;» or, en général, les prisonniers, captifs aussi de la chair et du sang, ne sont ni des génies, ni des âmes fortes; aussi la cellule ne peut produire de bons effets sur eux,, qu'à la condition de les mettre en perpétuel contact avec des personnes qui leur témoignent de l intérêt, les soutiennent par leurs exhortations et leur patronage, dissipent leurs préjugés et leur ouvrent sur h vie des horizons nouveaux. La cellule doit, en un mot, isoler de ce qui est mauvais pour pefmettre au bien d'exercer plus facilement son action.
Je ne m'étonne pas que son organisation actuelle ait provoqué un mouvement de réaction contre le système cellulaire lui-même, si préconisé dans ces dernières années, et que des fonctionnaires de l'administration puissent dire, comme je l'ai lu dans un mémoire d'un des inspecteurs des prisons : « 11 ne faut jamais avoir vu un détenu en cellule pour être partisan de l'isolement prolongé pen« dant plusieurs années. C'est oublier que l'homme est né sociable que d'accepter pour lui l'encellulement pendant plus d'un an. »
Mabillon qui, dès 1689, avait eu l'idée du système cellulaire qu'il proposait d'appliquer aux prisons ecclésiastiques, voulait qu'il fût mitigé par l'habitude d'un travail régulier et par des relations qui relèvent l'âme en la purifiant. Combien ces relation» sont-elles encore plus nécessaires sur des esprits grossiers, incapables de se suffire à eux-mêmes.
Le personnel de la prison est celui auquel revient tout d'abord ce devoir d'assistance à remplir auprès des condamnés, puisqu'il est en perpétuel contact avec eux ; mais il faut pour cela qu'aux qualités que possèdent déjà les gardiens on en ajoute quelques autres par une éducation spéciale; la Belgique qui depuis fort longtemps a porté à un très haut degré de perfection le régime de ses prisons, et organisé avec le plus grand soin le recrutement du personnel a établi des écoles normales pour former des gardiens. On songe à en fonder une à Melun. « On ne peut, disait dans un discours de rentrée sur la réforme pénitentiaire un avocat général de Bordeaux, M.Labroquère, nier l'utilité d'une école centrale ou seraient exercés les principes de la science pénitentiaire; les agents des prisons ne peuvent plus être les portes-clefs de l'ancien régime; déjà, ajoutait-il, on marche dans cette voie, le gouvernement a favorisé la fondation d'une congrégation de religieuses qui, sous le nom de sœurs pénitentiaires de Marie-Joseph, se consacrent exclusivement depuis 1841, avec le zèle le plus louable à l'œuvre des prisons. » Il est vrai que le rapporteur de la commission du budget, M. Millerand, rendant compte dans le journal « la Justice » de ce discours de rentrée, répondait : « La congrégation des sœurs pénitentes ne suffit pas, quant à nous, à combler nos vœux; mais il ne faut pas oublier que c'est dans un discours solennel de rentrée que sont exprimées ces vues; nos magistrats n'en sont pas pour la plupart encore venus à l'idée de laïcisation, il faut pardonner à un orateur de vouloir se ménager la bienveillance de son auditoire. » Mais, pour parler sérieusement, n'est-ce pas plutôt parce que le magistrat voit les choses de plus près et en dehors de tout système politique et de toute idée de parti, qu'il peut mieux que d^utres apprécier la valeur de certains dévouements ?
Devant les progrès du mal, alors que les plus optimistes s* écrictii comme M. Joseph Reinach, dans son livre sur « les récidivistes »>: « Depuis plus de trente ans, nous constatons la plus vaste gangrène criminelle dont la statistique historique ait jamais fait mention; devant un tel péril est-ce que toutes les bonnes volontés ne devraient pas être sollicitées, encouragées au lieu d'être combattues ou dédaignées. Au moment même où l'on se plaint que les gardiens soient incapables de moraliser les détenus, ou Ton songe avec raison à les instruire, à les munir d'un certificat d'études primaires, on cherche, par 1.1 plus étrange des contradictions, à supprimer l'élément religieux, à écarter les aumôniers; ils avaient un logement, on l'a supprimé ; il pouvaient aller d'eux-mêmes visiter les détenus, ils doivent maintenant aiicndre qu'on les appelle comme si jamais le repentir pouvait entrer de lui-même dans une conscience coupable; l'exercice de leur ministère est rendu impossible, on leur accorde sous forme d'indemnité un traitement dérisoire, qui ne peut suffire aux besoins essentiels de la vie la plus pauvre; l'aumônier de la Roquette est même obligé, les jours d'exécution, de payer de sa bourse la voiture qui lui est nécessaire pour être à la prison avant le lever du jour et pour accompagner ensuite le corps au cimetière; si les ministres du culte n'étaient soutenus par le sentiment du devoir, par l'espoir de faire encore un peu de bien, ils abandonneraient les prisons. Jusqu'à ce jour on avait pensé que la force de l'idée religieuse, dans le sens le plus étendu du mot, n'était pas à dédaigner et que mieux que toute autre elle était capable de pénétrer dans les cœurs endurcis par le vice; on avait toujours remarqué que les condamnés qui mouraient dans des sentiments de repentir étaient ceux dont l'aumônier s'était approché et que ceux qui jetaient, jusqu'au pied de Féchafaud, un cri de défi à la
société étaient au contraire ceux qui, comme Tun des derniers condamnés, repoussent le prêtre en lui disant : 0 Je ne crois plus rien, il n'y a plus de Dieu, laissez-moi tranquille ! »
« Uinitiative de la charité dans les prisons, écrivait en 1840 M. Hippolyte Carnot, dans un article sur le régime pénitentiaire, appartenait de droit aux chrétiens ; la législation se pénétra peu à peu de l'Evangile dont l'influence se fit particulièrement sentir dans l'organisation des prisons » ; toutes les philosophies, pourvu qu'un léger fil les rattachât encore à la croyance en Dieu, reconnais-, saient l'utilité du secours que trouvent dans les sentiments religieux ceux qui tentent de relever une âme tombée dans les fanges de la vie, et en même temps tous les peuples s'inspiraient de ces doctrines pour améliorer leur système pénitentiaire.
