A MONSIEUR DE LINGENDES
Monsieur,
Je ne sçaurois souffrir que vous soyez si longtemps ensevely dans la tristesse; e'esl assez soupirer la perte
que vous avez faite, dans vostre famille, de deux excellens liomnies. La Republique des belles Lettres, qui connoissoit leur mérite et leur vertu, verse assez de larmes sur leurs cendres illustres, sans que vous soyez encore obligé de laisser couler les vostres. Il esl temps, en un mot. Monsieur, de donner quelque trêve à cette douleur aussi juste qu'elle est naturelle ; et cette illustre moitié de vous-mesme 2 auroit à se plaindre si vous ne borniez vostre déplaisir, puisqu'il interesseroit vostre santé qui luy doit estre si précieuse. Pour moy. qui prends tant de part à toul ce
1 La première édition du Tracas de Paris ayant paru en 1G65, on doit croire que cette dédicace, où il est fait mention de la mort récente de deux excellents hommes de la famille de Lingendes, connus dans la république des lettri adressée à Nicolas de Lingendes, maître d'hôtel ordinaire du
leur de l'Etat des officiers et commensaux du roi, de la reine et des princes (Paris, Guignard, 1651, in-12), frère de Jean de Lingendes, évêque de Sarlat, puis de Màcon, célèbre prédicateur qui mourut au commencement de l'année 1665, et parent du P. de Lingendes, savant jésuite, mort en 1660 N las de Lingendes leur survécut jusqu'en 1097.
2 La femme de Nicolas de Lingendes.