‹ Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècle (volume 4)Chapitre 97 sur 161 · LA SECONDE PARTIE DE LA VILLE DE PARIS · texte numérisé non relu

LA SECONDE PARTIE DE LA VILLE DE PARIS

EN VERS BURLESQUES

Voicy le plus beau temps du monde ; Phœbus à la perruque blonde, Qu'Apollon Ton appelle en Vers, Ou plustost l'Œil de l'Univers, Par sa clarté chaude et seraine, Nous promet que cette semaine, Nous aurons un assez beau temps, Pour battre la semelle aux champs; Ou bien, sans aux champs faire gile *, Nous divertir dedans la Ville:

Toy, qu'en vérité je chéris, A qui j'ay fait voir tout Paris, Amy, si tu m'en voulois croire, Nous irions jusques à la Foire, J'entends la Foire Sainct-Laurens 2 , Ce grand Sainct qui guérit les dents, Et que tout le peuple reclame,

1 Faire gille, s'enfuir; expression proverbiale.

2 Cette ancienne foire, qui ne" durait que huit jours, dans l'origine, avait été prolongée successivement, depuis l'année 1616 ; elle s'ouvrait le 28 juin et finissait le 15 juillet; plus tard, elle resta ouverte pendant trois mois.

De bon cœur, et du fond de l'ame, Contre le mal presque enragé, Dont il se trouve soulagé, Dès qu'il a joint à ses prières Des offrandes et des lumières Et que dans son Temple fameux 1 , Il a fait quelque temps des vœux.

Déjà je connois à ta mine, Que tu voudrois payer chopine Du plus friand et du plus fin, De peur d'avoir mal en chemin:

Mais attendons encor à boire, Lorsque nous serons dans la Foire, Car, peut-estre, avant d'en sortir, Nous y pourrons nous divertir.

C'est le lieu de la goinfrerie, Le lieu de la galanterie, Où le temps se peut bien passer Si l'on veut argent débourser.

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