J'ai dit qu'à Nanterre il n'y avait même pas de chapelle ; à la G)nciergerie les accusés n'y sont jamais conduits; le 25 octobre 1887 sur le rapport de M. Millerand, la Chambre, résistant aux éloquentes adjurations de Mgr Freppel, a décidé qu'un catholique, dans notre siècle, n'avait pas besoin d'aller à la messe tous les dimanches, et qu'en conséquence il y avait lieu de supprimer l'aumônier et les. offices dans les prisons où on subit des peines de moins d'un an; on peut se demander alors dans quel intérêt l'administration inscrit sur les feuilles de signalement de chaque détenu la religion à laquelle il appartient.
« Nous sommes parfaitement convaincu, disait le D^Wines au congrès de Stockholm, dans un rapport sur les prisons d'Amérique, de l'inefficacité de toute mesure de relèvement autre que celles qui sont basées sur la religion, imprégnées de son esprit, fortifiées par son influence. » Cela se dit hautement dans la libre Amérique, cela se dit en Angleterre, en Allemagne, en Russie, en Belgique, dans bien
des pays; et beaucoup des gens le pensent encore eu France; on leur répond qu'il faut respecter la liberté de conscience; si c'est vraiment au nom de cette liberté, que les règlements prétendent défendre, aux ministres des cultes de visiter spontanément les détenus de leur religion, comment se fait-il qu'eu vertu du môme principe, on ne défende pas à l'instituteur de leur faire des conférences philosophiques ; la morale est du domaine de la conscience aussi bien que la religion, le bon sens ne comprend pas très bien comment une conscience sera plus sollicitée, plus troublée dans ses opinions et dans ses erreurs, parce qu'on lui parlera de Dieu eu même temps qu'on lui parlera de devoir. En réalité c'est dans l'intcréc de certaines doctrines et non par un respect exagéré de la liberté morale du prisonnier que Ton éloigne de lui Tinfluence religieuse.
Il y a assurément plus de grandeur, de libéralisme et de vérité dans ces autres paroles du rapport de M. Miilerand : « C'est en insistant comme nous l'avons fait, dit-il, sur l'action moralisatrice qui doit être la préoccupation dominante de tous les agents de radministration pénitentiaire, que nous avons marqué par là même, combien il serait désirable de voir toutes les bonnes volontés, en dehors même du personnel de la prison, collaborer à cette œuvre. » On ne peut qu'approuver cet appel à l'initiative privée, à la condition qu'il ne soit aiïaibli par aucune restric* tion intoléranie et que l'administration, dont les agents, malgré tout leur zèle, ne pourraient suffire à la visite quotidienne des cellulaires, ouvre largement les portes des prisons à tous ceux qui, offrant les conditions désirables de moralité, se présenteraient, nMmporte sous quel habit, pour exercer auprès du détenu, l'apostolat de la charité.
ft 11 est à désirer, avait déjà déclaré M. de Tocqueville, en
tt La fréquence des visites des personnes cliaritables, dit encore M. le pasteur Robin, peut seule rendre le système cellulaire praticable et réformateur. »
Je ne parle pas de la visite banale des philanthropes de théorie, je ne peux m'empêcher de penser à eux en lisant dans un mémoire d'un inspecteur des prisons de la Seine : » En ce qui concerne le concours de l'initiative privée on est malheureusement obligé de reconnaître qu'il est purement illusoire; les personnes étrangères à l'administration... deviennent généralement d'une réserve glaciale dès qu'il s* agit d'adoucir la situation du détenu et d'aider le personnel dans l'œuvre du relèvement dont il est chargé, cela est pénible à constater, mais cela est vrai. » Voilà comment se font juger par des hommes d'expérience les vaines démonstrations d'un zèle apparent qui se décourage à la première difficulté et ne se retrempe pas aux sources vraies de la charité.
Pourquoi dans d'autres pays ce concours des particuliers est-il mieux accepté dans la pratique; c'est qu'il est inspiré par la charité active. «En Amérique, disait devant la commission d'enquête parlementaire un homme d'une haute expérience, M. Stevens, il y a d'excellents visiteurs officieux, mais cela tient à ce que dans ce pays les hommes qui s'attachent à cette mission ont des sentiments Fcligieux. »
L'assistance du détenu et de sa famille, souvent bien misérable et bien exposée pendant le cours de sa captivité, est une œuvre magnifique qui nous manque; des hommes animés par un véritable esprit de dévouement et le sentiment exact des difficultés qui condamnent le libéré à retomber à la première occasion, ont bien fondé des sociétés de patronage qui rendent les plus signalés services et contribuent plus que les lois à combattre la récidive; mais
pendant sa détention, dans les tristesses, si souvent mauvaises conseillères, de ses heures de cellule, il est abandonné ; c'est là qu'il faudrait le voir, lui adresser des paroles de consolation, d'encouragement, lui témoigner de la compassion, l'entretenir de sa famille, lui en apporter des nouvelles, et par les marques d'intérêt qu'on lui donnerait, arriver peu à peu à éclairer sa conscience, à lui suggérer le repentir.
