‹ Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècle (volume 3)Chapitre 82 sur 120 · LES ESTRENNES · texte numérisé non relu

LES ESTRENNES

Surtout vers la fin (]e Vannée,

Et lors qu'une nouvelle est née,

Il n'est point d'endroits à Paris,

Qui nVn soient doublement remplis.

Icy Ton v voit des oranges,

Dont le marchand fait des loiianges;

Là, toutes sortes d'almanachs

Enluminez de haut en bas.

Sur tous les sujets héroïques,

Et les actions magnifiques

Que mon Roy, qu'il faut respecter.

De nos jours a fait éclater * :

En ce lieu, on voit des taldettes

Toutes couvertes d'allumettes,

De petits pains, de harans secs.

Qu'on nomme des harans sorets.

De bouteilles, par cent rangées,

Que Ton a farcy de dragées

Pour estrenner petits et grands.

Et surtout les petits enfans.

Là le marchand qui songe au lucre

•Vend des petits hommes de sucre.

Des charettes et des chevaux

Qui ne souffrent pas grands travaux,

Et que, sans trouver trop estrange,

Un enfant à déjeuner mange ;

Icy ce sont des Gaulfriers

* On pul)liait alws tous les ans plusieurs p^rands almanaclis illustrés, en deux feuilles, qui repi'ésentaient les principaux faits historiques tle l'année précédente, dessinés et gi-avés par les plus habiles artistes. M. Hennin, dans sa curieuse collection d'estampes relatives à l'histoire de France, a rassemblé plus de trois cents de ces almanachs, qui étaient absolument inconnus, avant qu'il les eût, pour ainsi djre, découverts.

Avecque leurs petits foyers.

Et là, le peuple sot admire

Cent figures fûtes de cire,

Dont les pieds et les mains par ait

Branlent sur un fil de richart * :

Enfin, ce ne sont que boutiques,

Non de grandes pièces antiques,

Mais de divers petits bijoux

Que Ton a pour deux ou trois sous.

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