LA CHAPELLE DU LOUVRE
Tous les Limousins de Limoge Ont-ils icy leurs rendez-vous?
Bonté divine, où sommes-nous?
Me prend-on pour un Alobroge ?
J'enrage tout vif en ma peau :
1 Le sieur de Blainville, en publiant ce poème d'après un manuscrit du temps, en 1713, ignorait absolument à quelle époque il avait été composé, car il croit expliquer ce vers par une note que nous conservons comme un témoignage de sa négligence d'éditeur : « Ce poëme fut composé vraisemblablement l'an 1672, lorsque le Roi fit la guerre aux Hollandois : il prit alors en un mois plus de trente villes. On voit une médaille, et aux Gobelins une tapisserie, où douze dos plus fortes places de la Hollande sont représentées en forme de Zodiaque autour du char du Soleil sous la figure du Roi, avec ces mots : Solisque Labores. »
2 Claude Le Petit, dans cette strophe et dans la précédente, semble vouloir dire que le jeune roi avait des habitudes honteuses, conformes aux goûts italiens du cardinal. C'est probablement une calomnie, mais on voit qu'elle avait cours dans le monde, et il faut la rapporter plus ou moins directement à la fameuse anecdote du bain, racontée dans les Mémoires de La Porte, valet de chambre de Louis XIV; anecdote qui laisserait entendre que le cardinal avait osé indignement attenter à la personne royale. Après la mort de Mazarin, La Porte eut l'audace d'écrire à la reine mère : « Je donnai avis à Votre Majesté, à Melun, en 1652, que le jour de la saint Jean, le Roi, dînant chez M. le cardinal, me commanda de lui faire apprêter son bain sur les six heures dans la rivière, ce que je fis, et le Roi, en arrivant, me parut triste et plus chagrin qu'à son ordinaire, et, comme nous le déshabillions, l'attentat manuel qu'on venait de commettre sur sa personne parut si visiblement, que Bontemps père et Moreau le virent comme moi. »
Cette rotonde, au plat coupeau l , Est-elle là pour braver Rome?...
Personne ne me répond rien?
J'ai mer ois autant voir un homme Dire : « Le Roy n'est pas chrestien 2 ! »