‹ Paris ridicule et burlesque au dix-septième siècleChapitre 79 sur 256 · LES GALANTERIES DU PALAIS · texte numérisé non relu

LES GALANTERIES DU PALAIS

li puis, entrons dans le Palais1, Où nous verrons que Rabelais N'a point dit tant de raillerii Qu'il s'y l'ail de friponneries :

Nous y verrons de lins trompeurs, D'illustrissimes affronteurs.

Allons y voir la grande presse Des gens, allans, venans sans cesse, Qu'on y voit presque tous les jours :

Là, les courrelières d'amours Font mille tours de passe-passe.

Le mal s'y fait de bonne grâce :

Les plus sages y sont trompez.

J'en sçay qui furent attrapez, Allans, un jour, par raillerie, luire un tour de la Gallerie Du Palais-, où l'on fait ces coups.

« Çà, Monseu, qu'acchepterez-vous?

Dit une belle librairesse.

Venez voir une belle pièce, Les Hcroyncs de Pu Pose ;; ?

1 Voy. ci-dessus ! le, w- lv, imi, i- vu. et les

notes.

- Pierre Corneill 1634, une comédie qui porte ce

titre, |' 'lie. Cette paierie, qui a

subsisté, bien i m ancienne splendeur, jusqu'en

i v 32, se nommait ;ms>i la ('m' mde.

;i Cet ouvrage, intitulé comparées

J'ay les œuvres de Parabosc ' :

Tenez, voicy 17/ Venez icy, tenez, .Madame?

Voilà les œuvres de Caussin3; J'ai des Heures, de papier fin :

Elles sont à la Chanceliere4, l'ay la Cassandre toute entiei Voulez-vous les œuvres d'Arnaut'1 ?

J'ay bien icy ce qu'il vous faut.

Monseu, cherchez-vous quelcpie cl J'ay les pièces que Belle-rose Conservoit le plus chèrement :

Je les ay eu secrètement, Depuis qu'il est hors du Théâtre7.

d'abord en I6W i Ce - . ovvero

et Lettere réimprimés ai n traduits en

franc - /. S le pre-

d'Ablancou réimprimé.

/. ' vol. in-fol.), fat

réimpri -

1653) ; les autres oi recherc

i, imprimées avec des i plaires tirés

On appi papier à lettre

de grand format, adresse]

il fut réimprimé en -to'.

« Ce sont les ÛE d'Arnaud d'Andillj

l'Hôtel de i

Avez- vous veu sa Cleopastre ' ?

C'est une pièce qui ravit,

Sur tout quand Antoine la suit.

Voulez-vous voir la Galatée2?

La Niobé*, la PasiU

La .l/o/-< de César 5, Jodelet ''.

Le Ci/ina1, le Maistre raid,

Tout le recueil des Comédies ;

Voicy de belles Tragédies

Qu'on a faites depuis deux jours.

J'ay bien encore les Amours

I) ' Prince de la Grand'1 Bretagne9.

collection île pièces de théâtre, qu'il vendit longtemps avant sa mort, arrivée en 1070.

1 il y avait plusieurs ti ce nom. Celle dont il est

question re la Cléop iserade, dédiée au

cardinal de Richelieu, jouée et imprimée en 1636, in-4.

- La Galatée divinement esl une pastourelle en cinq

actes, de Jacques de Fonteny, confrère de la Passion; elle fut imprimée en 1587, dans un recueil intitulé : les Ressentiments de Jacques de Fonteny, pour sa Céleste, in- 12.

•'Tragédie en cinq actes el en vers, avec des chœurs, par le, imprimée en 1032. in-8.

'■ Tragi-comédie, de Pierre Troterel, sieur d'Aves, imprimée en 1624, in-8.

5 Quoiqu'il y eût plusieurs tragédies sur ce sujet, nous pensons qu'il s'ag repré-

succès et imprimer en 1636, in-4.

6 Le Jodelet ou le Maître valet, de Scarron, représenté et imprime en -10-55. in-4, a donné le type du personnage, lequel reparut depuis dans plusieurs autres pièces; mais, comme le Maître valet qui 1 I le vers suivan

être que cette même pièce, il faut que Berthod ait vou)

ici le Jo Le M ieur d'Ouville,

comédie imprimée en 1646, in-4.

ma de Pierre Corneille, représenté et imprimé en 1643, in-4.

Voici le titre de ce 1 oman : la Galatée ou les Aventures du prince Astyages, histoire de nostre temps où sous 1,0ms feints .sont représentez les amours du Roy et de la Rcyne d'Angleterre, par A. Keniy. Paris, 1025, in-8.

PARIS BURLESQUE. I !>j

Voicy les Essai* de Montagne '.

J'ay bien quelque chose de beau :

C'est Davla, couvert de veau.

