‹ Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècleChapitre 123 sur 256 · LES AVEUGLES · texte numérisé non relu

LES AVEUGLES

Item, ceux qui n'ont point de veiie, Qui campent au coin d'une rue, Ces aveugles qui d'un haut ton, Frappant leurs boëtes du baston, Prosnent le Sainct à pleine teste, Oont ce jour là l'on fait la feste.

L'un dit : « Messieurs, n'oubliez pas lTn pauvre homme qui ne voit pas ! »

Et l'antre, afin qu'on s'en souvienne, Dit l'oraison et dit l'antienne, Ou de la Saincte ou du Patron, Auquel on a dévotion.

Surtout, ce qui le monde trouble C'est le tac lac qu'il fait d'un double,

Depuis trois heures du matin,

Contre le eu de son bassin :

De mon temps, je sçay bien un homme

(Qu'il n'est pas besoin que je nomme),

Qui d'un lieu sortit avec soin,

Car sa maison faisoit le coin

D'une rue' assez grande et belle,

Où deux Aveugles sur leur selle

Le rend oient si fort estourdy,

Du matin jusques à midy,

De leurs oraisons répétées,

Et de leurs aumosnes comptées,

Qu'il ne pouvoit ny sommeiller.

N'y dans l'estude travailler.

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