‹ Paris - Salon 1883Chapitre 31 sur 51 · UN HAREM A GRENADE · texte numérisé non relu

UN HAREM A GRENADE

DOUARD Hiciiter a tout ce qu'il faut pour peindre la femme d'Oi'icnt. Sou pinceau caresse volontiers des formes opulentes, et il trouve sur sa palette rayonnante les colorations vives et les g-ammes lumineuses, réalisant le difficile problème de l'harmonie dans l'éclat, rpii fait 1 3 charme des vivants tableaux: que 1.1 nature nous offre à chaque pas dans les merveilleux pays où le soleil se lève.

Elle est belle, la femme d'Orient ; belle comme le rêve d'un poète. Quelles flammes humides dans son grand œil noir mélancolique, brillant et doux comme celui des gazelles. Sa veste, aux larges

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manches relevées, brochée de flem-s d'argent, s'ouvre au corsage, et laisse voir une chemise de gaze, étincelante et insaisissable — un rayon et un souffle tissés ensemble. Le pantalon flottant descend jusqu'à ses pieds, dont la pointe se cache dans des pantoufles semées de perles ; des anneaux d'argent sonnent à ses chevilles nues ; son bras, sculpté dans une chair froide et ferme comme le marbre, livre un poignet mince aux morsures sans danger d'un serpent d'émeraudes et de saphirs ; ses doigts sont chargés de bagues rechaussées de cabochons sans prix ; de longues tresses noires, entremêlées de sequins d'or, s'échappent du tarbouch écarlate, et parfument l'air qui les caresse. On devine qu'elle n'a qu'à vouloir pour être obéie, qu'elle entraînerait l'homme — son maître, devenu sou esclave — rien qu'avec un cheveu de son cou !

M. Edouard Richter a placé cinq ou six créatures comme celles-là dans son tableau. Je vous laisse à penser s'il est assez regardé par les visiteurs du Salon !

HAOUETTE

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