‹ Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècleChapitre 17 sur 256 · XXII AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

XXII AVERTISSEMENT

pressions de ce poëme ; mais la continuation de Colletet forme toujours une partie séparée, avec titre particulier. Cette première édition du Tracas de Paris est un volume petit in-12 de 6 feuilles préliminaires et 84 pages, Paris, Antoine Ra/flé, 1666. Le privilège accordé à François Colleiet, en date du 16 avril 1658, pour l'impression de ses Muses illustres, nous apprend que le Tracas de Paris devait faire partie de ce recueil des Muses illustres, dont Colletet n'a fait paraître (ju'un seul volume [Paris, Louis Chamhoudry, 1658, in-12), composé de diverses poésies par différents auteurs. Antoine Rafflé réimprima plusieurs fois le Tracas de Paris jusqu'en 1689, et le rendit tellement populaire par ses éditions successives, que l'éditeur de la bibliothèque Bleue, Oudot, libraire-imprimeur à Troyes, n'hésita pas à le faire entrer dans cette collection avec la Ville de Paris, de Berthod. Les deux poèmes burlesques se réimprimèrent aussi souvent et aussi incorrectement l'un que l'autre. Nous avons eu sous les yeux une édition de 1699, une autre de 1705, une autre de 1714, sans date, à Troyes et se vendant à Paris, chez la veuve Nicolas Oudot, rue de la Vieille- Bouderie (in-12 de 4 feuilles à 87 pages, avec une approbation signée Passart), etc.

Le continuateur du poëme burlesque de Berthod, François Colletet, n'est guère plus connu que Claude Le Petit ; les biographes nous fournissent peu de détails sur sa vie. Il a composé pourtant un grand nombre d'ouvrages en tous genres ; mais ces ouvrages, dont aucun ne s'élève au-dessus du médiocre et du trivial, ne l'avaient même pas fait connaître de ses contemporains, puisque Baillet l'a confondu avec son père Guillaume, en parlant d'un seul Colletet dans les Jugements des savants. Furetière avait fait la même confusion dans un article de sou Dictionnaire. C'est à regret que les éditeurs de Moreri ont accordé quelques lignes à François Colletet ; et l'abbé Goujet lui a consacré une

DE L EDITEUR. XXHI

courte notice dans le tome XVI de la Bibliothèque française. Voici en quels termes Viollet-Lc-Duc a résumé ce qu'on sait de la vie de ce Colletet, dans un article de sa Bibliothèque portique : « François Colletet, fils de Guillaume, né à Paris en 1628, fut élève de son père, mauvais poète, mais bon littérateur, qui composa pour François plusieurs traités compris dan-> sou Art poétique.' » François fit sans doute peu d'honneur à son père, mais il fut reconnaissant. Laissons parler Tallemant des Réaux, dans son historiette de Guillaume Colletet: a Pour son fils, il l'a toujours pris pour quelque chose de merveilleux, et, dans l'élégie sur la naissance de M. le Dauphin, il l'offre à ce prince; ce fils pourtant n'est qu'un dadais. Un jour, je ne sais en quelle compagnie, il lui dit : Saluez ces dames. Il les salua toutes, et puis il dit: Mou père, j'ai fait, etc.» François parait avoir été militaire, car, fait prisonnier par les Espagnols en 1651, et conduit en Espagne, il y subit trois ans de captivité. Il vécut et mourut fort pauvre en 1672. Certes, dans la prodigieuse quantité de vers composés par François Colletet, il était bien facile de trouver matière à satire, et l'on regrette que Boileau ne se soit attaché qu à la misère de ce malheureux. D

C'est dans sa première satire que Boileau a représenté la misère de Colletet, qui est restée proverbiale, grâce à ces deux vers :

Tandis que Colletet, crotté jusqu'à l'échiné, S'en va chercher son pain de cuisine en cuisine.

« II y avoit ainsi dans la première édition, dit une note de Brossette relative à ce passage; mais depuis, à la prière de M. Ogier, ami de Colletet, on mit Pelletier pour Colletet. « Jamais personne ne fut moins « parasite, dit Richelet [Traité delà versification fran- « çaise, page 146), que le bonhomme Du Pelletier,

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