‹ Paris - Salon 1883Chapitre 43 sur 51 · LE PONT D'AMOUR · texte numérisé non relu

LE PONT D'AMOUR

iMEz-vous les jeiDc innocents? Vous n'êtes pas force de dire oui ! Je counais, poui* mon compte, d'honnêtes g'ens qui les détestent. Ces pénitences amoureuses, qui consistent à vous faire embrasser une dame ou une demoiselle devant trente personnes, exaspèrontles êtres nerveux et mettent mal à l'aise les natures délicates. Je connais des maris — un peu sur l'œil — comme on dit dans le langage familier, qui jettent à leurs malheureuses femmes des regards courroucés, — d'autres qui les emmènent sans vergogne, — des qu'ils entendent annoncer l'IIorloiie, le Portier du couvent, la Quête

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OU quelque drôlerie de môme farine, dont lo résultat est de livrer — pour quelque minutes — une moitié trop tendre aux entreprises inconvenantes de quelques g-odelureaux coureurs de ruelles.

Le Pont d'amoar est un diverlissement du même g-enre, et non moins stupide.

Le crétin en habit noir condamné, pour délivrer son gag-e, à faire le Pont d'amour — un pont en dos d'àne — se met à genoux — une demoiselle de la société vient s'asseoir sur ses reins, et un monsieur — également de la société — la cajole pendant une minute ou deux, au milieu des rires de la compagnie.

M. Bruxneri a fait de cette sottise un joli tableau, ce qui prouve qu'il n'est pas un sot. Ses personnages portent des costumes galants et magnifiques, et il leur donne pour cadre le salon grandiose d'un palais princier. L'accessoire fait oublier le principal.

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