GUILLAUME DUBUFE
La Pergola
^uillaume Dubufb a le bonheur décompter encore parmi les jeunes dans notre école contemporaine. — Mais si l'on oublie le chiffre de ses années pour songer aux chiffres de ses œuvres, on sera tenté de le regarder comme un faux jeune, et de le ranger parmi les ancêtres.
C'est qu'en effet, Guillaume Dubufe est un infatigable producteur ; il abat V ouvrage avec une énergie que rien ne lasse et que rien ne décourage. Ajoutez que son activité féconde se projette en quelque sorte dans toutes les directions, et parcour toutes les routes qui conduisent au succès. Peintre de genre, spirituel et fin, il attaque d'une brosse vaillante la grande peinture décora-
mm*>m t m\m*0>*mm
tive. Le plafond d'un palais ou d'un théâtre, les voûtes d'une cathédrale, les longues murailles d'un escalier gigantesque se couvrent comme par enchantement des merveilles écloses sous ses pinceaux inspirés.
Nature très souple, possédant les dons multiples accordés en partage à ceux-là seulement qui eurent les fées pour marraines, il eût été aussi bien architecte qu'il est peintre habile, et l'intelligente et brillante organisation de l'Exposition du. Champ de Mars, qui est en grande partie son œuvre, suffirait à nous prouver qu'il unit au talent du peintre les infinis ressources du décorateur.
Mais, comme tous les artistes de race, c'est à la femme que Guillaume DuBUFEdoit ses plus belles inspirations: ses jeunes saintes sont adorables, et les héroïnes de ses tableaux habitent nos souvenirs et les charment. — Quelle grâce exquise et quelle idéale suavité dans cette Pergola, vêtue de blanc, chaste et mystique comme la Béatrix de Dante, qui passe devant nous, portant comme une hostie sa fleur au calice d'argent.
^••^VWw v vwwvMvwwwww/iwr
ALBERT AUBLET
Les Jeunes Matelots
^ASX)es succès de M. Albert Aublet nous touchent comme quelque chose qui nous serait personnel, et nous prenons une petite part dans ses triomphes par cette excellente raison que nous avons été des premiers à les prévoir et à les prédire, et qu'il est toujours agréable d'avoir été le prophète de quelqu'un. Ou nous nous trompons fort, disions-nous, il y a de cela vingt ans, ou M. Aublet fera parler de lui, avant qu'il soit longtemps.
Tout cela à propos d'une simple boucherie du Tréport* Mais l'art est dans tout, et, au-dessus du sujet, il y a la manière de l'interpréter, où se reconnaissent le talent et la main de l'artiste. Dans cette petite toile, qui fut, je crois, achetée par Alexandre Dumas fils, nous avions remarqué
une puissance de rendu, une valeur de détails, une harmonie générale dans la tonalité qui, selon nous, plaçaient, comme coloriste, M. Aublet à la hauteur de ces maîtres charmants du temps passé qui avaient reçu de la nature amie, le don et le pouvoir de transporter les choses sur leurs toiles avec une impeccable fidélité d'interprétation.
Depuis lors, du fond de son joli hôtel du boulevard Bineau, arrangé comme un castel breton, M. Aublet n'a cessé d'envoyer à nos diverses expositions ces innombrables séries d'oeuvres charmantes, élégantes, et toujours d'une distinction rare, unissant la grâce du dessin au charme de la couleur, qui lui ont valu la popularité flattacheuse attachée aujourd'hui à son nom sympathique entre tous.
Ce sont les mêmes qualités que nos lecteurs retouveront et apprécieront dans les Jeunes Matelots que reproduit notre Paris-Salon. Rien de plus fin, de plus élégant, et <ï'une distinction à la fois plus artistique et plus mondaine que ces quatre garçonnets aux jambes nues, regardant attentivement leur flotte en miniature, pour s'assurer que leurs petits bateaux vont bien sur l'eau. Les mères regardent en souriant.
■" •!<• !ùt« ils u r K- h\r-
\ :••!(. n j-iinis p\ '\ti-v-.
L ' » h'<;H' mv 'le °os inu^i î'* -
' -.v ,!i-ï l '"'-r -"«' îu i:: ' J r r
••ci:'!' '■
• : «!<■ 'su. .'
i.îii 4»:,
- ÏM P:.^..1 " ..
. • ■ \ Jî. >. . . -.!
1' -V tl '
: *'S, et t." ..
{ IxiliTO'-
"t 'lî\ <
pi ' ' v •
.; 'ilntM.i
^ .au t' -, --luit
. ' ^ lu-' i . m , ■-' . cL
■ - i.*i- v ' t *' > ïr 'tj-
. •••■s nv.v .v, ]' 'n^thiw
PÀBIS-SÀLON 11