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LE DROIT DE PASSAGE

EORGES Haquette, Icqucl a le bonheur d'être encore un jeune, a conquis, en quelques années, une place fort enviable dans le mond3 artistique. Il s'est voué avec beaucoup de zèle, de talent et de succès à la reproduction des scènes de la vie populaire sur les rivages de l'Ouest. Personne ne connaît mieux que lui nos pêcheurs du littoral de la Manche, depuis l'embouchure de la Seine jusqu'à celle de la Somme. Il est le peintre ordinaire des clames de Dieppe et du Pollet, des pêcheurs de Veules et des Petites-Dalles, et des jolies crevettières de Fécamp et d'Étretat.

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Toutes les célébrités de ces petits ports ont posé devant son chevalet : elles doivent aujourd'hui leur illustration à ses pinceaux. Sa poétique, à lui, consiste à rendre dans leur énergie et dans leur force les types qu'on lui présente. Il ne fait pas gTâce d'une ride à un centenaire, ni d'un câlins à un travailleur de la mer.

Aujourd'hui, par exception, il sacrifie à la jeunesse et à l'enfance. Il y a un charme étrange, un peu sauvage, mais réel, dans la petite toile que reproduit le Paris-Salon sous ce titre :

Le Droit de passage.

Une jeune femme, à la physionomie un peu rude, mais très franche et très honnête, s'en va à la mer, portant, par-dessus ses filets, son bambin de fils sur ses épaules.

Elle passe ii portée d'une fillette, perchée sur une roche drapée de fucus et de varechs, la hotte au dos, le crochet à la main, sa crinière noire éparse sur sa nuque ; elle prend un baiser à l'enfant.

C'est le Droit de passar/e, et c'est un ta])leau très aimable, très pittoresque et très vivant.

VAN BEEllS

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