‹ Paris - Salon 1883Chapitre 7 sur 51 · LE CHEMIN DIFFICILE · texte numérisé non relu

LE CHEMIN DIFFICILE

L serait difficile de montrer plus de brio, de verve et d'éclat que M. Du- PAix n'en déploie dans ce joli tableau, le Clcm'in difficile, que reproduit ici notre Paris-Salon.

Sont-ils assez g-ais, assez brillants, assez heureux de vivre, ces deux amoureux, si jeunes et si beaux, qui portent avec tant de désinvolture et de crânerie ce pimpant et g-alant costume Louis XIII, le plus élégant peut-être et le plus seyant que la mode, cette capricieuse déesse, ait jamais inventé pour mieux mettre en lumière et la grâce de la femme et l'élégance de l'homme.

■ C'est eu vain (|iic le livret naïf intitule ce tableau le Chemin difficile, notre couple amoureux va le trouver trop court.

Nous sommes sur le rivag'C ; la marée est basse ; mais la mer en se retirant a laissé partout d'innombrables flaques d'eau, du sein desquelles émergent de petites roches, aux flancs arrondis et glissants.

Eux, cependant, précédés par un grand lévrier, à la robe gris d'argent, qui s'avance en éclaireur, pour leur montrer les bons endroits, ils s'en vont bravement, souriants, les 3'eux dans les yeux, la main dans la main, insouciants de l'obstacle, ou plutôt ne le voyant pas — parc3 qu'ils ne voient qu'eux en ce monde, étant l'un à l'autre tout leur univers.

Il serait d'ailleurs difficile d'imiu'iner deux êtres mieux assortis: l'homme vaut la femme, et la femme est digne de l'homme. On dirait Cinq-Mars et Marie de Gonzague, ou, si vous voulez rester dans le domaine de l'imagination, quelques personnages de (',h''lir ou de VAsircc. La plume de M"e de Scudéry ne les eût pas plus amoureusement caressés que le pinceau de M. Dupain,

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LIONEL IIOYER

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