Kn beau papier, beau caractère 2.

Monseu, voicy bien vostre affaire :

J'ay tout Rablais et l'Agrippa 3, Sans qu'il y manque un iota...

C'est pour porter à la pochette, Mais je von? le vends en cachette.

J'ay Charon, non pas des nouveaux :

Le mien est de ceux de Bourdeaux 4.

J'ay céans l'Histoire secrette5 :

C'est une pièce fort bien faite.

J'ay bien quelque chose de prix :

La Doctrine c esprits 8.

Monseu, si vous estiez un homme

1 Les Essais furent réimpriroi IG36 à

- Hist >ire des gu< . trad. de l'italien do

Davila, par Jean Ba ; . i in-fol.; plusieurs

réirap

3 Le Rabelais n'avait pas été réimprimé depuis le commencement du siècle, mais les anciennes éditions commi. endaient en cachi

même que le Baron de Fœneste, par \ - ■ ' ■•■

l'excellente édition de ce chef-d'œuvre, publiée par M. Méridans la Jlibl. I - M. Jannet.)

i i, l'émule de

Montaigne. Les édil s, 1601) renfer-

ment plusieurs passages qui s éditions de Paris.

N ls n'avons pas découvert quel était cet ouvrage.

6 Dort ri)!? curieu ips, combattue

par François Garasse (Paris. 1624, in-'.. Le sieur Ogier ayant répondu à c [ue par le Jugement et censure

du livre de /•'. . Garasse, la Faculté de . ■ intervint dans

le débat, et condamna comme scandaleux l'ouvrage du fougueux et mordant jésuite. On voit ici que tous les livres du e G -taient à l'index.

138 l'A RIS Bl

Pour y mettre une bonne somme, Je pourrois vous eu faire part :

Je l'ay dans un coin à l'escart. C'est bien une pièce fort bonne; C'est pour cela que la Sorbonne A. tretous nous a deffendu, Sous la peine d'estre pendu, D'en imprimer aucune chose :

Ainsi personne de nous n'ose Dire qu'il a ce livre i> Mais, pour celuy-là que voicy, C'est l'original, sur mon ame ! »

— « Approchez-vous icy, Madame'?

Là, voyez donc, venez, venez,

Voicy ce qu'il vous Tant, tenez !

Hit un autre .Marchand qui crie

Du milieu de la Gallerie.

J'ay de beaux masques, et de beaux clans,

De beaux mouchoirs, de beaux galans ! .

Venez icy, Mademoiselle,

J'ay de bellissime dentelle,

Des points coupez2 qui sont fort beaux,

De beaux estuis, de beaux cizeaux,

De la neige 3 des plus nouvelles;

J'av des cravates les plus belles,

Un manchon, un bel éventail,

Des pendans d'oreilles d'émail,

i On ! dos nœuds de rubans que les hommes et

les femmes de qualité attachaient à leurs habits. - Points d'Alençon et p enise, dentelles en appli-

:' Dentelle légère faite au métier,

Une coëffe de crapaudaille ; ;

J'ay île beaux ouvrages de paille. »

— « Monseu, dit un autre.

Ce qui ne se trouve qu' Des cousteaux à la Polonoi:

collets de buffle à l'Angl l'u castor qui vient du Japon.

Venez voir un feutre fort bon, 11 est excellent pour la pl:r-

st de ceux qu'on porte en Tui Des canons -, des bas Monseu, voulez- vous n

Mais escoutons cette marchande :

« Monseu, j'ay de belle Holande, Des manchettes, de beaux rabats, De beaux collets, de fort beaus Aelieptez-vous quelque chemise ?

Voicy de belle marchandise !

Venez, Monseu, venez à m Vous aurez bon marché, ma t'u ■

Allons, laissons la G-allerie, ■ us une autre droslcrie.

Vien, vien, suy-moy, passons icy.

Tu connoistras un :

De l'Enfer, en sa piperie :

Tu trouveras la tromperie

s Advocats, des Procureurs, Qui fourbent3 les pauvres plaideurs.

1 Corruption du mot crepodaille, crépon, gaze. - An: ■ jui jouent encore leui

dans 3 Trompent.

Hé bien ! non? voicy dans la salle ' : Dirois-tu pas que c'est la Halle ?

Escoute un peu quel beau sabat :

Regarde un Laquais qui se bat Contre un vendeur de pain d'espicc ?

Tien, tien, vois-tu pas un qui pisse Contre un pilier ? Ha ! par nia foy, Tout droit sous l'Image du Roy !

Regarde, voy ce pauvre Prestre, Accoudé sur cette fenestre, Tenant un fagot - de papiers, Qu'il montre h des fesse-cahiers :

Sans doute il plaide un bénéfice.

Mordy, voy donc ? escoute un Suisse, Comme il parle à son Rapporteur.

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