‹ Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècle (volume 3)Chapitre 63 sur 120 · A MONSIEUR DE LINGENDES · texte numérisé non relu

A MONSIEUR DE LINGENDES

qui ne cherche qu'à contribuer quelque chose pour vostre divertissement, je me suis advisé, comme vous n'estes pas au pays de nouvelles, de vous en envoyer quelques-unes. Ce sont celles, Monsieur, que vous trouverez imprimées dans ce Livre : Et quoy que ce ne soit pas d'aujourd'huy que vous seichiez tout ce qui se passe à Paris parmy le peuple, pcut-estre sercz-vous bien aise que celte peinture burlesque ^ous en fasse ressouvenir, et qu'elle serve à dissiper en quelque sorte vostre profonde mélancolie. Je sçay Itien qu'il me seroit plus séant de vous offrir quelque Discours de Morale, comme une chose plus conforme à vostre humeur, et plus prompte dans la conjoncture de vostre deiiil domestique ; n)ais que vous pourrois-je cscrire, Monsieur, que vous ne sçachiez mieux que ii.oy? et quelle consolation vous pourrois-je donner, qui valu^t ce que vous estes capable de donner vous-mesme? il vaut donc mieux, puisque celte folâteric poétique s'est échappi'c ces jours-cy de ma plume, que je prenne la liberté de vous la dédier. Elle ne peut arriver dans un temps plus favorable, puisque tous vos amis n'aspirent qu'à vous divertir, et qu'il y avoit longtemps d'ailleurs que je m'estois proposé de vous consacrer quelques-unes de mes veilles, comme à celuy de vostre illustre famille que j'honore plus parfaitement, à qui jay le plus d'oblirration, et de qui je suis avec toute sorte de respect,

Mon sic

Le tiès-humble et très-obéissant serviteur.

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