‹ Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècleChapitre 23 sur 256 · LES COURTISANS · texte numérisé non relu

LES COURTISANS

Ces beaux Messieurs qui se promeiuent Dans cette cour autour de nous,

Louvre, couvert moitié d'ardoise Et moitié couvert de vieux plomb, D'où vient qu'on voit ce pavillon Plus court que l'autre d'une toise ?

J'admire vos compartimens, Vos reliefs, vos soubassemens, Votre façade et vos corniches :

Rien n'y manque, hormis de graver Au-dessus de toutes vos niches :

Maison à louer pour l'hyver.

i La Chronique scandaleuse dit qu'une partie de ce Palais Tut couverte de plomb qui avoit déjà servi. Les bâtimens qui composent le Louvre ont été élevés par plusieurs Rois sur de différens modèles ; de là vient cette inégalité. Au reste, la façade de ce palais passe pour la plus magnifique de l'Europe. (De Bl.) — A l'époque où cette satire fut composée, vers 1661 ou 1662, la construction de la grande façade n'était pas encore commencée, d'après les plans de Claude Perrault.

2 Ce pavillon, plits court que l'autre d'une toise, est sans doute celui qui regardait le quai et qui avoisinait la galerie dite d'Apollon, moins haut que celui à dôme quadrangulaire qui s'élève au-dessus de l'aile de l'ouest. (A. B.)

3 Parce que la Cour n'y demeure plus, comme elle faisoit sous les autres Rois de France. (De Bl.)

OU TARIS RIDICULE. o~

Sont-ils exempts de ton courroux: ?

Regarde comme ils se démènent ' !

Ces honorables espions, Ces attrapeurs de pensions, Qui vont débitant la nouvelle'2, Méritent bien je ne sçay quoy ; Mais- comment leur faire querelle?

Ils sont sur le pavé du Roy 3.

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