‹ Paris, Rome, Jérusalem ou la question religieuse au XIXe siècleChapitre 46 sur 107 · LETTRE III · texte numérisé non relu

LETTRE III

Le Témoin, ou raulorisation réservée par la Providence en faveur

de l'œuvre nouvelle.

Septembre 1851.

Il est un point sur lequel l'accord n'a cessé d'être complet entre l'Église du christianisme ou messianisme actuel et les annonciateurs d'un messianisme ou christianisme d'avenir, entre l'école religieuse du Christ obtenu et l'école religieuse du Christ attendu. Aujourd'hui, un grand intérêt résulte de cet accord ; on en voit jaillir en faveur du génie de l'ère nouvelle l'élément traditionnel, l'autorisation légitime et nécessaire pour renouveler le spirituel, pour rebâtir une cité, une Jérusalena de troisième formation, qui, sans détruire ni la Jérusalem des anciens jours, ni la Jérusalem des temps moyens, ou Rome, s'élève cependant au-dessus de l'une et de l'autre, et les accomplisse.

L'Église chrétienne et l'Église catholique ont pro^ clamé de tout temps que les débris de la cité juive, que la représentation de son ancienne assemblée n'a-r vait conservé une ombre de vie que pour leur servir de « témoin. » Rien n'est plus exact, rien n'est plus juste, plus sincère. L'Église juive, à son tour, est toujours convenue qu'elle emportait en elle-même un sens réservé, un intérêt universel de témoignage. Mais combien les temps sont changés, et que les principes et les usages actuels se distinguent d'autrefois !

Jusqu'aux approches de la Révolution française, jusqu'à l'avènement du monde nouveau, la situation faite à tout témoin, politique ou religieux, de quelque importance, est assez connue, On le mejiaçait (Jq la torture, on le plaçait en face du chevalet. Aujourd'hui le témoin est libre ; il jouit de toutes les sûretés désirables.

Ainsi on lui dit : « Avance et déclare-nous quel est ton nom? — Mon nom? Je m'appelle Juif, mot qui signifie louangeur, célébreur invariable de l'Être, de l'Unique, de l'Éternel.

— Ton âge? — Mon âge? Deux mille ans de plus que Jésus-Christ. — Ta profession ? — Je laisse à l'écart les tristes professions qui m'gLvaient été faites et dont je ne manifeste encore que trop l'empreinte et les coneéquences. Mais ma destination à moi, ma profession traditionnelle, est celle-ci : Je garantis la sainte im^ prescriptibilité du nom de la Loi, et je suis Je conservateur vivant de la noblesse antique et de la légitimité attachée par droit divin au nom, au propre nom de Peuple.

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