‹ Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècle (volume 4)Chapitre 100 sur 161 · UN PRISONNIER QUE L'ON A SAUVÉ · texte numérisé non relu

UN PRISONNIER QUE L'ON A SAUVÉ

J'apperçois une troupe armée, Et de fureur bien animée; Vois-tu le peuple qui. s'enfuit ?

C'est un Archer qui le poursuit, Et qui tient en main une espée, De boue et non de sang trempée:

Dieu ! combien de pousse-cus 2 , De Sergens qui n'en peuvent plus, D'Archers du grand Prévost de l'Isle 3 , Qui font un effort inutile Chez le Bourgeois, pour y trouver L'homme qu'il a fait esquiver, Et qu'ils voulaient, à ce qu'on crie, Mener à la Conciergerie,

» Cette prison est, je crois, la grosse tour, encore debout au coin des rues Saint-Martin et du Vertbois, tour à deux étages, flanquée vers l'est d'une tour plus étroite, qui contient un escalier à vis. Cette tour d'encoignure était jadis la Prison de l'abbaye; elle servait, sous Louis XIV, à renfermer les prisonniers pour dettes, comme l'indique la suite du récit. (A. B.)

2 Recors, agents subalternes de la justice consulaire.

8 Le prévôt général de l'Ile-de-France était un des officiers supérieurs du Châtelet de Paris. Il avait sous ses ordres une compagnie d'archers chargés de l'exécution des ordonnances du lieutenant civil.

Ou bien plustost à Sainct-Martin, Gomme un lieu propre et plus voisin.

Ils sont à plaindre, je te jure, D'avoir eschappé leur capture:

Mais, comme il n'est point criminel, Qu'aucun n'a point de coup mortel, Et n'est poursuivy que pour dette, C'est assez qu'il ait la venette, Et je le tiens un homme heureux De s'estre ainsi eschappé d'eux; Car s'il estoit près de ces drosles, Il luy cousteroit des pistoles, Et n'en seroit pas quitte encor, Pour de bons coups, avec son or.

Mais, puisque l'émeute est passée, Suivons la route commencée.

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