Paris compléterait admirablement l'ensemble de ses institutions charitables en reprenant la tradition interrompue de la visite des prisonniers. Déjà la Société pour l'amélioration des prisons créée en 1829 avait eu précisément pour objet d'intéresser les hommes du monde au soulagement des besoins matériels et moraux des prisonniers; elle avait nommé un conseil dont chaque membre appartenant au monde le plus élevé, avait pris une prison sous sa tutelle : le duc d'Albuféra était chargé de l'Abbaye; le duc de La Rochefoucauld, de Saint-Lazare; le duc de Broglie, de Saint-Denis; le marquis d'Aligre, de Villers-Gjtterets; le vicomte de Montmorency, de Sainte- Pélagie; le comte Chaptal, des Magdelonnettes; le comte Daru, de Bicètre; le baron Delessert, de la Force; le comte Bigot de Préameneu, du Dépôt; les classes élevées s'intéressaient ainsi directement au soulagement, à l'amélioration des coupables; le condamné ne se considérait pas comme un paria, voué à tout jamais à une vie criminelle, quand il sentait que les privilégiés de ce monde se préocupaient de son sort; c'est ainsi que le châtiment peut frapper sans avilir, que la haine peut s'apaiser dans les cœurs ulcérés et que les prisons peuvent rendre à la Société d'autres hommes que d'irréconciliables ennemis.
Mais pour faire converger tous ces efforts vers un même but, il faut qu'il y ait au sommet un pouvoir dirigeant ; plus ce pouvoir
sera près des condamnés, plus il sera apte à les bien connaître, plus son influence sera personnelle, persuasive, moins inflexible qu'une action administrative, étendant du nord au midi l'uniformité de son règlement. C'est pour cela que la Préfecture de police, à laquelle on a récemment retire en grande partie la direction des prisons de la Seine, pour la centraliser au ministère de l'intérieur, apportait peut-ôtre plus de souplesse dans ses rapports avec les détenus et une plus grande connaissance de leurs goûts, de leurs aptitudes; mais mieux encore que la Préfecture de police, exposée au soupçon de vouloir tirer un profit personnel de l'influence qu'elle pouvait avoir sur les détenus, le pouvoir judiciaire est à même d'exercer sur eux cette action tutélaire et moralisatrice.
Sans remonter jusqu'à Platon qui recommandait aux magistrats de visiter chaque jour les prisonniers pour les rendre meilleurs en leur enseignant à accepter leur châtiment comme une expiation, on a considéré dans tous les temps que le rôle du juge ne 6nissait pas avec le prononcé du jugement et qu'après avoir puni le crime il devait veiller sur le coupable ; cette œuvre lui revient de droit ou plutôt elle n'est que l'achèvement de sa mission sociale; c'est devant la justice que comparait tout d'abord le coupable; elle l'interroge, elle fait en lui la part du bien et du mal, elle le condamne avec plus ou moins de sévérité, selon qu'elle le juge plus ou moins dangereux et criminel; puis on le lui enlève et elle ne peut plus rien faire pour lui, son rôle est brusquement interrompu; du jour au lendemaioi elle passe du pouvoir presque souverain à une impuissance absolue;^ le moindre des gardiens devient le maître de l'homme qu'elle a condamné sans qu'elle ait à intervenir en quoi que ce soit en sa faveur, cependant il n'est détenu qu'en vertu de son jugement; ta veille, elle tenait son sort entre ses mains, elle pouvait le rendre
à la liberté, accorder à ses parents la permission de le voir; depuis qu'il est condamné, il devient la propriété de l'administration, et le plus élevé des magistrats ne serait pas capable de lui faire donner même une bouchée de pain.
Lorsque M. Stevens fut autorisé par le gouvernement belge à venir apporter à la commission de l'Assemblée nationale le témoignage de sa haute expérience, on lui demanda à quel ministère étaient rattachées les prisons : « Au ministère de la justice, » dit-il, et M. Babinet, conseiller à la Cour de cassation lui ayant fait cette autre question : « Trouvez-vous des avantages ou des inconvénients à être rattaché à ce ministère ? » Voici quelle fut sa réponse : « Les prisons dépendent du ministère de la justice depuis 1832, et nous ne voyons que des avantages dans ce système; grâce à lui tout se simpUfie et du jour au lendemain nous pouvons avoir des solu" tions sur les questions difficiles. »
L'un des membres de l'Assemblée nationale, M. Mettetal, dont le nom est resté si justement honoré, lui fit observer qu'en France les prisons doivent dépendre du Ministère de l'intérieur, parce que le service de la police judiciaire en dépend aussi ; c'est là précisément qu'est le vice capital de notre organisation ; c'est la magistrature en principe qui est chargée d'exercer l'action publique, de recevoir les plaintes des particuliers, d'ouvrir des informations, de réprimer en un mot les délits et les crimes par tous les moyens que la loi pénale met à sa disposition ; et cependant, par une singulière anomalie, source d'inconvénients, de scandales et de conflits de toute sorte, très préjudiciables aux intérêts publics, les agents qu'elle emploie ne dépendent pas du Ministère de la justice, mais de l'intérieur, de façon que son autorité est dépourvue de sanction et peut être méconnue; c'est le désordre.
