‹ Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècle (volume 4)Chapitre 74 sur 161 · LA VILLE DE PARIS · texte numérisé non relu

LA VILLE DE PARIS

EN VERS BURLESQUES

Ouy, Paris, fussé-je pendu, Quand on me Pauroit deffendu, Je Yeux, deussé-je tous déplaire, Décharger sur tous ma colère.

Commençons donc, Monsieur Paris, Quoy que vous emportiez le prix Sur toutes les Villes du monde ; Ma foy, je veux que Ton me tonde, Que Ton me berne, et qu'en un mot Que Ton me tienne pour un sot, Si jamais plus chez vous je rentre, Et je veux bien qu'un mal de ventre Me fasse courir i quinze jours, Que je sois velu comme un oure, Que le farcin avec la galle Fassent ma peau comme une malle Ou comme le cuir d'un bahu, Que je montre tousjours le eu, Et que malgré le vent de bise Je marche tousjours sans chemise ; Que je devienne aussi taigneux

* Aller souvent à la garde-robe; expression familière encore usitée.

Que le plus misérable gueux;

Que j'aye la teste pelée,

Que j'aye la barbe gelée,

Et qu'enfin tous les plus grands maux

Pénètrent jusques dans mes os,

Si jamais plus je vous aborde.

Page 1