‹ Paris-Salon (volume 3)Chapitre 13 sur 59 · BERTIER · texte numérisé non relu

BERTIER

de famille, murmurent à demi-voix, en jetant au plafond des regards mélancoliques :

« Sonate, que me veux-tu? »

Je suis cependant revenu sur mes pas pour remplir mes devoirs de critique, et m'assurer de la façon dont on faisait la musique en famille chez M. Bertier ou du moins dans ses tableaux.

Je me hâte de dire que ces petits concerts intimes sont fort agréables. D'abord ils ont lieu dans un salon superbe, grand comme le hall d'un château anglais, décoré comme l'atelier d'un peintre de l'avenue de Villiers, rempli de toutes les élégantes superfluités qui font le charme de l'appartement moderne. Et puis, la famille est aimable : le maître du logis a grand air et fière tournure ; la mère est aussi jeune que ses filles; il y a, dans un coin, le petit dernier, qui est joli comme un amour; quant aux deux jeunes virtuoses, dont l'une chante, tandis que l'autre l'accompagne, je leur pardonnerais d'écorcher Mignon ou Francesca, en me disant que si, par malheur, elles ne sont pas très bonnes à entendre, elles sont du moins très bonnes à voir. Allons, monsieur Bertier, encore un peu de musique en famille, s. v. p. Il

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