PARIS RIDICULE. S
Cet illustre b est issu *
D'une royalle -
Ces trois Pyramides à jour ', Que je voy là tout à 1 entour, Me causent bien de la surprise :
Au nom de Dieu, pourquoy met-on Trois clochers dessus une Eglise' Un Cabaret n\i qu'un bouchon.
Enlin donc, puisque sans réserve Dessus tout nous satirisons, Allons aux Petites Maisons '*
Histoire de cette abbaye, par doni Bouillard, dans la(juelle on trouve des plans et des estampes qui repi'ésentent l'état du monastère au commencement du dis-buitième siècle.
* L'abbé de S. Germain de ce tcms-là étoit do la maison de Verneuil, qui tire son origine de Henri IV et d'une de ses maîtresses,Henriette Balzac d'Entragues. (De El.) — Henri de Bourbon, que le poëte appelle Vahhé Pansu, à cause de son gros ventre, était fils naturel de Henri IV. 11 fut évêque de Metz, après avoir été abbé de S. Germain-des-Prés. 11 mourut en lG8'-2.
* Variante de la réimpression de 1715 :
Ce brave prélat est issu De royalle galanterie.
' Ces trois Pyramides sont les trois clocbers pointus qui sont sur l'Eglise. De Bl.» — Deux de ces clocbers, qui s'élevaient de cbaque côté de la nef, ont été démolis en IS^O, parce qu'ils menaçaient ruine; on n'a conservé que le gros clocher du grand portail.
* L'Hôpital des Fous, au bout du Fauxbourg Saint-Germain ; on l'appelle ainsi à cause des petites loges où l'on renferme ceux qui ont perdu le sens. P»ien de plus commun à Paris, que de dire d'une personne qui fait quelque folie, qu'il faut l'envoyer aux Petites Maisons. (De Bl.i — Ce vaste enclos est aujourd'hui l'Hospice des Ménages, rue de Sèvres. Voici comment l'abbé de Marolles a caractérisé cet Hôpital, dans sa Description de Paris en quatrains :
Les Petites-Maisons sont une belle chose :
Elles (ont leur paroisse, et les lieux sont si grands.
84 LA CHRONIQUE 6CAÏSI» A LEUSE
Faire un dernier effort de verve :
Par complaisance ou par pitié, Nous luy devons cette amitié, Dedans nostre mélancolie ; Car, après tout, où pourrions-nous Mieux achever nostre Folie, Que dedans la Maison des Foux?
Maison ordinaire et commune Des Gens privez du sens commun.
Fameux Hospital où chacun Recognoit pour Soleil la Lune :
Célèbres Petites Maisons, C'est avec de bonnes raisons, Que ma Muse te rend hommage ; Mon mestier veut cela de moy, Car il n'est Poète si sage *, Q)ui ne tremble en parlant de toy !
Pour couronner nostre Satire En homme d'honneur et de bien, Disons que nous n';ivons dit rien Au prix de ce que Ton peut dire :
Satisfaisons-nous toutesfois, Et sans parler du mal François 2,
Pour des foux iniinis et pour de vieilles gens,
Qu'on ne voit rien ailleurs de mieux que je propose.
* I.'anteur veut dire que, pour ôlro bon porte, il faut être nn peu fou. Nos vieux Gaulois appelloiont autrefois )<'> poètes : Fatisles, d'où est venu le mot de Fat. J'ai vu autrefois à Paris un fou aux l'elites-Maisons, qui faisoit de très-jolis vers, dont il régaloil ("eux qui venoienl voir cet Hôpital. (De Bl.)
* L'auteur parle, en italien, du Mal de Naple^.
ou PARIS RIDlCri.F.. 85
Sonnons tout de bon la retraite ; Quand il s'agiroit de pécher, Prudence veut que l'on permette (]e qu'on ne sçauroit empesclier.
Adieu donc, Ville de Village, Seigneur Paris en Badaudois M J'en diray moins une autre fois.
Ou bien j'en diray davantage :
Sans boire, c'est assez chnnté; J'arrive au terme limité-, Trois vers finissant ce Poëme; Qui de trois paye un, reste deux Adieu, voicy le pénultième ; Fais le dernier, si tu le peux?
' On appelle les Parisiens : Badauls, et la campagne de Paris : le Badauiloh, aussi bien que le langage qu'on y parle. Ce saubriquet leur a été donné, parce que le peuple de Paris s'attroupe facilement et s'amuse à regarder tout ce qui lui semble tant soit peu extraordinaire; ce qu'on appelle : « l'aire le Badaut. » 11 y a de l'apparence que ce mot est dérive des Bagaudes, qui éloient des pfiysans rebelles des environs de Paris, lesquels s'altroupèrent et firent beaucoup de ravage; mais ils furent défaits et exterminés. On croit qu'ils étoient campés dans l'endroit où est S. Maur des Fossés, qu'on appolloit autrefois Castrum Bagautlannn. (De Bl.)
- Variante delà réimpression de 1713 :
Jarrive au terme limité :
J'ai fait ce que j'ai projette.