‹ Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècle (volume 4)Chapitre 29 sur 161 · LE PALAIS MAZARIN · texte numérisé non relu

LE PALAIS MAZARIN

La maison est assez jolie, Et la cage vaut bien l'oiseau;

1 La Fable raoonte que les Titans entassèrent des montagnes pour escalader l'Olympe, et, comme le dit Virgile [Georg. I) :

Ter suât conati imponere Pelio Ossa.

2 Pendant les guerres de Paris, les Frondeurs et autres ennemis du Cardinal l'accusoient d'avoir envoyé en Italie plusieurs mulets chargés d'or et d'argent. (De Bl.)

3 Variante de la réimpression de H 71 3 •* Porta.

Que le voisinage en est beau !

Il me semble estre en Ualie 1 ; 11 me chagrine seulement Que derrière celle d'Armand 2 Elle soit de cette manière ; Mais je m'estomaque de rien:

S'il est logé sur le derrière, N'est-il pas un Italien 3 ?

l'hostel de bourgongne *.

Célèbre Théâtre, où dix Garces

1 11 y a de très-belles maisons à l'entour de ce Palais, qui est bâti à l'italienne, soit pour le dehors, soit pour le dedans, étant rempli d'un très-grand nombre de tableaux et statues d'Italie d'un très-grand prix. Le duc Mazarin, bigot furieux s'il en fut jamais, a fait gâter et mutiler quantité de ces tableaux et statues, pour en couvrir les nudités. (De Bl.) — Tout le monde sait que la Bibliothèque nationale est installée aujourd'hui dans les bâtiments du palais du cardinal Mazarin, dont la façade, sur la rue Vivienne, a été restaurée depuis quelques années, ainsi que celle qui regarde la rue des Petits- Champs. (Voy. l'admirable ouvrage de M. le comte Léon de Laborde, intitulé : le Palais Mazarin.)

2 C'est-à-dire : derrière le Palais Cardinal.

3 Un capitaine suisse, se promenant dans Vincennes et voyant le tombeau du cardinal de Mazarin, y écrivit :

Ci glt un Poucre d'Italie,

Qui micassi mon Compenie. (De Bl.)

* C'étoit autrefois l'hôtel des anciens ducs de Bourgogne. Ils y logèrent ce qu'on appeloit anciennement des Jongleurs, et des Pèlerins revenant de visiter la Terre-Sainte, qui, par un zèle mal entendu, jouoient dévotement la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, en style moitié grave, moitié burlesque. Les Comédiens y ont ensuite représenté leurs pièces de théâtre pendant fort longtemps ; et, en dernier lieu, les Italiens, qui furent chassés pour des raisons trop longues à rapporter. (De Bl.) — Le théâtre de l'Hôtel de Bourgogne,

D'intrigues, avec dix Cocus 1 , Donnent autant de coups de. . .

Qu'elles représentent de farces 2 :

Vieil Jeu de paume déguisé 3 , Bordel public royalisé,.

Hostel, dans cette estrange terre, Si de toy seul je dis du bien,

situé dans la rue Françoise, avait été ouvert sans interruption depuis 1547, et la Confrérie de la Passion y avait donné des représentations, en vertu de ses anciens privilèges, jusqu'au commencement du dix-septième siècle. Ce fut à la fin du règne de Louis XIII que la troupe de l'hôtel de Bourgogne se plaça sous la protection immédiate du roi et que les comédiens s'intitulèrent Comédiens de Sa Majesté. On a lieu de s'étonner que Claude Le Petit, en parlant de ce célèbre théâtre, ait passé sous silence les autres troupes alors établies à Paris, notamment celle des Comédiens de Monsieur, qui jouait à la salle du Petit-Bourbon sous la direction de Molière; celle des Comédiens du Marais, au théâtre de l'Hôtel d'Argent, rue de la, Poterie; celle des Comédiens de Mademoiselle, etc.

1 A cette époque, la plupart des comédiens et des comédiennes se mariaient entre eux, sans mener pour cela une vie plus régulière. Ceux qui composaient la troupe de l'Hôtel de Bourgogne, en 1661, étaient Robert Guérin, dit Gros Guillaume, Floridor, Hugues Guérin, dit Gautier Garguille, Pierre Le Messier, dit Bellerose, Beauchâteau, Jodelet, L'Espy, Lenoir, etc.

2 On représentait encore des farces aussi indécentes que celles qui, dans le siècle précédent, avaient provoqué des mesures répressives de la part du Parlement de Paris. Ces farces, très-joyeuses et très- récréatives, servaient d'accompagnement à la grande pièce, tragédie ou comédie; elles n'ont pas été recueillies ni même imprimées.

3 La plupart des théâtres, à cette époque, avaient été des jeux de paume et pouvaient au besoin être rendus à leur ancien usage; aussi bien, en ce temps-là, les jeux de paume étaient construits comme des théâtres, avec deux ou trois rangs de grandes loges, où les spectateurs s'entassaient, pour suivre des yeux avec intérêt les péripéties de ce jeu que tout le monde aimait, les gens du peuple comme les gens de cour.

C'est à la charge qu'au parterre J'entrerai désormais pour rien 1 .

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