‹ Paris - Salon 1883Chapitre 20 sur 51 · SAINTIN · texte numérisé non relu

SAINTIN

tion dans son atelier. Les heureux liasards de sa yie d'artiste ont fait défiler devant M. Saintin toute une légion d'appétissantes créatures, vendeuses ou croqueuses de pommes, très aimables, très charmantes et très parisiennes^ appartenant à des catégories abordables, n'ayant en elles rien qui fût de nature à décourag-er une bonne chentelle bourgeoise : fleuristes, modistes, figurantes, choristes, artistes de petits théâtres, mais ayant toutes le diable au corps, et cette coquinerie irrésistible que beaucoup de gens mettent, pour leur usage, bien au-dessus de la beauté classique des statues grecques. C'est ce que, dans un certain monde , on appelle les « petites femmes » et M. Saintin les a plus d'une fois prises pour sujet de ces tableaux les mieux réussis.

Sa marchande de pommes est une de celles-là. Avec son bonnet, prêt à s'envoler par-dessus les moulins, son tablier relevé sans apprêt, sa robe aux manches courtes, et son fichu qui laisse voir une poitrine naissante, elle a l'air d'une héroïne de Greuze — une sœur ahiée et fûtée de cette jolie paysanne, qui pour être allée trop souvent à la fontaine, en revint un jour, avec une cruche cassée.

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