‹ Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècleChapitre 128 sur 256 · LES GOBELINS · texte numérisé non relu

LES GOBELINS

Cependant, cher amy, que j'aime Pour le moins autant que moy-mesme, Puisqu'en faisant nostre grand tour, On est à la moitié du jour :

Las de trotter dedans la Ville, Me veux-tu croire? Faisons gille- (Aussi bien le temps est fort beau) Jusques au faux-bourg Saint-Marceau.

Je meurs d'y boire de la bière ; Va, condescens à ma prière :

Tu verras, en ces quartiers-là, De quoy, qui te divertira.

Je vcy, par ton signe de teste, Qu'à me suivre ton ame est preste.

Allons, tu me fais grand plaisir:

Depuis six mois, c'est mon désir.

D'icy, c'est une promenade Sur le fossé de l'Estrapade3, Et, tournant au bout du rempart, Nous descendrons vers Sainct-Medard ; De là, jusqu'à Saint-IIipolyte '',

1 On désignait sous ce nom tous les champs et les marais que traversait la peti delà Bièvre ou des Gobelins,

et qui n'étaient pas encore divisés en rues.

- Allons, avançons, gagnons du terrain.

3 Voy. la position de ce fossé el celle du rempart, dans la Dissertation archéologique de M. Bonnardot sur les anciennes enceintes de Paris.

4 Cette église, qui existait avant le onzième siècle, a été démolie pendant la Révolution; la rue qui porte son nom indique la place qu'elle occupait.

Où de bien dîner, je t'invite, Car dans ce lieu nous trouverons Tout ce que nous souhaiterons, Mais, en chemin faisant, regarde, Sans t'amuser à la moutarde...

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