ALMA PARENS
OUGUEREAU (WilLIAM) CSt IIH Moil-
sijiir. Il a pignon sur rue ; un jardin gi'ancl comme un parc, et mille mètres carrés de toile peinte, admirablement placés dans tous les musées et toutes les galeries des deux mondes. Esprit fécond et main infatigable, lui-même peut-être aurait quelque peine à faire le compte de ce qu'il a produit depuis vingt-cinq ans. Mais eût-il produit dix fois plus encore, il n'eût pu satisfaire à l'avidité de tous ceux qui se disputent les moindres ])ages signées de son nom. Je le comprends, car il possède à un très haut degré le don de plaire à tout le monde, et ses
tableaux ont toujours la gTâce, plus bollo que la beauté, si le poète a dit vrai.
M. Bouguereau a le pinceau sympathique; je connais peu d'artistes qui soient plus heureux que lui dans le choix de leurs sujets. Son éclectisme intelligent prend son bien partout oii ii le trouve ; mais il ne le cherche jamais qu'aux Ijons endroits : Ses motifs préférés ce sont les vierges avec l'enfant Jésus sur leurs genoux, et des cortèges d'anges adorateurs, les entourant de leurs saintes phalanges. Quand il ({uitte l'Évangile pour la mythologie et le ciel pour l'Olympe, il se souvient encore de tous les sujets chrétiens qu'il a traités, et ses Vénus sont pudiques autant qu'amoureuses. On n'a rien à changer à ses Amours pour en faire des chérubins.
VAlma parens que reproduit notre Paris - Salon est un heureux spécimen de sa manière et un type exquis d'adorable maternité. La belle créature, parce encore du charme de l'heureuse jeunesse, montre à ses enfants groupés autour d'elle, en des poses d'une morbidesse exquise sa poitrine gonHée, mais aux formes toujours pures.