Des hommes d'K-.it eux-mêraes l'ont si bien compris qu'ils ont soumis aux Chambres des projets de loi destinés à assurer à ia magistrature le moyen d'exercer souverainement, avec des agents â elle, le pouvoir que la loi lui donne ; les événements politiques ont toujours écarté ces projets au moment où II semblait qu'un courant d'opinion allait enfin les faire adopter, il faut souhaiter que le jour soit proche où ils aboutiront; plus les principes de la vraie Irbertc pénètrent les institutions d'un pays, plus on fortifie, plus on étend le domaine du pouvoir judiciaire ; s'il est vrai, comme le disait M. Mettetal, que les prisons ne relèvent de l'administration que parce que celle-ci tient dans ses mains le personnel de la police judiciaire, c'est une raison de plus pour se hâter de revenir a. l.i logique en mettant ce personnel sous l'autorité réelle et efficace de la magistrature; c'est s'exposer à faire perdre de vue au juge la grandeur de sa mission, c'est le réduire au rôle de machine à condamner, que de ne pas s'appuyer sur lui pour accomplir In plus belle partie de l'œuvre judiciaire, c'est-à-dire le relèvement du coupable ; on a dit que la justice était mal placée pour apprécier ce qui se passe dans les prisons; oui, assurément, si on lui en ferme les portes, si on l'écarté systématiquement, mais elle est bien mieux placée que l'administration pour savoir exactement ce que vaut au fond un condamné; quand un détenu arrive dans une prison, on ne connaît que son nom et sa peine, on ignore toutes les circonstances de passé, de famille, de milieu dans lesquelles sa faute a été commise, on ne peut l'apprécier que par sa vie de prisonnier; la justice au contraire a des éléments d'appréciation autrement sérieiut, elle peut dans des conditions se prêtant moins à la dissimulation ou à l'erreur, étudier le caractère, la vie, ia moralité du condamné, etmesuier exaciemeutle degré d intérêt dont il peut être di^ue.
Dans la plupart des Etats voisins, le service pénitentier fait partie de l'ensemble des services judiciaires, et dans la discussion de la loi sur la liberté conditionnelle, d'excellents esprits ont exprimé le vœu que ce système, si conforme à la raison, à la dignité de la justice, et aux intérêts de la société, soit appliqué en France.
La magistrature ne reculerait pas devant cette tâche que l'on réclame pour elle; ses procureurs généraux seraient les inspecteurs naturels des détenus, et chacun de ses membres les visiteurs et les protecteurs les plus autorisés ; elle trouverait un certain adoucissement à la rigueur de ses fonctions en pouvant continuer son œuvre de répression par une œuvre de patronage et de réformation.
J'ai dû me borner ici à exprimer des idées générales ; d'ailleurs les questions que soulève une visite dans les prisons sont si nombreuses qu'on ne saurait avoir la prétention de les traiter toutes en quelques pages ; les solutions ne sont pas faciles à trouver ; peutêtre même n'y en a-t-il pas de parfaites; je crois seulement qu'aucune ne saurait donner de bons résultats si elle ne s'appuyait sur cqs points essentiels : suppression de la prison pour tous les petits délits; — emprisonnement cellulaire très sévère et très prolongé pour les délits graves et les crimes; — application de la relégation sous des formes diverses aux jeunes condamnés ; — la correction remplaçant toujours la prison pour les mineurs de seize ans; — la cellule vivifiée par des influences morales et religieuses ; — le patronage du libéré ; — et enfin le châtiment et la réformation confiés aux mêmes mains au moyen du rattachement du service des prisons à la justice.
Mais quoi qu'on en fasse, le meilleur régime pénitentiaire ne sera jamais qu'un expédient ; ce n'est pas par lui qu'une société
sera guérie, bienheureuse encore si elle est à peu près prot^ contre le péril immédiat; la prison peut mettre le criminel dans Timpossibiliié de nuire, le dégoûter de recommencer, peut-être même avec des éléments nouveaux, le rendre meilleur au lieu de le pervertir; mais elle n'empêchera pas le crime de naître; on aura beau multiplier les geôles, les construire à grands frais, leraalnVn existera pas moins s'il n'est tari dans sa source même ; derrière le coupable qu'on aura enfermé dans une cellule, relégué dans de lointaines régions ou supprimé parla mort, il en arrivera d'autres, en bataillons serres, et il en sera ainsi tant que le crime trouvera dans nos mœurs sociales des conditions favorables i son développement. L'idée, aujourd'hui acceptée, glorifiée que la vie brutalement comprise et sans lendemain, n'est faite que pour la jouissance, a détruit dans bien des cœurs le sentiment du devoir, du sacriHce, du dévouement ; c'est de cette idée que sont nés tous les crimes; si notre destinée se borne au court espace de la vie, si nous ne devons jamais avoir d'autres juges que nos semblables, l'homme, qui s'abandonne à la fantaisie de ses passions, est dans le vrai; il a r^iison de jouir et de n'avoir nul souci de la moralité du voisin, aussi discutable qu'une question de goût et de couleur; on arrive ainsi ^ la négation de tout, au scepticisme hautain ou frivole; on se livre ï une course effrénée vers la satisfaction des appétits, et le seul obstacle dont on se préoccupe encore un peu, c'est le vieux gendarme ; autrefois la lutte pour la vie, suivant la formule à la mode, c'était, dans le sens élevé du mot, l'effort vers le bien, la victoire remportée sur soi-même, le beau, le noble combat où l'homme, créé pour rvpaudre la vie et non pour la détruire, se rend maître de ses passions dans ce qu'elles ont de contraire au devoir; aujourd'hui mieux vaudrait dire la lutte couire la vie ; ces ambitieux, ces viveurs, ces dé-
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Vallès, Paul Astier dans le drame de Daudet, ou qu'ils portent le nom de ces bandits vulgaires, que nous voyons tous les jours sur le banc des Assises, tous ces gens, avec leurs appétits égoïstes et sensuels, au lieu de participer au grand et perpétuel effort de la nature contre le mal, au lieu de jeter dans la lutte les forces vives et fécondes de leur jeunesse, apportent des germes de mort» des théories de décadents et des passions homicides.
