LE MAIL
Mais quel caprice nous transporte A la campagne sans besoin?
et arrosent d'eau bénite les lieux qu'on croit liabilés par les Démons, Esprits follets, etc.
' L'éôiliou de 1668, comme la réimpression de 1713, donne ici un vers faux qui se termine par un non sens : moines de Tlieaes. Nous avons rectiiié ce vers d'après une ancienne copie manuscrite.
- L'Auteur attaque ici le Gouvernement trop despotique, dont une de- premières maximes est de ruiner la iNoble^se. La France en sait plus de nouvelles qu'aucun autre royauuje. Dans les Provinces, les maisons des Gentilshommes de campagne sont fort dé labrées; aux environs de Paris, tout e?t beau et riant. (De Dl.)
^ Variante de la réimpression de 1715 :
Dans tous les Etats trop royaux.
Les Nobles sont dans des cliaunneres ;
Ici les Gueux dans des ciiàteaux.
* Le ilail, dont il est ici question, était établi à l'extrémité orientale des bâtiments de l'Arsenal, sur un bastion de pierre de forme irrégulière (tortue, comme s'exprihie l'auteur), qui fortifiait l'embouchure du fossé do la I5a.-lille. ( \. D.) — lly a plusieurs vues du -Mail, dessinées et gravées par Israël Silvestre. {VoijAe Catal. de son œuvre, p. MO. 15S et 157.)
LA n H 110 NIQUE SCANDALEUSE
IVoiis allons chercher Dieu bien U>iii, Et nous Tavons à nostre porte.
Ce Promenoir, qui sert de Jeu, Attend qu'on le caresse un peu :
On dit qu'il n'en est pas indigne ; Et que, d'arbres tout revestu ', Il scroit droit comme une ligne, S'il estoit un peu moins tortu.
Sur mon ame 1 la chose est vraye ;
Où diable avois-je mon esprit ?
Est-il quelqu'un qui ne le prît
Pour un petit bois de futaye ?
Si j'avois un peu de loisir,
Je voudiois avoir le plaisir
D'y fil ire un moment (Pexercice :
Ce sera, s'il pliist au bon Dieu,
Pour demain après le service :
Il faut tout fiiire en temps et lieu-.
Icy gist le bout de la Ville :
Allons aux Fauxbourgs maintenant :
iNous y serons incontinent; Avançons et suivons la file ; Sans pindariser, passons l'eau :
Ce Batelier dans ce bateau N'est pas pour entîler des peiles.
Nous voicy de l'autre costé ;
* Variante de la réimpression de 1715 :
El que de vieux ais revêtu.
* ( eUe slroplie manque dans la réimpression de 1715.
ou PARIS RIDICULE. 75
Preiis ta lliilte, et chinions kv^ intTles, Muse, en altendant nouveauté.
l>OUT-r.U YAI, ET .lANSEMS TES.
La Clialoujic est bien ;in ivée ; De la façon que je voy tout, Nous ne tomberons que debout Sur quelque nouvelle corvée; Cette lanniere de Renards*, Oui semble envier nos regards, A d'abord ce qu'elle pourchasse :
Les Gens qui la font tant priser
' Port-Royal. C'étoit une .\bbaye de religieuses de l'ordre de <'-ilc;iux. Elle fut transférée à Paris environ l'an 1625, sous les auspices de la reine Anne d'Autriche, par l'abbesse de ce tenis-là qui étoilde la famille d'Arnaud, et dont la mère avoit acheté la maison l't le jardin au fauxbourg S. Jacques, là on e?t à présent l*ortlioyal. Cette mère y fut religieuse avec ses six filles, et, comme les filles avoient abandonné le Port-Royal des Champs, deux petils-lils de cette dame Arnaud, nommés Le Maître, s'y retirèrent: Mr. Arnaud d'Andilly les suivit en lOii; ensuite le fameux Arnaud, docteur de Sorbonno, et plusieur;^ autres grands hommes. Ils défendoient la doctrine deJansénius, évcque d'Ypres, aussi bien que le célèbre Jean du Verger, abbé de S. Cyran, qu'on peut nommer le patriarche des Jansénistes. Ces Messieurs donnèrent plusieurs beaux ouvrages au public, qni sont tous fort estimés. Ils eurent une guerre continuelle avec les Jésuites qu'ils menoient tambour battant, de sorte que les bons enfans de Loyola furent ol)ligés d'employer leur toule-puissjnce pour faire dissiper par l'autorité du Roi les assemblées des Jansénistes, défendre leurs Ecoles, et les chasser de Port- Royal. Le point de controverse étoit sur la doctrine de la Grâce, Cet article a toujours été une pierre d'achopemeiU dans l'Eglise. Du temps de S. Augustin, les Pélagicns y échouèrent. Ceux qui vouloicnt trouver un milieu dans ces disputes furent taxés de Semipélai;ianisme. Les différends au sujet de la Grâce entre les DominicaiuN et les Jésuites ne sont pas encore tout à fait vidés, pour ne pas par'.er de ceux qui subsistent encore entre les Protcstans sur ce nii'-me point. (De Bl."*
74 LA CllllOMyLE .SCANDALEUSE
Font tout avec tant de Grâce, Qu'on ne leur en peut refuser *.