A MONSIEUR DE LINGENDES
qui vous touche, el qui ne cherche qu'à contribuer quelque chose pour vostre divertissement/ je me suis advisé, comme vous n'estes pas au pays de nouvelles, de vous en envoyer quelques-unes. Ce sont celles, Monsieur, que vous trouverez imprimées dans ce Livre : Et quoy que ce ne soit pas d'aujourd'huy que vous sçachiez tout ce qui se. passe à Paris parmy le peuple, pfiit-estre serez-vous bien .Vise que cette peinture burlesque vous en fasse ressouvenir, et qu'elle serve à dissiper en quelque sorte vostre profonde mélancolie. Je sçaj bien qu'il me seroit plus séant de vous offrir quelque Discours de Morale, comme une chose plus conforme à vostre humeur, et plus prompte dans la conjoncture de vostre deuil domestique; mais que vous pourrois-je escrire, Monsieur, que vous ne sçachiez mieux que moy? et quelle consolation vous pourrois-je donner, qui valust ce que vous estes capable de donner vous-mesme? Il vaut donc mieux, puisque cette folàtrerie poétique s'esl échappée ces jours-cy de ma plume, que je prenne la liberté de vous la dédier. Elle ne peut arriver dans un temps plus favorable, puisque tous vos amis n'aspirent qu'à vous divertir, et qu'il y avoit longtemps d'ailleurs que je ra'estois proposé de vous consacrer quelques-unes de nies veilles, comme à celuy de vostre illustre famille que j'honore plus parfaitement, à qui j'ay le plus d'obligation, et de qui je suis avec toute sorte de respect.
Monsieur,
l.o très-humble et très-obéissant
serviteur.
HOU l'TET.