‹ Paris, Rome, Jérusalem; ou, La question religieuse au 19e siècleChapitre 2 sur 80 · II AVIS · texte numérisé non relu

II AVIS

qui accroît en lui le sentiment de dignité dont il convient si fort de ne jamais nous départir, d'abord envers nous-meme, ensuite à l'égard des autres.

Dans cet intervalle de dix années, compris du mois de juillet 18Zi8 en ce mois d'août 1858, les affaires publiques ont changé bien dos fois d'aspect, sans changer pourtant de nature.

Une question dont je n'osais parler qu'avec une extrême réserve, parce qu'elle était encore renfermée dans le champ des probabilités, est devenue inopinément la préoccupation de l'Europe entière. Elle a donné lieu en Orient, sur les bords de la mer Noire, à des exploits guerriers et dans Paris à des traités mémorables. De nouveaux événements, de nouveaux signes se sont déjà produits ou sont en voie de se produire d'un bout de l'Asie à l'autre.

Dans ce même intervalle de dix années, des notabilités vivantes, auxquelles je faisais allusion, ont payé leur tribut à la tombe.

Toutefois, dans le cours de ma composition et après y avoir mis fin, lorsque je suis revenu sur les parties qui n'étaient qu'ébauchées ou faiblement avancées, j'ai pris soin de conserver à mes lettres les dates jointes à mon premier jet. Je me suis fait surtout une loi de n'effacer en rien l'empreinte des émotions, des agitations publiques sous l'empire desquelles je les nvnis conçues et coordonnées.

AVIS. ^ m

Ces émotions qui, heureusement, ont disparu, mais dont la source est loin d'être tarie, appartiennent sans retour à l'histoire morale de notre siècle et de nos générations.

J'en donne avis au lecteur afin que, le cas échéant, il se les remette en mémoire et qu'il rectifie lui-même, dans mon exposé, quelques expressions ou quelques conséquences qui, aujourd'hui et au milieu d'une atmosphère moins orageuse, lui sembleraient emporter une signification trop exagérée.

iosKPfi SALVADOR.

Paris, ce 25 août 185R.

P. S. Tandis que notre manuscrit subissait avec lenteur l'état d'épreuves et passait sous la presse, l'Europe a été agitée par un nouveau conflit dont il était pour nous de la plus haute importance d'observer la marche et de connaître les résultats.

Dès le début de la présente année 1859, deux grandes et anciennes puissances , la paix et la guerre , se sont reprises corps à corps. Comme en l'année 1853, dont j'ai eu à peindre les événements, l'anxiété a été profonde. Semblables à deux athlètes qui tiennent en suspens des milliers de spectateurs, tantôt l'avantage semblait appartenir à l'une de ces puissances, la paix, tantôt à l'autre, la guerre. Enfin, après do vains efforts de médiation, cette dernière est restée maîtresse du terrrain

Un nouvel éclat a rejailli sur la force et la générosité

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