ABBAYE DE S A I NT- GERM A I N
Dix vers, de grâce, à l'Abbaye, En faveur de l'Abbé Pansu ;
Cet illustre b est issu 2
D'une royalle 3.
Ces trois Pyramides à jour ^*, Que je voy là tout à l'entour,
sorte que, selon que le vent souffle, l'eau qui tombe de la gueule du Dauphin tombe souvent sur le nez du Triton. (De Bl.)
• Il y a une petite vue de l'abbaye Saint-Germain-des-Prés lez-Paris, dessinée par Israël Silvestre vers 1655. Voy. la savante Histoire de cette abbaye, par dom Bouillard, dans laquelle on trouve des plans et des estampes qui représentent l'état du monastère au commencement du dix-huitième siècle.
2 L'abbé de S. Germain de ce tcms-là étoit de la maison de Verneuil, qui tire son origine de Henri IV et d'une de ses maîtresses, Henriette Balzac d'Entragues. (De Bl.) — Henri de Bourbon, que le poète appelle l'abbé Pansu, à cause de son gros ventre, était fils naturel de Henri IV. Il fut évoque de Metz, après avoir été abbé de S. Germain-des-Prés. Il mourut en 1682.
3 Variante de la réimpression de 1713 :
Ce brave prélat est issu De royalle galanterie.
'* Ces trois Pyramides sont les trois clochers pointus qui sont sur l'Kglise. (De Bl.) — Deux de ces clochers, qui s'élevaient de chaque côté de la nef, ont été démolis en 1820, parce qu'ils menaçaient ruine; on n'a conservé (jue le gros clocher du grand portail.
ou PARIS RIDICULE. 117
Me causent bien de la surprise ; Au nom de Dieu pourquoy met-on Trois clochers dessus une Eglise?
Un Cabaret n'a qu'un bouchon.
Enfin donc, puisque sans réserve Dessus tout nous satirisons, Allons aux Petites Maisons ^.
Faire un dernier effort de verve :
Par complaisance ou par pitié, Nous luy devons cette amitié, Dedans nostre mélancolie ; Car, après tout, où pourrions-nous Mieux achever nostre Folie, Que dedans la Maison des Fous ?
Maison ordinaire et commune Des Gens privez du sens commun, Fameux Hospital où chacun Recognoist pour Soleil la Lune :
' L'Hôpital des Fous, au bout du Fauxbourg Saint-Germain. On l'appelle ainsi à cause des petites loges oh l'on renferme ceux qui ont perdu le sens. Rien de plus commun à Paris que de dire d'une personne qui fait quelque folie, qu'il faut l'envoyer aux Petites Maisons. (De Bl.) — Ce vaste enclos est aujourd'hui l'Hospice des Ménages, rue de Sèvres. Voici comment l'abbé de MaroUes a caractérisé cet Hôpital, dans sa Description de Paris en quatrains ;
Los Petites-Maisons sont une belle chose : Elles font leur paroisse, et les lieux «ont si grands, Pour des foux infinis et pour de ^ ieilles gens. Qu'on ne voit rien aiU-urs de mieux que je propose.
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Célèbres Petites Maisons, C'est avec de bonnes raisons, Que ma Muse te rend hommage ; Mon mcstier veut cela de moy.
Car il n'est Poëtc si sage i, Qui ne tremble en parlant de toy !
Pour couronner noslre Satire En homme d'honneur et de bien, Disons que nous n'avons dit rien Au prix de ce que l'on peut dire :
Satisfaisons-nous toutesfois.
Et sans parler du mal François 2, Sonnons tout do bon la retraite; Quand il s'agiroit de pécher.
Prudence veut que l'on permette Ce qu'on ne sçauroit empescher.
GXXXIII
Adieu donc, Ville de Village, Seigneur Paris en Ëadaudois ^ !
' L'auteur veut dire que, pour être bon poète, il faut être un peu fou. Nos vieux Gaulois appelloient autrefois les poètes : Fatistes, d'où est venu le mot de Fat. J'ai vu autrefois à Paris un fou aux Petites-Maisons, qui faisoit de trèsjolis vers, dont il régaloit ceux qui vcnoient voir cet Hôpital. (Dk Bl.) *
2 L'auteur parle, en italien, du mal de Naples.
3 On appelle les Parisiens : i?.7cfai/Yv, et la campagne de Paris : le liadaudois, aussi bien que le langage qu'on y parle. Ce saubriquet leur a été donné, parce que le peuple de Paris
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J'en diray moins une autre fois, Ou bien j'en diray davantage :
Sans boire, c'est assez chanté; J'arrive au terme limité ^, Trois vers finissant ce Poëme ; Qui de trois paye un, reste deux :
Adieu, voici le pénultième ; Fais le dernier, si tu le peux?
s'attroupe facilement et s'amuse à regarder tout ce qui lui semble tant soit peu extraordinaire; ce qu'on appelle : «faire le Badaut. » Il y a de l'apparence que ce mot est dérivé des Bagaudes, qui étoient des paysans rebelles des environs de Paris, lesquels s'attroupèrent et firent beaucoup de ravage ; mais ils furent défaits et exterminés. On croit qu'ils étoient campés dans l'endroit oh est S. Maur des Fossés, qu'on appelloit autrefois Cantruin Bagaudarum. (De El.) ' Variante de la réimpression de 1713 :
J'arrive au terme limité :
J'ai fait ce que j'ai projeté.