LXXIX
Soit dit sans vous en rendre vaine.
C'est assez d'estre dessus vous :
On languit ailleurs après nous ; Faut un peu que je me promeine.
Gaignnns donc sans bruit le 3Iarais^, Et gardons pour là nos bons traits; Car enfin, si nous voulions croire Sur tout ce qui nous semble fat, Le bon Dieu n'auroit rien à faire Dans les valons de Josaphat ^.
EMBARAS DE LA f : O N F U ï^ 1 0 N DE PAHIS"*.
Mais que d'animaux domestiques, Que d'hommes, de chiens et de chats !
* Variante de la réimpression de 1715 :
Sans même trop taxer de crime Et la Kayade et ses Bavards, Que c'est le seul Dis léf;!time Qu'ils ont fait entre ce-;! bâtards.
- Le Marais était, à cet époque, le quartier de l'aristocratie et de la belle compagnie. Voy. les intéressants ouyragi à de M. Cousin sur la société l'rançai>»e au dix-se) tième siècle.
'' Cette strophe manque dans la réimpression de 1715.
* Voy. ci-après la ï^aliie des En:l)arras de Fa:is, par Boileau, avec les notes de l'rossette.
.SI LA CnnONIQUE SCANDALEUSE
Qu'ils font d'aimables entre-chats** Au milieu des places publiques !
Qui seroit le Saint à fester.
Qui s'empescheroitde pester Contre ces ridicules guises 2?
Pour moy, je veux en dire un mot :
Qui ne reprend jias les sottises Fait cognoistre qu'il n'est qu'un sot '"
Jamais, dedans une assemblée De deux cent mille combatans^.
On ne peut voir en même tems° Tant d'attirail et de meslée :
Que d'Insensez et que de Fouxl Tout est-il sans dessus dessous?
De tous costez, on me dit Gare^l Et je ne sçay duquel tourner :
Dans cet horrible tintamare, On n'entendroit pas Dieu tonner.
Que Ton voit courir au pourchas.
- Façons, manières de faire.
■' Cette stroplie, et quelques-unes des suivantes (81, 82, 84, 87 el 881 sont transposées dans la réimpression de 1713 et s'y trouvent placées au commencement du poëme.
* On fait monter le nombre des habitans de Paris à huit cent mille. Autrefois on parlc^it d'un million; mais on compte que, pendant la dernière guerre et la grande famine, il en est sorti ou péri la quatrième partie (De Bl.)
'^ Variante de la réimpression de 1713 :
On n'aperçut en même temps...
® Les Porteurs de Chaises et les Cocher> crient ainsi, pour avertir les passans de se retirer, afin de n'être point renversés, ou foulés aux pieds des chevaux; ce qui ne laisse pas néanmoins d'arriver assez souvent dans cette grande Ville. (De Bï..)
ou PARIS RIDICULE. 55
Que d'embarras, et que de crottes!
Je suis pris comme en un clapiei! ' .
0 ! que de Cavaliers à pied -, Faute de chevaux et de bottes !
Que ce vieux Chartier embourbé ^ Et ce Cocher masqué au bé ^, Parlent de Dieu souvent et viste î Prennent-ils plaisir à cela ?
Pour faire un tonneau d'eau-beniste.
Il faudroit bien de ces mots-là.
Quel plaisir de voir dans la rue Ces porteurs aux goussets puants, Et ces lacquais aux pieds suants, Se promener à pas de grue !
Tout est dans Texcez en ce lieu ; Personne n'y lient le milieu, Non pas la pauvre vertu même, Qui, pour y vivre en seureté.
Est contraincte par stratagème D'estre dedans Textremité ^.
* Traquenard, piège. Clapier signifiait aussi : mauvais lieu. ' Variante de la réimpression de 4713 :
0 ! que de fanfarons à pied !
■> 11 est passé en proverbe de dire : // jure comme un Chartié nnbourbé. (De Bl.)
* Ce vers nous rappelle celui de Vertvert, par Gresset :
F-es F et les B voltigeaient sur son bec. Variante de la réimpression de 1713:
Et ce jeune cocher garbé.
* Cette strophe manque dans la réimpression de 1713.
56 LA rHUuMQUR SCANDALEUSE