LA CROTTE DE PARIS
Juste Ciel, voilà bien des mouches-,
Et je suis un joly garçon!
J'en ay dessus mon polisson,
Pour barbouiller cent Scaramouches^ :
Ha ! mon habit est tout perdu !
Et je voudrois qu'il fut pendu,
(le Cocher, ce bougre incurable!
Surtout, que n'ay-je mon miroir?
Moy qui n'ay jamais veu le Diable,
Je serois ravy de me voir'*.
Mais ce ne sont là que des roses :
En voilà bien d'autres, vrayement !
J'en ay jusques au fondement, En faveur des métamorphoses ; Mes souliers, mes bas, mon manteau.
Mon colet, mes gands, mon chapeau,
^ La crotte de Paris avait une réputation proverbiale, à cause de sa couleur, de son odeur et de ses qualités corrosives. On appelait les écoliers de l'Université de Paris \esCrot es ou Croriz de Paris.
- C'est l'ordinaire des grandes villes d'ctre fort sales. Piome, Londres et Madrid ne le sont pas moins que l'aris, et, en été, la houe, convertie en poussière, y e.-^t encore plus insupportable. 11 n'y a que les villes de Hollande qui soient très-nettes, tant à cause des canaux qui y sont en quantité, que de la propreté des habitant, qui va souvent jusqu'à l'extrême. (De Bl.)
' L'acteur qui remplissait alors ce rôle dans la troupe italienne de Paris, était Tiherio Fiurelli : il passait pour le meilleur mime de son temps, et il eut l'honneur de donner des conseils, sinon des leçons à Molière. 11 mourut à Paris en 1094, âgé de quad.vingt-sept ans.
* Variantes de la réimpression de IT-lô :
Pourquoi nai-je point mon miro.r?...
Je prendrois plaisir ù le voir.
ou PARIS JîIUICULE. 37
Sont passez en même teinture, Et, dans Testât où je me voy.
Je me prendrois pour une ordure.
Si je ne me disois : C'est moy !
Il n'est ordure icy qui tienne :
Morbieu ! fange d'estron molet, Pour satisfaire mon valet, Il faut qu'il vous en ressouvienne !
Elixir d'excremens pourris, Maudites crottes de Paris, Brain de damnez abominables, Noire fecalle de l'Enfer, Noire mnçjenaude * du diable.
Do '
Le diable vous puisse estouffer!