‹ Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècleChapitre 127 sur 256 · LE ROY QUI PASSE AVEC SES GARDES · texte numérisé non relu

LE ROY QUI PASSE AVEC SES GARDES

Mais regardons auparavant

Ce que tu n'as pas veu souvent :

Je voy le monde qui s'amasse

Pour voir nostre grand Roy qui passe1.

C'est un monarque si parfait !

Admire comme il est bien fait :

C'est un prince de bonne teste,

Qui se mocque de la tempeste,

Et qui plus généreux que Mars,

Feroit la barbe aux vieux Césars,

1 Depuis les barricades de i G48, la cour avait complètement abandonné Paris: elle résidait tantôt à Saint-Germainen-Laye, tantôt à Versailles, tantôt à Fontainebleau. Le roi ne faisait que traverser la capitale, et. quand il y touchait, il s'arrêtait au château des Tuileries.

Aux Scipions, aux Alexandres,

S'ils n'esloient point réduits en cendres.

Que ces Gardes, à son costé,

Donnent encor de majesté ;

Et ces deux rangs de Mousquetaires

A sa garde si nécessaires,

Ses cent Suisses qui bravement

Marchent vestus superbement,

La halebarde sur l'espaule

(Que l'on respecte dans la Gaule);

Ces pages et valets de pié,

Dont pas un n'est estropié,

Car il faut avoir bonnes jambes

(Je n'ay point de rimes en ambes),

Pour courir après le beau char

De Louis, plus grand que César !

Regarde encore son carosse,

Ces riches ligures en bosse,

Ces chevaux lestes et fringans,

Qu'on voit prendre le frein aux dents;

Sa suite nombreuse et charmante,

En pompeux habits éclatante,

Et ce cortège des plus beaux

De carosses et de chevaux ?

Voilà comme le Roy de France

Marche dans la magnificence :

Mais c'est encor bien autrement,

Quand c'est cérémonieusement ;

Un jour il adviendra, peut-estre,

Qu'ainsi tu le verras paroistre :

Lors tu seras ravy, je croy,

De voir triompher ce grand Roy .

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