XVI AVERTISSEMENT
en France, et s'y vendirent sous le manteau. Leur rareté les fit rechercher davantage, et les copies manuscrites du poëme, plus ou moins tronquées, continuèrent à se multiplier. Un imprimeur de Paris, lequel n'eut garde de se nommer, osa faire une nouvelle édition du Paris ridicule avec des retranchements; cette édition, de format in-12, porte la date de 1672, et ne présente aucun nom de libraire, aucune indication de lieu d'impression : l'auteur est nommé Petit, sur le titre. Les exemplaires de cette édition française sont presque aussi rares que ceux de l'édition hollandaise.
Nous ne connaissons pas d'autre édition séparée de ce poëme , pendant le xvn e siècle , mais on le trouve à la fin du recueil satirique intitulé : le Tableau de la vie et du gouvernement des cardinaux Richelieu et Mazarin et de Colbert, etc. Cologne, P. Marteau, 1693, pet. in-8. Il y a aussi une réimpression du Paris ridicule, tellement différente des autres, tellement changée et modifiée, que nous ne nous bornerons pas à la citer ; elle est intitulée : la Vhronique critique et scandaleuse de Paris et de son oppresseur, avec Véloge des Jésuites, traduit de l'espagnol en français pour l'utilité du public. Carthagène, par Ignace Loyala (sic), imprimeur de la Sainte Inquisition, à l'enseigne de la Madona, 1702, in-12 de 43 pages, y compris le titre; mais le feuillet qui devait contenir la préface manque et fait une lacune dans la pagination. Cette édition comprend 152 strophes , parmi lesquelles on en compte plus de 40 qui n'appartiennent pas à Claude Le Petit, et qui ont été faites par un réfugié protestant, après la révocation de ledit de Nantes; quant au texte de l'auteur original, il a été partout remanié, rajeuni et adouci ; on en a retranché les strophes que l'éditeur jugeait impies ou licencieuses. Au reste, le but de cette réimpression est suffisamment indiqué dans 13 strophes nouvelles
de l'éditeur. xvh
^xvi à xxvni) qui ne sont qu'un débordement d'invectives contre Louis XIV, à propos de la place des Victoires,
Où. l'on érige en immortel Un roy qui détruit les autels Et les temples du Dieu de gloire.
Le poëme de Claude Le Petit reparut en 1703 dans un recueil imprimé à Rouen sous la rubrique de Rome, Paris et Madrid ridicules, avec des remarques historiques, et un recueil de poésies choisies, par M. de B... (Blainville) en Espagne [Paris, chez Pierre le Grand, 1713, in-12). M. de Blainville, auteur de Madrid ridicule, avait fait réimprimer, d'après un exemplaire « exactement corrigé, » le Paris ridicule, qui manquait totalement (on le conçoit bien) dans la librairie , et qui passait alors pour le chef-d'œuvre d'un poète auquel les connaisseurs accordaient beaucoup d'esprit et de verve. On peut attribuer à l'éditeur lui-même les corrections qui ont affaibli en divers * endroits le style de Claude Le Petit, sans parler de la suppression radicale d'une vingtaine de strophes que la première édition de 1668 avait admises. Quant aux remarques, quelques-unes sont intéressantes, d'autres erronées ou inutiles. Nous les avons pourtant conservées, la plupart, avec les variantes que présente cette édition corrigée.
Secousse attribuait à Bruzen de Lamartinière ces remarques et ces corrections, ainsi que les poésies qui les accompagnent. Quoi qu'il en soit, on réimprima le tout textuellement dans les Œuvres du sieur D... , en 1714, à Rouen, sous la rubrique d'Amsterdam et avec les noms des libraires Frisch et Bohm. Suivant Secousse, le sieur D... n'était autre que de Losme de Monchenay, qui avait vécu dans l'intimité de Boileau, et qui savait ainsi de bonne source l'histoire