LE RAPPEL DES AMOUREUX
oiLLEMOT a retrouvé le pinceau des peintres galants du xvmc siècle.
Il est le petit-fils de Watteau, le ne-
veu de Boucher et le cousin de Van Loo. Comme tous ces maîtres, cliers à une époque qui ne semblait vivre que pour le plaisir, il marie agréablement aux réalités de la vie moderne les plus aimables souvenirs de la mythologie antique. Il se sent plus attiré par les flèches d'Éros que par les foudres de Jupiter, et il préfère les colombes, ou même les simples moineaux, de la blonde Vénus au paon constellé de saphirs, de topazes et de rubis de la fière Junon, reine des dieux. Il aime
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mieux les Grâces que les Muses, et ce sont les Jeux, les Ris et les Amours qui composent son cortège ordinaire. Il faitlutiner les marquises par de petits Cupidons, habillés de leurs ailes et de leur carquois, à la dernière mode de l'Olympe. Vous lui feriez de la peine en le contraignant à sortir de ce monde enchanté, pomponné et enrubanné, qui lui a déjà valu tant de succès.
Le Rajipci des anioareur, que reproduit aujourd'hui notre Paris-Salon, est tout à fait dans la manière du peintre. Nous y retrouvons sa composition facile et abondante, dans laquelle de nombreux personnages se livrent à leurs joyeux ébats, avec l'aisance et la liberté d'allure de gens qui se trouvent tout à fait chez eux. Il est sans doute l'heure du couvre-feu, car l'Amour bat le rappel sur un tambour qu'aucun ministre ne se permettra de supprimer. Tous les invités de la fètc joyeuse s'en vont par couples, cherchant la solitude et la paix sous les ombrages de Paphos ou d'Idalie, jeunes, beaux, insouciants, oublieux des réalités souvent tristes de la vie ordinaire, heureux d'être si joliment peints par Voillemot, leur ami.
••ooi.it.*
ADRIEN MOKEAU