MADAME ROLAND
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vantag-e qu'ils ont de former la jeunesse — quand ils ne la déforment pas — ils nous font faire parfois de bien agréables connaissances. C'est en voyage que j'ai rencontré pour la première fois les œuvres de M. Lionel RoYER. Il avait exposé au Mans deux ou trois toiles vigoureuses, brillant début d'un jeune homme qu'un bel avenir attendait. Il y avait dans sa façon de comprendre l'histoire les indices d'un tempérament dramatique, et, dans l'exécution matérielle de l'œuvre, une réelle puissance de coloriste. Depuis lors, chaque fois qu'il a paru devant le
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public, M. Lionel Royer n'a cessé d'affirmer ses qualités maîtresses, avec une énergie croissante.
Mais jamais peut-être il ne s'est montré plus complet, plus véritablement lui-même que dans le tableau reproduit par notre Paris-Salon et qu'il intitule : Madame Roland.
Condamnée par les ig-nobles coquins que la Convention, non moins exécrable qu'eux, avait affublés du titre de juges, et qui n'étaient que les pourvoyeurs du bourreau, la fière Girondine, vêtue de blanc, comme pour une fête, — la fête de la mort — sa belle tête nue, tragique comme la Muse d'Eschyle, pâle, froide et fatale, — promène son omI de Némésis sur la foule hurlante et hideuse qui la poursuit de ses imprécations et de ses colères, et s'adressant à la statue de la stupide déesse qui préside à ces assassinats juridiques :
— 0 Liberté, dit-elle, que de crimes on commet en ton nom ! La scène est bien rendue dans sa simplicité grandiose et sa poignante horreur !
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JLMENEZ