La société, toute frivole qu'elle soit, se rend bien compte quand elle prend la peine d'y réfléchir, que par sa morale relâchée elle a déchaîné les ambitions, dispersé les foyers de résistance, engendré des milliers de déclassés et de scélérats ; or, comme il lui en coûte de l'avouer, elle cherche des excuses dans une fausse philosophie, elle écoute volontiers ceux qui lui disent que la liberté humaine n'existe pas, que les criminels au lieu d'être les produits d'un milieu corrompu ou d'une mauvaise éducation, sont des irresponsables et des malades.
Revenons à des idées plus iiobles et plus sages, c'est le seul moyen d'en finir avec le crime, et de dépeupler nos prisons qui regorgent; ne nous laissons envahir ni par des sophismes, ni par une sentimentalité trop naïve ; la tendance moderne à mêler la philosophie au crime, à le rendre presque intéressant, n'est, point bonne pour cette jeune génération qui grandit sous nos yeux, au milieu de toutes ces idées perfides, et dont les instincts livrés à leur violence commencent déjà à nous épouvanter ; c'est par de plus saines et de plus fortes doctrines qu'il faut la soutenir; que le crime reste toujours à nos yeux un acte détestable, ne diminuons pas l'horreur qu'il doit inspirer en admettant de trop commodes excuses et en introduisant des adoucissements excessifs dans la loi ; l'intérêt social et la morale réclament cette rigueur j elle o'empécbe
pas de concilier la justice avec la charité, et, sans avoir pour le mal des indulgences funestes, on peut tendre une main secourable à Thomme qui tombe, et qui, par un effort sincère, cherche à se relever.
i5j4. — Pratique judiciaire. Damhoudëre.
1682. — Si la torture est un moyen sûr de vérifier les crimes secrets, par Augustin Nicolas, conseiller du roi.
1689. — La réforme des prisons. Malillon, avec préface par Jadart.
1737. — Recueil sur le procès de Damiens, avec dessin provenant de la bibliothèque de Nicolas Berryer, garde des scesrax. (Bibl. Carnavalet.)
1751. — Journal de Barbier. Décembre.
1753. — Dictionnaire de police des Essarts.
1765. — Relation de la cérémonie â Bicétre à l'occasion du vœu des prisonniers pour la guérison du Dauphin. (Carnavalet.)
1787. — Dictionnaire de l'encyclopédie. V. Prisons.
178a. — Des lettres de cachet* Mirabeau.
1787. — Guide des amateurs: la Conciergerie, la Force. Thiety.
1788. — Des prisons, des hôpitaux. Howard.
1789. — Mémoires sur la Bastille. CoUectioa Banière.
1791. — Vie de Mi»* Anne-Charlotte Q^atremère, aïeule de Qpatremère de Qpincy.
Id. — Décret du 29 septembre sur le régime des prisons.
AnIU. — Almanach des prisons. Coissin.
An m. — Rapport et projet de décret sur la police intérieure des prisons présentés au nom du comité de législation, par Durand Maillasse.
An IV. — Visite des prisons de Philadelphie par un Européen. Le duc de Larochefoucauld-Liancourt.
Id. — Observations sur le mauvais état des prisons, par Thieurret-Grandpré.
An V. — Histoire des prisons sous la Révolution. Nougaret.
An IX. — Arrêté relatif i la nourriture des détenus.
An X. — Rapport de M. Frochot sur les moyens d'exécuter dans les prisons les lois relatives i leur établissement. 18 nivôse.
1808. — Exposé des motifs concernant la partie du code d'instruction criminelle relatif aux prisons (art. 6 jj à 618), par Real et Louvet. MoniUut des 6 et 16 déc.
1814. — De l'eniprisonncment individuel sous le rapport sanitaire. Warrentrapp. Id. — Histoire gL^néraledes prisons sous le règne de Bonaparte. Anonyme.
1819. — Ordonnance royale concernant la Sociclc des prisons. 9 avril.
1820. — Lettres sur Paris. Etienne.
1820. — Des prisons telles qu'elles sont et telles qu'elles devraient
Dr Villerniti.
1821. — Les prisons et leur r<iginie. Danjou. 1825. — Histoire de Paris. Dufaure.
1828. — Les prisons. Saint-Edme.
1829. — Mémoire sur les prisons. Delaborde. Id, — Rapport de M. de Martignac û la société royale des prisons. Id. — Le dernier jour d'un condamuti. Victor Hugo.
1831. ^ Histoire des colonies pdnales de r.A.ngleierre dans l'Australie, par
Emest de Blosseville.
i8j2. — Du système ptînitentiaire aux Etats-Unis. De Tocqueville et de Beaumont.
Id. — Du système pénitentiaire américain, par le D' Julius; traduit par M. V. Foucher.
1836. — La chaîne des conJ-^mnés aux travaux forcé), par LéoD Foucher. Rnme de Patis, 17 juin.
Id. ^- Bagnes, prisons et criminels. Appert. Id, — Sous les verrous. Hippolyte Riiinal. i8j7. — De l'état actuel des prisons en France. Moreau Christopae.
Id. — Du système pi^niientiaire et de ces conditions fondamentales. Aylics. i8j8. — La reforme des prisous. Léon Faucher. Id. — Splendeurs et misères des courtisanes. La Conciergerie:. Balzac. Id. — Opinion des conseils généraux sur les divers systèmes pénitentiaires.
Imprimerie royale.
Id, — De la réforme des prisons, par Moreau Christophe, Id, — Les cond.imnés et les piisons. V* de Courteilles.
