LE DERNIER MÉROVINGIEN
ES Mérovingiens sont à la mode aujourd'hui : Les belles pag-es gTandioses et majestueuses de l'Histoire (le lu Ciu'disalion, de Guizot ; les Récits d'Aug-ustin Thierry, d'une couleur locale si saisissante et d'une précision si pittoresque, ont attiré l'attention des peintres sur cette époque étrang-e, à demi barbare, mais où l'histoire prend à chaque page l'allure d'un drame shakespearien, où la plume semble provoquer le pinceau, où tous les personnages ont l'air de héros légendaires, prêts à fournir d'incomparables motifs aux poètes, aux romanciers ou aux peintres;
7(5 l.UMINAIS
Albert Maignan, Jean -Paul Laiirens en savent quelque chose : Vital-Evariste Luminais ne l'ignore pas non plus.
Longtemps avant les deux autres, Luminais, esprit chercheur, talent robuste et sain, s'est voué îi l'étude très approfondie, très minutieuse et singulièrement obstinée de cette époque à la fois féconde et troublée d'oii le monde moderne devait naître un jour.
Oubliant le poncit académi(pie, les b.is-reliefs de l'École et le surmoulage des statues grecques, il nous a montré, dans des œuvres animées et puissantes, les farouches envahisseurs qui, pendant trois ou quatre siècles, se sont précipités sur l'Europe comme sur une i»r()ie, pour la dévorer. Il a signé des pages qui resteront.
Le tableau qu'il expose aujourd'hui est relativement moderne, puisqu'il s'agit du dernier des Mérovingiens, Childéric III, tonsure par ordre de Pépin, qui d'un roi veut taire un moine. La figure de Childéric est superbe, respirant la revanche. Si hrcf que soit Pépin, le monarque détrôné ne demanderait qu'à le raccourcir encore.
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