‹ Paris-salon (volume 2)Chapitre 10 sur 33 · MATHEY · texte numérisé non relu

MATHEY

Portrait de M. Renouard

Jous reproduisons, par principe, peu de portraits dans notre collection du Paris-Salon.

Deux considérations seules peuvent nous faire oublier cette règle que nous nous sommes imposée à nous-même : le rare mérite de l'œuvre ou la haute notoriété. du modèle.

Ces deux raisons nous les trouvons réunies dans le portrait vraiment remarquable de M. Kenouard par M. Mathey.

N'eût-il été que le portrait d'un simple inconnu que nous aurions voulu lui donner une place d'honneur parmi les œuvres choisies que nous sommes heureux de présenter à nos lecteurs.

M. Kenouard, le dessinateur fécond, à la verve inta-

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rissable, qui sème à travers les mille feuilles parisiennes toutes les fantaisies de la verve inépuisable, a été saisi par M. Mathey dans le feu même de la production, c'est-àdire dans la plus intime vérité de sa nature ; légèrement penché en avant, à la façon des observateurs, la cigarette aux lèvres, son âme dans ses yeux ardents, et, d'une main hâtée, presque fébrile, crayonnant le type, saisi dès qu'il est entrevu ! M. Mathey a vu et rendu tout cela avec une habileté qui n'a d'égale que sa puissance. C'est le portrait moderne dans sa sincérité, sa franchise et sa puissance.

L'exécution est magistrale, et, tout en restant dans la note artistique, d'une vérité, d'une réalité telle que l'on arrive à un degré d'illusion et de trompe-l'œil, qu'il est, je crois, impossible de dépasser. La tête sort du cadre et s'avance vers le spectateur; on croit voir le mouvement de la main qui dessine, et les accessoires semblent accuser les reliefs mêmes de la nature.

Les amis du modèle garantissent la ressemblance.

H ne me Teste donc plus qu'à tirer mon chapeau à l'habile homme qui s'appelle M. Mathey.

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