1839. — Rapport au ministère de l'inicrieur sur les prisons d'Italie. Ccrfbcer. Id. — Communication sur quelques détenus cellules, Charles Lucas; voir
aussi théorie de l'emprisonnement ; du système pénitentiaire en Europe et aux Etats-Unis ; des moyens et des conditions d'une réforme pénitentiaire ; exposé des différents systèmes d'emprisonnement, etc. L'œuvre de M. C. Luicis est immense, elle résume tout le mouvement pénitentiaire depuis cinquante ans et ceux-li mêmes qui ne partagetit pas toutes ses idées doivent saluer en lui l'apûtre pcrsévémnt des théories libérales et humanitaires.
1840. — Rapport fait à la Chambre des députés sur le projet de loi tendant â
introduire une réforme dans le régime des prisons. 9 mai et 20 août. Id. — Examen du système pénitentiaire. De La Rocbefpucauld-Liancouu. Id. — Des prisons et des prisonniers, par Vingtrinier,
1840. — Souvenirs de Sainte-Pélagie. Le baron de Vertenil. Id. — Du régime cellulaire. Doublet de Boisthibauld.
1841. — Encyclopédie des gens du monde (voir Prisons). Hippolyte Camot. Id. — Règlement général sur les prisons. 30 octobre.
Id. — Les prisons de Paris, par un ancien détenu. Pierre Joigneaux.
Id. — Des peines et des prisons. Prince Oscar de Suède.
1842. — Essai sur les peines. Alamet.
1843. — Considérations sur l'influence de la religion dans les prisons, par
Tabbé Laroquc.
Id. — Projet de prison cellulaire. Blouet. Id. — Considérations sur la réclusion individuelle, par W. Suringar, traduit
du hollandais.
Id. — Histoire politique et anecdotique des prisons de la Seine. Barthélémy
Maurice.
Id. — Les femmes en prison. Notice snr les religieuses de Marie- Joseph.
M""» Malet.
Id. — Le régime cellulaire, discours de rentrée à la Cour d'Orléans, par
M. Daguenet, procureur général.
Id. — Discours de rentrée de M. de la Seiglière, procureur général à
Bordeaux.
1844. — Revue pénitentiaire et des institutions préventives, par Moreau Chris-
tophe. — Sa polémique avec M. Charles Lucas. Id. — Discussion du projet de loi sur les prisons. Moniteur du 18 mai. Id. — De la récidive, par Bonneville de Marsangy. Id. — Résumé sur le système pénitentiaire. Demetz. Id. — Voyage sentimental de Charles Dickens, au pénitencier de Philadelphie.
Magasin pittoresque n9 3 de 1844.
Id. — Coup d'oeil sur le système répressif et pénitentiaire des principaux
états de l'ancien et du nouveau monde. De la Farelle. 184$. — Réforme des prisons. Victor Lefranc. Id. — Les prisons de Paris. Albouy et Luine.
1846. — L'intérieur des prisons. Anonyme.
1847. — Hygiène physique et morale des prisons, par H. Bonnet.
1848. — Essai sur la discipline des prisons. Howe.
Id. — Essai sur la question du travail dans les prisons. Dubusqnet. . Id. — Mémoire sur l'utilité du système cellulaire. Mollet. 1850. — Des prisonniers, par Guillaume Ferrus.
Id, — Colonie de Mettray. Bertin.
1853. — Heures complètes du prisonnier, par l'abbé Jou vent. Id. — Note sur l'emprisonnement cellulaire, par Vidal. Id. — De la répression pénale, Bérenger (de la Dr6me). On peut dire qu'il n'est pas une seule réforme de nos Ids criminelles et pénitentiaires auxquelles n'ait été mêlé le nom du président Bérenger et de son
fik qui, si souvent au Stînat, a porté U parole avec éclat dans loutei
les questions se rattachant à la criminalité. Ethnûgr.iphie des prisons, par Marquet de Vasselot. Loi du }0 mni remplaçant les bagnes par la transportatioa. Lettre â M. X*'* sur remprisonnenient cellulaire. Lelut. Etude sur l'emprisonnement cellulaire. D' Faurc. Assistance et extinction de la mcndidté. Le Rat de Magnîtot. De Tassistance en province, cinq années de pratique, i86l. Rapports
du préfet au conseil général de la Nièvre, sessions iSjyi iSôi.Ou
même.
La folie pénitentiaire. Annales-médico-psychologiques. Etude sur Mazas, la folie pénitentiaire, par Pietra Santa. Tableau des prisons militaires en France et à Téirauger. Vidal. Le Chàtelet de Paris, par Desmaze.
Etude sur Mazas. Bcrriat Saint-Prix.
Reformes des prisons. Kdouard Ducpétiaux. Le régime cellulaire devant ses détracteurs. De la Baume. Saint Vincent de Paul, sa vie et ses œuvres. L'abbé Meynard. La réforme des prisons. Fernand Desportes. Le monde des coquins, par Moreau Christophe. La petite Roquette, par Anatole Corne.
L'hâtel des Haricots, par Albert deLasalle» avec dessins. Crimin.nlogia, par Garofiilo, Turin.
De l'application de l'emprisonnement individuel . Publication du
ministère de l'intérieur.
Les jeunes détenus à la Roquette. D' Dumesnil, Mettray, colonie pénitentiaire, par Bonneville de Marsangy. Une maison de correction en 1868. Marie Angélique. Sainte-Pélagie. Alfred Sir\'en.
Les condamnées de Saint-Lazare, par M"* de Grandpré. Prisons et détenus, par Anatole Corne.
Les prisons de France et le patronage des prisonniers. Le pasteur'
Robin.
Les Prisons sous la Révolution. Dauban. Du droit de punir. Emile de Girardin.
