‹ Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècle (volume 3)Chapitre 35 sur 120 · LE CHASTEAU DE BISSESTRR · texte numérisé non relu

LE CHASTEAU DE BISSESTRR

Revenons dans ce lieu cliampestre Qui nous rit en éloignement :

Vostre valet, sans compliment !

Auguste Chasteau de Bissestre; Les Lutins et les Loups-garous

un Distique latin sur ce qu'il fut accusé d'avoir engrossé lo fi>mme (le chambre de madame de Saumaise. Voici ce Distique :

Galli ex concubitu gravidani le Pontia Jfori, Quis benè moratam morigeramque neget? (De El.)

* Cette stropbe manque dans la réimpression de 171o.

* Ce nom de Bicètre est corrompu de celui de Jean, évoque de Winchestre en Angleterre, à qui cette Maison appartenoit du tems que lesAngiois étoient maîtres de Paris et d'une grande partie de la France. Jean, duc de l'erri, de la maison royale, y fit Dàtirun Château que les Bouchers de Paris, suscités contre lui par le duc de Bourgogne, pillèrent et ruinèrent en 1-ill. On résolut, eu IGô'i, d'en faire un lieu pour recevoir les soldats estropiés; on y hâtit une maison magnifique avec une très-belle façade, une très-belle Chapelle, etc. Louis XllI y fonda une Commanderie. Aujourd'hui qu'on met les estropiés aux Invalides, on renferme es pauvres mendians dans Bicètre. (De Bl'i

70 LA CHRONIQUE SC, A M) A L i: USE

Reviennent-ils toujours * diez vous Faire la nuict leurs diableries?

Et les Sorciers, de suif graissez, N'y trainent-ils plus les voiries Des pendus et des trépassez - ?

Ils n'ont garde, les pauvres Diables, D'y revenir fourrer leurs nez^, Depuis que vous emprisonnez Les caimands * et les misérables ; Depuis qu'on vous nomme Hospital ■', 11 n'en est point d'assez brutal Qui l'ait osé choisir pour giste*' :

0! merveilleuse nouveauté!

Ce qu'on n'a peu par l'eau beniste ', On Ta fait par la pauvreté.

^ Variante de la réimpression de 1713 : encor.

- 11 faut voir, dans la Topographie fraiiçoise de Chatillon, l'aspect sinistre et imposant que présentaient les ruines de l'ancien château de liicêtre en 1633 : ces ruines servaient d'asile à une multitude de malfaiteurs, de gens sans aveu, qui avai(ml intérêt à faire croire que c'était un repaire de spectres et de démons. En 1652, le comte de Soissons dansa au Louvre, en présence du roi, le « ballet du chasteau de Bissêtrc et des personnes, animaux et esprits, auxquels il sert de rendez-vous la nuit. »

^ Variante de la réimpression de 1713 :

D'y venir remettre leurs nez.

* Mendiants.

* L'abbé de Marolles, dans sa Description de Paris, a rimé ce quatrain sur l'Hôpital Général :

L'Hospital General est une œuvre naissante, Qui délivre Paris de pauvres infinis , Dans des lieux spacieux, de tout si bien munis. Que cela peut passer toute sorte d'attente.

** Variante de la réimpression de 1713 :

Qui vous ait choisi pour son giste.

' Les Catholiques Romains l'ont desexorcismes ou conjurations,

ex

Tous vos gros Gueux en sont bien aises :

Jamais ils n'ont eu si bon temps;

Ils vivent là gais et contens,

Comme des moines de Foutaises*.

Four moy, dans ce Pais blessé,

Je croY que tout est renversé :

Qui vit jamais telles manières,

Dans les autres Estats Royaux?

Les Rois sont-ils dans des chaumières-,

Et les Gueux dedans des chasteaux ^?

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