LA CHANSON DU MENDIANT
lonie étrang-ère, attirée à Paris par ]q ^"^^81 o^'^i^'^l renom artistique de la France, et qui g-rossit de jour en jour la population flottante de nos ateliers. Il nous en arrive comme cela des quatre points cardinaux, du Nord et du Midi, de TEst et de l'Ouest, de l'Amérique et de la Russie, de l'Espagne et de la Suède. La ville hospitalière se demande, comme la Jérusalem du poète :
« D'où lui viennent de tous eûtes Ces enfants qu'en son sein elle n*a point portés, »
mais elle les accueille et les choie comme ses propres fils. M. Linden est un jeune Belge qui a
reçu les conseils du grand Hongrois, Michel de Munkacsy, et il en est encore à la première manière de son maître, un peu sombre dans sa tonalité générale, mais d'un modelé très net et très ferme.
Son mendiant est une sorte de rapsode breton, qui va débitant ses chansons, par les closeries, comme les rapsodes grecs s'en allaient à travers les villes du Péloponèse ou de l'Ionie, chantant les plus célèbres morceaux de V Iliade ou de Y Odyssée. Le bâton de houx remplace la branche de laurier, et le vieux barde échange la robe blanche des aèdes contre une veste de bure, plus en harmonie avec les rigueurs du climat sur nos côtes de l'Ouest. Mais la donnée est la môme ; c'est le pain quotidien, gagné par une chanson; c'est la poésie sans le sou et la muse errante. Tableau pittoresque et d'une tenue sohde.
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