Enquête parlementaire sur le 18 mars. Déposition de M. Cresson,
ancien préfet de police, au sujet des repris de justice figurant dans
la garde nationale.
Enquête parlementaire de 1872. Rapport de MM. le vicomte d'Haus-
sonville et Félix Vosin, p. 6 et 8.
Rapport sur la mission de MM. d'Haussonville et Félix Voisin au sujet
des prisons de Hollande, de Belgique et de Suisse. Mémoires d'un détenu. Riouffe.
1873. — Rapport de M. d'Haussonville sur l'enquête parlementaire sur le
régime pénitentiaire.
1874. — Magnan, de l'alcoolisme.
Id. — Lu question du vagabondage, Homberq, conseiller à la Cour de Rouen.
1875. — Rapport présenté i la commission sur le régime des établissements
pénitentiaires privés et publics. Victor Boumat. Voir aussi Enquête sur les postes de police.
Id. — Adoption, éducation et correction des enfants pauvres, abandoimés, orphelins ou vicieux. Baron Charles Daru et Victor Bounut.
Id. •— Prisons et emprisonnement, par C. Breton.
Id. — Loi du 1$ juin 1875 remplaçant Temprisonnement en commun par le régime cellulaire ; cette loi n'a été exécutée que dans des proportions fort restrdntes, 20 prisons à peine sur 582 ayant été converties en prisons cellulaires.
Id. — La société moderne et les repris de justice, par de Lamarque.
Id. — Paris et ses organes, les prisons. Maxime Ducamp.
Id. — Du suicide et de l'aliénation mentale dans les prisons cellulaires. Lacour.
1876. — Du régime pénitentiaire. L'abbé Chanteret. Id. — La folie dite avec conscience. D^ Fournier.
Id. — Nos prisons et la magistrature. Laget Valderson.
Id. — Le régime des établissements pénitentiaires. Enquête parlementaire.
Id. — Les condamnés politiques en Nouvelle-Calédonie. Pascfaal, Grousset et Jourde.
2877. — Moeurs et usages du moyen âge, les prisons, par Paul Lacroix.
Id. — Enquête parlementaire sur les prisons. Déposition de M. Stevens*
1878. — Etude historique sur les prisons de la Seine, H. Regnault. Id. — De l'éducation correctionnelle. Prudhomme.
Id. — Etat actuel de la réforme pénitentiaire dans tous les pays civilisés.
Dr Wines, Congrès de Stockholm.
Id. — Histoire d'un crime. Mazas. Victor Hugo.
1879. — L'éducation préventive. Roussel.
Id. — La préfecture de police, par un vieux petit employé. Procès de la Lanterne.
1880. — La correction à Vilvorde, par Félix Leturc.
Id. — Journal Officiel, 2 mars. Projet de loi sur le non-discernement des
enfants.
Id. — Etude sur la détention préventive. Paul Bougon.
Id. — . L'éducation correctionnelle en Angleterre. Lajoye.
Id. — Souvenirs de prison et de bagne. Henri Brissac.
Id. — Dictionnaire d'architecture de Bosc, prison de la Santé avec plans.
Id. — Qpatre ans de prison par un détenu. M*»" de Gasparin.
Id. —
Hygiène des prisons. Van Drest.
Les femmes qui tuent et les femmes qtd volent ; crimes passionnels- Alexandre Dumas.
Les prisons de Paris. Jules Arboux.
Etude sur la conditioD du mineur devant la loi pénale (irdnçaisc, René
Qj-ierenet.
Statistique des prisons, Michon.
Broadmor criniinal lunalic asylum. D' Motet. La Vie à Paris. Les assassins blagueurs. Jules Claretie. Architecture des prisons cellulaires. OucpiJtiaux. Enquête du Sénat, relative à la protection de Tcniance. Th. Roussd. Lescihiers des Etats généraux en 1789 et la législation criminelle.
Albert Desjardins.
Le droit de tuer. Article du journal U Malin, 5 décembre. Des exécutions capitales. Galette des Tribunaux, aj décembre. La loi sur la protection de l'enfance devant le Sénat, par René
Querenet, La criminalité en France et en Italie. Bouniet. Lettre de M. Hippolyte Carnot contre la publicité des exécutions
capitales. Journal k Temps, décembre.
Souvenirs de la petite et de la grande Roquette. L'abbé Moreau. '
La libération conditionnelle, anictcs de M. Henry Prudbomme.
Galette des Tribunaux.
Beccaria et le droit pénal, par César Cantu, annoté par M. Lacoiow. Les récidivistes. Joseph Reinach.
Loi Waldeck-Rousseau sur les récidivistes. 27 mai. Messieurs les assassins. Alphonse Karr. Réimprimé en 1883, ches
Lévy.
Loi du 14 août 1885 sur la libération conditionnelle, sur la proposition
de M. Bérengcr. Moniteur des 28 décembre 1882. 3i juin et
15 août 1885.
De l'état anormal en France de la répression en matière de crimes
capitaux et des moyens d'y remédier» par Ch. Lucas. Actes du premier congrès international d'anthropologie criminelle
à Rome. V. aussi Lombroso. L'homme criminel et l'homme de
génie; l'école pénale italienne et ses principes fondamentaux, par
Ch. Lucas.
Règlement sur les prisons du 1 1 novembre. Moniteur du t6 novembre. Avis de ta cour de cassation sur le projet de loi rclatil à la suppression
de la publicité des exécutions capitales. Ga^etie des Tribunaux,
25 janvier.
Article sur les drconstances très atléauantes. Article de la Galette des
Tribunaux, 18 mars.
1885. — Les exécutions capitales. 12 mai. Journal la Liberté.
