L'INSOLATION
ous sommes au pays de la soif. Le soleil tombe d'aplomb sur la terre embi'asée; son rayou est mortel commj la tièclie lancée d'une main sûre. Malheur à qui brave les ardeurs du Midi !
Quel est cet imprudent chevalier qui s'est ainsi hasarde dans la campagne torride? Le heaume, i'écu, la lance, la cuirasse, le glaive à forte et courte lame, tout indique un guerrier franc, croise à la suite de Godefroy, de Louis IX, ou de Richard Cœur-de-Lion.
C'étaient les meilleurs et les plus braves parmi c/i î vili ers de l'Occident, qui abandonnaient
<')2 13 A uni AS
aiusi leurs manoirs, leurs terres, leurs femmes et leurs enfants, pour arracher aux infidèles le tombeau du Christ. Ce qu'ils accomplirent de prouesses, les poèmes, les romans, les histoires, les chi'oniques du moyen âge, dont toutes les pages en sont pleines, n'ont pas suffi à le raconter. Combien sont restés là-bas? Combien dont les ossements ont blanchi dans le sable d'or du désert? C'est ce que l'on ne saura jamais !
Beaucoup sont tombés sous le fer des infidèles; un plus grand nombre peut-être sous les rigueurs du climat.
C'est un de ceux-là que nous montre M. Bau- RiAs, haletant, épuisé, mourant sous un ciel de feu, si la Pitié, cette fille de Dieu, incarnée sous les traits d'une femme, ne lui eût apporté la vie avec une gouttjï d'eau versée sur ses lèvres brûlantes! C'est une musulmane; j'en ai peur! Mais la charité n'a pas de patrie !
^Sp '^ ^^"^ '~^ ^^^ ''*'' "^-^"^^v^ '^t~' 'i^ '' ^"^ ^^^ ^^~' f"^""
BRUNERI