PSYCHÉ
A fable aimable de Psyclié, une des plus poétiques créations du g'énie gTec, devait séduire un esprit aussi fin,aus>i distingué, aussi chercheur que M. Jules Lefebvre. m. Jules Lefebvre adore l'antiquité, ses mythes et ses fables comme un vrai païen. Mais c'est un i)aïen d'un genre particulier. C'est un païen chaste. Parmi les déesses, il n'aime guère que celles qui auraient été d'honni^tes femmes, et l'on sait que le nombre n'en est })as grand. Diane l'a particulièrement attiré, et il nous a laissé de la pâle reine des nuits quelques portraits ado-
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rables, et qu'Eiidimyon eut à coup sûr payés aussi cher qu'un ag-ent de change ou un banquier.
Aujourd'hui, c'est Psyché qui le captive ; Psyché, c'est-à-dire l'ùme même, l'âme incarnée dans une ùme de femme, et amoureuse d'Éros, dieu de l'Amour.
Le peintre-poète a choisi le moment où la victime de Vénus arrive au bord du Styx, nue comme Eve avant la pomme, et n'ayant gardé de ses splendeurs passées que la boîte fatale, donnée par Pandore, et qui renferme tous les maux prêts à fondre sur l'humaine engeance.
Le peintre a modelé cette adorable image de la candeur, de la jeunesse et de l'innocence, dans une pâte souple et légère, esquissant ses contours plus qu'il ne les arrête, et laissant nos yeux et notre esprit incertains, et se demandant si cette idéale création appartient au rêve ou à la réalité.
Mais il serait difficile de mieux rendre la grâce juvénile et le charme féminin. Pouvons-nous demander davantaQ:e ?
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