1886. — Comte d'Haussonville, études sociales, misères et remèdes. Id. -^ Traité pratique de l'administration des prisons.
Id. — Article de M. Bnrboux sur le traité de médecine légale, de M. Legrand du Saulle. Ga^^ette des Tribunaux^ 8 mai (crimes passionnels).
1887. — La police à Paris, son organisation, son fonctionnement, par un
rédacteur du Temps.
Id. — La réforme pénale et pénitentiaire. Discours de rentrée par M. Labro-
quère, avocat général à Bordeaux.
Id. — Décret rattachant les prisons de la Seine au ministère de l'intérieur.
28 juin.
Id. — Article de M. Millerand dans la Justice, sur la réforme pénitentiaire et
le discours de M. Labroquère. 20 décembre. Id. — Lettre de M. Taine au D"" Lombroso, sur la peine de mort. Publiée
dans les archives de psychiatrie.
Id. — Notes et renseignements à propos de la réorganisation des prisons de
la Seine. Louvard.
Id. — La conciergerie du palais de Justice. Eugène Pottet. Id. — Le monde des prisons, par l'abbé Georges Moreau, ancien aumônier
de la Grande Roquette.
Id. — Discours en faveur des prisonniers libérés. L'abbé Frémont. 17 août. Id. — Le droit de grâce. Article du Malin. 6 septembre. Jules Delafosse.
1888. — La réforme pénale, discours de rentrée à la cour de Rouen, par
M. Ad. Martin.
Id. — Rapport de M. Millerand, au nom de la commission du budget chargée d'examiner le projet de loi portant fixation des recettes et dépenses de l'exercice 1885. (Service des prisons, suppression des aumôniers. |
Id. — Une exécution capitale, dans un livre intitulé : Lydie. Henri Lavedan.
Id. — Les criminels et leurs grâces. Charles Desmare.
Id. — La libération conditionnelle. Discours de rentrée à la cour de Besançon, par Edouard Bloche.
Id. — Les signalements anthropométriques. Alphonse Bertillon.
Id. — Paris bienfaisant ; le patronage des libérés. Maxime Ducamp.
Id. — Criminalité comparée. Tarde.
Id. — Le crime. Etude sociale, par Henri Joly. — Voir aussi : Les lectures dans les prisons.
Id. — Des maisons de patronage à Paris. P. Flandin, Droit du 8 février.
Id. — Le monde des prisons, par Emile Gautier, ancien détenu. Articles dans les archives de l'anthropologie criminelle. 15 septembre et 15 décembre.
Id. — Une légende détruite; la Bastille. Victorien Sardou. Gaulois du 14 mars.
49a DOCUMENTS A CONSULTER
j888. — Journal iïUtstri du il novembre, article avec dessins lor la
Roquette.
Id. — Note sur l'application du système de la libération condidonneUe, i88^
A ]888. Ministère de l'intérieur.
Id. — Organisation du service médical à Suint-Lazare. Rapport de M. Her-
bette; arrête du 2i décembre; Moniteur du 17. Id. -^ Vie de saint Vincent de Paul, par M** Bougaud. Id. — Paris depuis son origine; la prison de Glauàa. De Ménorval. — Voir
aussi la Cité, par M. Cousin, dans Paris i travers lec Ages.
— Le travail pénitentiaire. Le Temps, jeudi 3j août. — Voir aussi, dans le même journal, les intéressants articles du professeur J. Levcillé.
— Education correctionnelle en Belgique, par Servin.
— Le devoir de punir, par M. Mouton.
— Article sur la Bastille et les recherches de M. Funck-Brentaao, par Hugues Leroux. Le Temps, du 12 juillet.
— Article de M. Ambroisc Rendu, sur les vagabonds. Le 5âb//, 38 juin, et 7 septembre, sur les récidivistes. — Voir aussi la série des nombreux et très intéressants articles de Jean de Nivelle (Canivct) sur les questions de criminalité.
— Protestation d'un détenu contre la photographie et l'anthroponiétrie obligatoires. Le journal UGaubii, 29 août.
— L'enseignement de la morale à l'école primaire. Analyse du nippon de M. Lichtcnberger, le Temps, 2t juillet.
— Article sur la Cour d'assises. La Fraita, Frédéric Sareey, i» juin.
— La vie â la Bastille, étude historique. Franck Breutauo.
— La question de la criminalité. Rivué dt la Rijoruu jmliciairt^ Victor Jeanvrot, numéro du 1 3 juillet.
— Les prisonniers de la Bastille. Article de M. Bégis dans VlntermfJiairt (Us dfcrcUnrs et cutieux, 10 avril.
^- Histoire de Bicétre, par le D^ Boumeville.
— Voltaire et le droit criminel Irançois. Article de M. Bourdetu, Journal des D^I'Jts, 9 mai.
— Les dégénérés dans les prisons. Emile Laurent. '^ Interpellation au sujet du régime des détenus politiques 1 S.iinke-Péla-
gie, discours de MM. Anatole de la Forge et Constans, Mmitn/r Ju 21 juin. Voir aussi la France du 9 décembre. Récits, par M. Nunu Gilly, de sa détention d Sainte-Pélagie.
— De la contagion du crime et de sa prophylaxie. Moreau de Tours.
— Considérations médico-légales sur les délits et les crimes commis sous l'influence de l'alcoolisme. Congres inieruadoual sur l'étude des questions relatives à rakoolismcj U' Motet.
— Du fouet comme instrument d'éducation chez nos boas aicux . Letira
DÔCliMENTS A CONSULTER 49}
d'Henri IV i Mne de Monglat; numéro du a$ octobre, Intermidiaire des curieux.