‹ Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècle (volume 2)Chapitre 81 sur 159 · UN PALEGRE* QUI PLAIDE · texte numérisé non relu

UN PALEGRE* QUI PLAIDE

a Ardé, regarde bien, Monsieu, Je sis tout mouillé, car y pieu, Et si pourtant je vous apporte Une poule, le guiebe emporte !

Plaidez-moy fort bian et fort biau, Car je crevé dedans me piau.

Et je sis si fort en coleze, Que, pargué, je ne me puis taize, Voigeant mes brebis en prison !

Mergué, c'est une trahison D'un des beaux frezes de ma famé, Vouy, j'enrage dessus mon ame !

Boutez, gaignez-moi mon procez:

Si j'en pouvois voir le succez, Que j'en ayons les mains levées.

Et que mes brebis soient sauvées, Je vous fezé un biau présent.

Je sçay qu'où estes bien disant?

Allez, plaidez-moy bian ma cause.

C'est sur vous que je me repose. »

Cecy n'est-il pas bien boufon?

Ce pauvre pitaut se morfond, Et s'explique comme une beste, Suivant son Procureur nud teste.

Rustre, manant, villageois.

PARIS BIRLESQUE. 143

Passons, laissons-là ce uigaud.

Considère un peu ce sourdauti.

Comme diable il preste l'oreille?

Sans doute quelqu'un le conseille.

Dessus quelque procez qu'il a.

Approche icy, tien, tien, voilà

De quoy rire un demy quart d'heure !

Voy-tu bien celle-là qui pleure ?

C'est la femme d'un Armurier,

Qui voudroit se desmarier.

C'est bien la plus plaisante affaire

Que jamais femme ait voulu faire 2;

Vien donc, vien, vien, accours, accours.

Entendons un peu son discours.

La voilà desjà qui s'escrime,

Et qui fait passer pour un crime

La vieillesse de son mary :

Elle dit qu'il n'a jamais ry.

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