‹ Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècleChapitre 18 sur 256 · XXIV AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

XXIV AVERTISSEMENT

« lorsqu'il alloit se montrer en ville; c'étoit un vérita- « ble reclus. » C'est pourquoi l'auteur ingénieux de la Guerre des auteurs (Guéret, avocat, qui a fait aussi le Parnasse re/nnné, a fait parler ainsi Du Pelletier dans un sonnet.

Ou me traite de parasite,

Moi, qui plus reclus qu'un hermite,

Ne mangeai jamais chez autrui.

O fatalité sans seconde !

Faut-il qu'on déchire aujourd'hui

Celui qui loue tout le monde V

« Ce n'est que dans la dernière édition des Satires, que M. Despréaux remit le nom de Colletet ; et c'est François Colletet, fils de Guillaume, qu'il a voulu désigner: ils ont été poètes tous les deux. Guillaume Colletet n'avoit laissé que des dettes à son fils, qui ne les pava jamais et qui vécut misérablement à la solde des libraires. »

Il faisait, pour gagner quelques écus, des traductions et des compilations; son goût dominant le portait vers la poésie, mais alors, comme aujourd'hui, la poésie ne nourrissait pas le poëte le plus sobre. Il était toujours, comme Boileau l'a dépeint, « crotté jusqu'à l'échiné, » et il ne fréquentait guère que les cabarets, ou il se trouvait en compagnie d'autres poètes aussi gueux que lui, tels que Charles de Beys, Du Pelletier, Loret, etc. Il prenait gaiement son parti contre la misère, d'après les leçons et l'exemple de son père. Voici comment il a fait le tableau de sa détresse, dans son élégie bouffonne de la Muse bernée :

Je languis, je gèle de froid ; Eu ton- temps V mois de décembre Loge avec moy dedans ma chambre ; Je suis toujours, comme tu vois, Sans feu, sans chandelle et sans bois ; Toujours l'indigence m'accable.;.

Mon sort est un sort déplorable...

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