LES BABIOLES OU FOIRES D'EGLISES
Mais commençons une autre histoire, Et passons, si tu m'en veux croire, Au quartier Sainct Barthélémy-, Pour ne rien tenter à demy?
C'est aujourd'huy qu'on solemnise Le grand Patron de cette Eglise3.
Nous n'avons plus, pour y passer, Que cette rue à traverser.
1 II parait, d'après ce passage, que la fête de chaque pa-
de Paris donnait lieu à nue espèce de tare qui se tenait devant l'église et qi lait à dos fêtes de village.
2 L'île de la Cité ne formait qu'un seul quartier; ce que Colletet appi Me quartier Saint- Barthélémy d'>it s'entendi alentours de cette église qui était située vis-à-vis des Galeries du Palais, à I ae où se trouvait encore il y a vingt ans la salle de bal du Prado et où l'on a construit le Tribunal de commerce.
3 La fête du saint tombe le 24 août.
Vois-tu déjà des babioles,
Et mille sottises frivoles
Qu'on invente pour les enfans,
Agez de cinq, six ou sept ans,
Et des tableaux et des images,
Des chapelets pour les plus sages,
Des bouquets, du petit mestier,
Et pour Garguille, et pour Gautier,
Des Heures et des Exercices,
Du poivre blanc et des cpices,
Du p;iin d'épice et pain mouton1,
Qu'également je trouve bon,
Cent autres sortes de vétilles
Pour amuser garçons et filles,
Quand les mères sont en ce lieu,
Et les y mènent prier Dieu.
Ces boutiques, aux bonnes festes,
En tout temps sont toujours si prestes,
Qu'aux places et qu'aux carrefours
Le monde les y voit toujours.